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Morgane : "Il faut continuellement un éducateur devant les toilettes "

Morgane : "Il faut un éducateur devant les toilettes "
Morgane : "Il faut un éducateur devant les toilettes " - © Tous droits réservés

À l’école communale de Verlaine, les élèves doivent demander un badge pour se rendre aux toilettes durant les récréations. Faut-il contrôler l’accès aux toilettes dans les écoles ?

La Meuse revient sur la rentrée de l’école communale de Verlaine où les élèves ont pu découvrir hier une cour de récréation régulée où des zones au sol indiquent ce qui est autorisé ou non en fonction de la couleur de l’espace. L’autre nouveauté pour les élèves, c’est qu’ils ne peuvent plus se rendre librement aux toilettes. Ils doivent obligatoirement demander un badge qu’ils portent alors autour du cou et qu’ils doivent ramener après leur passage au petit coin. L’école souhaite ainsi réguler le flux et éviter que des dizaines d’enfants se rendent aux toilettes au même moment.

Faut-il contrôler l’accès aux toilettes dans les écoles ? C’est la question que l’on vous posait ce matin dans " C’est vous qui le dites ".

À Amay, Morgane reconnaît qu’il faut contrôler l’accès aux toilettes " mais pas avec un système de badge. Les enfants sont méchants entre eux, donc ils vont se moquer du garçon ou de la fille qui porte le badge. S’il y en a un qui ne va pas aux toilettes parce qu’un enfant qui est pudique n’ira jamais aux toilettes, il ne boira pas de la journée et il se retiendra donc c’est mauvais pour sa santé. Je propose de mettre quelqu’un continuellement tout près des toilettes qui surveillerait un peu les enfants. C’est très important de surveiller ce qu’il se passe parce qu’à l’heure actuelle nous ne savons pas ce que les enfants ont dans la tête et surtout dans leur poche, même en primaire ! Je connais très bien les enfants, je vois très bien ce qu’il se passe dans les toilettes : on se met à trois ou quatre, on attrape l’enfant et on lui casse la figure. C’est du vécu. "

Pour Nicolas de Oupeye ce n’est pas non plus une bonne idée parce que le délai risque d’être trop juste si on est pressé : " J’ai eu un gros problème en 3e primaire. En début d’après-midi, j’avais besoin d’aller aux toilettes et le professeur a refusé que j’y aille pendant les cours. J’ai dû attendre que le professeur du cours suivant m’autorise à y aller. Arrivé à la moitié du chemin, c’était fait ! J’ai attendu tant que j’ai pu mais c’était trop tard. J’ai dû rester jusqu’à la fin des cours. "

Propreté, respect et régulation

Ceux qui valident le principe des badges pointent l’état lamentable des toilettes quand il n’y a pas de surveillants.

Jean-Paul de Liège était directeur d’école pendant 28 ans jusqu’à hier et il a instauré ce système de badge dans son établissement : " Des situations, il en a connues. Un chef d’école doit être le protecteur de la communauté scolaire contre des agressions, du racket, des règlements de compte… Toute une série de choses qui s’opèrent dans des endroits non surveillés. Les toilettes sont un endroit privilégié, déjà en maternelle. Les parents prennent ça comme une interdiction d’aller aux toilettes au départ. Ce n’est pas ça du tout ! C’est une régulation. On n’interdit jamais un enfant d’aller aux toilettes mais il y a des règles à respecter. Quand elles ne sont pas respectées, il y a un effet de groupe qui s’opère : on vous démonte les WC, on vous démonte les chasses, on monte sur les planches, on ouvre le robinet et on bouche les évacuations. On se retrouve avec des dégâts en permanence ! Donner un badge, ça veut dire qu’on évite qu’il y ait 25 enfants dans les WC et je peux vous dire qu’on n’a jamais été à court de badges. On ne se retrouve jamais avec plus de 5 badges pour les garçons et 5 badges pour les filles. En instaurant ce système, on n’a plus de dégâts ! En cas d’urgence, on en tient compte. On n’a jamais eu d’accident. Il y a souvent des enfants qui se baladent dans les couloirs. Là, si un enseignant voit un élève avec un badge autour du cou, il sait qu'il va aux toilettes et il ne sera absolument pas sanctionné. C’est impensable de mettre quelqu’un en permanence devant les toilettes, on n’a pas les moyens. Tous les élèves sont concernés et sont mis sur un pied d’égalité et c’est tout à fait naturel d’aller aux toilettes. "

N’hésitez pas à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C’est vous qui le dites".

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