C'est vous qui le dites

Du lundi au vendredi de 09:00 à 10:30 sur Vivacité

Plus d'infos

Michèle : " Les enseignants sont formés pour faire rater les élèves "

Michèle : " Les enseignants sont formés pour faire rater les élèves "
Michèle : " Les enseignants sont formés pour faire rater les élèves " - © Tous droits réservés

Chaque année, de plus en plus de recours sont introduits après l’annonce des résultats scolaires. Vous ne faites plus confiance aux enseignants ?

Le nombre de recours introduits ne cesse de grimper d’année en année selon ce que l’on peut lire ce matin dans La DH. Après l’annonce des résultats et de la décision du conseil de classe, plus de 1 500 dossiers ont été entrés l’an dernier, c’est 7% de plus qu’en fin d’année scolaire précédente. À l’issue de la procédure d’analyse, seuls 172 recours ont permis de changer la décision prise par rapport à un élève. Pour introduire tant de recours, vous ne faites plus confiance aux enseignants ?

Vous ne faites plus confiance aux enseignants ? C’est la question que l’on vous posait ce matin dans " C’est vous qui le dites ".

Michèle de Braine-l’Alleud : " L’enseignement est tel qu’il était il y a un siècle. Il n’y a pas eu de réformes. La Finlande est un exemple où il n’y a pas besoin de recours, où les enfants ne doublent pas, où les enfants travaillent avec joie. Chez nous, dans l’Europe entière, c’est une catastrophe. Alors est-ce que ce sont les enseignants qui sont en tort ? Sans doute que non puisqu’ils sont formés pour que les enfants ratent ! L’enseignement est fait pour que les enfants ratent. Les enfants qui réussissent sont des enfants qui sont en général terriblement bien entourés par des parents qui ont la chance de s’occuper d’eux. Mais, dans l’ensemble, les enfants n’ont pas un enseignement qui corresponde à la société d’aujourd’hui ! Un enfant qui rate est un enfant qui n’a pas étudié, ça dit quoi de la valeur de l’échec ? ! C’est ridicule de parler comme ça ! Les enfants sont malheureux à l’école parce que l’enseignement est obsolète. Tout est mêlé, c’est un cercle vicieux. "

L’échec scolaire est-il lié à la paresse ?

À Uccle, Nadine est une ancienne enseignante et elle s’occupe d’un enfant migrant qui est en rhétorique : " Il a deux examens de passage et j’admets qu’il puisse avoir des difficultés. Mais ce que je conteste, c’est qu’un professeur d’histoire a été absent pendant 3 mois et on n’en a pas tenu compte vu que, dans cette classe-là, sur 25 élèves, il y a 9 échecs ! Si dans ces neuf élèves, il y a encore un grand nombre d’échec, je ferai part des difficultés qu’il y a dans cette école par un recours. Je ne pense pas qu’un élève rate parce qu’il a mal étudié, je considérerai qu’on n’a pas donné aux enfants les chances de réussir. Il s’agit d’un enfant migrant qui est arrivé depuis 2 ans en Belgique et qui a encore des problèmes au niveau de la langue française mais il est très très courageux et il a réussi tout le reste, y compris le français ! On ne peut pas dire que ce soit un enfant paresseux. "

Du côté d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, Cyrille pointe une démarche fastidieuse pour introduire un recours : " Les parents n’exagèrent pas. Il y a des recours effectivement qui sont justifiés et d’autres qui ne le sont pas. 172 recours ont abouti à un changement d’avis. J’ai introduit un recours pour mon dernier enfant qui a 17 ans maintenant, quand il était en troisième secondaire (il avait 15 ans). Il s’est avéré que le recours a parfaitement fonctionné. Nous sommes allés en recours interne qui n’a évidemment pas fonctionné, les professeurs étaient contre lui. Au premier recours, on m’a répondu exactement la même chose qu’au conseil de classe donc je me suis tournée vers le recours externe où là, nous en tant que parents, on passe une nuit bien blanche à rechercher des cas d’exemples parce qu’il faut, bien évidemment des articles, des comparaisons pour un recours. C’est un parcours du combattant pour les parents. Donc des parents qui font un recours externe ne le font pas par joie ou par bonheur. L’année dernière, mon fils a doublé et je n’ai pas fait de recours parce que quand on a une note de 6/20 toute l’année, je ne vois pas où est l’intérêt de faire un recours. Mais dans le cas de mon dernier fils, le recours était nécessaire et il a abouti. Par contre, il est passé en quatrième avec des restrictions qui ne sont pas toujours correctes pour le sport et les mathématiques. "

N’hésitez pas à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C’est vous qui le dites".

Newsletter Vivacité

Recevez chaque vendredi matin les événements, concours et l’actu Vivacité.

OK