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Prendre un cadavre en photo, est-ce un problème ?

Après la diffusion en Allemagne des photos de la dépouille de Jürgen Conings, le ministre de la Justice a exprimé sa colère, à ses yeux, c’est une atteinte à son intégrité. Il veut punir la profanation de cadavre dans le cadre de la grande réforme de notre code pénal. Il ajoute dans les éditions de Sudpresse ce matin que prendre et publier ces images est de mauvais goût, moralement inacceptable, qu’il faut songer à la famille.

Prendre un cadavre en photo, c’est un problème ? C’est la question que l’on vous posait ce matin dans "C’est vous qui le dites".

Voici quelques moments forts de l’émission…

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- © JEFF PACHOUD – AFP

"Montrer le cadavre fait partie de l’information"

Un auditeur anonyme est intervenu à ce sujet sur notre antenne :"Fin 19ᵉ aux États-Unis et en Europe, on faisait des cartes postales de certains personnages "célèbres" dans leur cercueil. Je trouve que toute personne ennemie publique appartient au peuple. Dans certains pays, on ne rend pas le corps des ennemis publics à la famille, la famille n’a rien à dire. Je collectionne les cartes de cadavres de criminels célèbres, pour moi c’est de l’histoire. Pour moi, le public a le droit de voir les photos car dans le cas de Jürgen Conings, c’était un criminel et un ennemi public. Montrer le cadavre fait partie de l’information, sinon on risque d’en faire un martyr."

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© KURT DESPLENTER – BELGA

"Respect envers la famille de la victime, que ce soit un criminel ou non"

À Dinant, Geneviève partage son avis : "Selon moi, la diffusion de ce genre de photos pose problème et devrait effectivement être punie. Peu importe la personne photographiée, imaginez que vous tombiez sur une photo du cadavre d’un de vos proches. Je trouve que c’est aussi une question de respect envers la famille de la victime, que ce soit un criminel ou non."

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© GETTY IMAGES

L’avis des débatteurs

Sergio Honorez, réalisateur et producteur indépendant nous explique son point de vue : "Le cas de Jürgen Conings est compliqué parce qu’il est devenu un personnage public. Mais une fois mort, il n’est plus public, c’est le cadavre d’une famille et c’est à cette famille de décider. Le journal allemand a décidé de publier les images et je trouve qu’il y a là-dedans quelque chose d’indécent et de morbide, en tout cas une espèce de culte ou d’inverse de culte de la personnalité, c’est un personnage négatif et on veut l’exposer. Je ne trouve pas ça très bien et ça doit être légiféré."

Enfin, Thibaut Roland, chroniqueur pour "On n’est pas des pigeons" clôture le débat : "À chaque fois que ce genre de situation arrive, il y a des décisions différentes car deux grands principes se croisent : le droit à l’information et le droit à l’image qui malgré tout, s’éteint lors du décès de la personne et est jugé non transmissible à la famille. La famille peut juste invoquer un préjudice moral."

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C’est vous qui le dites" et à revoir l’émission sur Auvio. Nous vous donnons rendez-vous du lundi au vendredi de 9h à 10h30 sur VivaCité et La Une pour trois nouveaux débats.

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