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Michelle : " Je suis juive, c'est de l'antisémitisme… C'est pour ça que je quitte la Belgique "

Michelle : " Je suis juive et ça me blesse...C'est pour ça que je quitte la Belgique "
Michelle : " Je suis juive et ça me blesse...C'est pour ça que je quitte la Belgique " - © Tous droits réservés

En langue des signes, le mot " juif " est traduit par un nez crochu. L’Association juive européenne qualifie ce signe de raciste et dégradant. Cette référence vous choque ?

Dans un dictionnaire mis en ligne sur un serveur de l’Université de Gand, des vidéos montrent comment traduire différents mots en signes. Dans les éditions de Sudpresse ce matin, on peut lire que pour parler d’un Belge, la personne qui signe devra faire semblant de boire une bière, pour un Allemand, il faut représenter le casque pointu porté par les soldats durant la Première Guerre mondiale et pour les juifs, c’est le nez crochu qui a été choisi. C’est raciste et dégradant selon l’Association juive européenne. L’ambassade israélienne en Belgique a également dénoncé la vidéo et demandé son retrait.

Cette référence vous choque ? C’est la question que l’on vous posait ce matin dans " C’est vous qui le dites ".

Michelle d’Anvers, ça la dérange très fort : " C’est très cliché et je trouve ça terriblement réducteur. Ce n’est pas du second degré ! Je suis juive et je n’ai vraiment pas le nez crochu, ça me blesse très profondément et c’est pour ça que je quitte la Belgique comme beaucoup de juifs le font. Beaucoup de juifs en Europe déménagent et partent en Israël. C’est de l’antisémitisme pur et dur ! "

" C’est leur manière de dialoguer, il faut le respecter "

En Flandre, Chantal du Coq-sur-Mer ne voit pas vraiment ce qui choque : " La langue des signes existe depuis bien longtemps. Dans la physiologie des juifs, en général c’est un fait qu’il a légèrement le nez crochu. Regardez sur internet. On parlait aussi de leurs fameuses papillotes, c’est un fait que les juifs, dès qu’il y a quelque chose contre eux, portent plainte. Il ne faut pas se sentir blessé toujours et pour n’importe quoi. Il faut prendre ça au deuxième degré. Ça fait partie du patrimoine du langage des signes. On peut toujours modifier mais ce n’est pas nécessaire. Il ne faut pas toujours se plaindre et dénigrer des mots bien spécifiques. Mais c’est vrai que pour calmer les choses, on peut changer. "

Depuis Bastogne, Paul utilise souvent la langue des signes et estime qu’il n’y a pas de problème avec cette référence :J’ai travaillé avec deux malentendants. Quand ils veulent parler de votre prénom, au lieu d’épeler Paul, ils font un signe sur votre physique. C’est une manière à eux de s’exprimer plus facilement en parlant d’une personne. Une personne qui a un ventre important, ils font un signe d’un ventre important pour signaler cette personne-là comme ça, ils arrivent à comprendre directement de qui on parle. J’ai un handicap, je boite et j’ai un bras plus court. Ils font un signe sur mon physique et ça ne me dérange. Est-ce que ceux qui se plaignent savent exactement ce qu’est le langage des signes ? ! Évidemment, on peut toujours représenter autrement. Si par exemple, j’étais choqué, ils changeraient peut-être de signe. C’est un langage. Je ne vois pas pourquoi il faudrait changer, c’est leur manière de dialoguer, il faut le respecter. Est-ce qu’on va changer tous les mots en anglais ou en espagnol s’il y a un mot qui nous dérange ? ! Non ! "

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C’est vous qui le dites".

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