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Pierre Vercauteren, politologue : " Aller trois fois en 6 mois aux urnes risque d'être très mal perçu "

Après une semaine chaotique, le Premier ministre, Charles Michel, se retrouve ce matin à la tête d'un gouvernement minoritaire sans la N-VA. Avec un gouvernement qui ne représente plus la majorité des Belges, voulez-vous des élections anticipées dès janvier ?

Dimanche, le Roi a accepté la démission des ministres N-VA et c'est donc un gouvernent réduit à 13 membres et minoritaire qui dirige désormais le pays puisqu'il ne compte que 52 sièges sur 150 à la Chambre. Un scénario inédit depuis 1974 où le gouvernement de Léon Tindemans avait tenu deux mois. En attendant de savoir si la Chambre votera ou pas une motion de méfiance contre ce gouvernement orange-bleu, voulez-vous des élections anticipées dès janvier ?

Pour Pierre Vercauteren, politologue et professeur à l'UCL Mons, des élections anticipées sont risquées : " C’est risqué parce qu’on sort d’une élection, en octobre dernier, qui a quand même donné un certain nombre de signaux forts de la part des électeurs et on est proche d’une échéance incontournable qui est celle de mai. Autrement dit, aller trois fois en six mois aux urnes risque d’être très mal perçu, à plus forte raison que cela porterait chaque à des niveaux de pouvoirs différents et que la structure institutionnelle belge étant souvent qualifiée de mille-feuille institutionnelle est parfois difficilement lisible par les électeurs. "

Pas de retour aux urnes à tout prix

Pour le moment, les politiciens ne cherchent pas des élections anticipées. Pierre Vercauteren explique que " Il est compliqué d’obtenir de chacune des régions, de pouvoir se mettre d’accord sur l’anticipation. Le climat est davantage à vouloir calmer le jeu. On a assisté la semaine dernière à ce qu’on pourrait qualifier d’une drôle de crise à l’image de la drôle de guerre qui a précédé le deuxième conflit mondial. Il maintenant essayer de clarifier le jeu et toutes les déclarations qui ont été faites de part et d’autre – de l’opposition d’un côté et de la majorité de l’autre – n’aident pas beaucoup à l’éligibilité pour les électeurs de ce qui vient de se passer et des conséquences. "

" Le climat est à vouloir essayer d’y voir clair et de voir par des positionnements clairs sur un certain nombre de de dossiers, précise le politologue. Ce qu’il s’est produit au cours de ces dix derniers jours à focaliser l’attention sur un dossier qui est symboliquement très important, davantage en Flandre que du côté francophone. Par contre, on est un peu dans un moment où les gens voudraient voir des réponses rapides sur des enjeux socio-économiques. Et là, comme on s’est focalisé sur des enjeux comme le pacte migratoire, les gens se demandent pourquoi on se focalise sur un dossier qui, au départ, est considéré comme résolu par le premier ministre en septembre dernier. "

Les négociations s'annoncent difficiles

Si on prend les tendances qui se dégagent des scrutins provinciaux d’octobre dernier, les partis traditionnels ont enregistré un recul, on a eu deux formations qui ont progressé, la famille verte d’un côté et le PTB de l’autre côté. Pour une part croissante de l’électorat, il y a une attente de renouvellement de l’offre politique. Mais cette offre politique doit encore être formalisée et, d’une part, il pourrait y avoir une complication pour former une nouvelle majorité s’il se confirme que les électeurs ont davantage de comportements volatiles. Et, d’autre part, que les voies se répartissent sur un plus grand nombre de partis. Dans ce cas-là, trouver arithmétiquement une majorité devient quasiment impossible. Il faudra négocier à trois, à quatre. Cela promet des négociations difficiles. "

Pour finir, Pierre Vercauteren conclut : " Dans cette aventure, il y a autant de risques que d’espoir de gains. Nous sommes dans une situation à très haute imprévisibilité. "

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