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Michaël Simon : " Quand les parents utilisent la fessée, c'est souvent en désespoir de cause !"

Si vous donnez une fessée à un enfant, il risque de devenir délinquant, c’est le résultat d’une étude menée dans 88 pays. La fessée mène à la criminalité ?

La revue médicale BMJ open a mené une étude sur plus de 400 000 adolescents dans 88 pays à travers le monde et arrive au constat que dans les pays où la législation interdit les fessées, il y a jusqu’à 42% des délinquances en moins. C’est la banalisation d’un acte comme la fessée qui pousserait ensuite les adolescents à tomber dans la petite délinquance ou la toxicomanie. Est-ce que c’est la fessée qui mène à la criminalité ?

Michaël Simon, pédopsychiatre au CHU de Liège : " Cette étude ne m'étonne pas mais il faut faire attention aux conclusions qu'on donne à celle-ci. Ce sont des études que l'on appelle de corrélation c'est-à-dire qu'on va analyser dans les différents pays les niveaux de délinquance et on va regarder dans ces pays si la fessée est interdite ou non. Nous voyons qu'il y a un lien entre les deux mais ce n'est pas forcément un lien de cause à effet ". Pour Michaël Simon, cela va bien au-delà : " Je pense que c'est plus globale que la fessée uniquement. Je pense que, dire aux personnes que leurs enfants deviendront des délinquants si ils donnent une fessée c'est peut-être un raccourci. Les pays qui interdisent la fessée ce sont des pays pour lesquels il y a toute une réflexion autour de la violence "ordinaire" dans les foyers où, il y a peut-être des niveaux d'éducations différents et, à ce moment-là, on regarde le niveau global de ces sociétés en question. Maintenant cela peut sembler logique que dans les sociétés où il y a certaines violences, qu'il y ait automatiquement plus de délinquance ".

"Par définition, c'est de la violence"

Pour Michaël Simon, si des parents donnent la fessée, c'est parce qu'ils sont à bout : " C'est compliqué parce que je pense souvent que, quand on en vient à donner une fessée, c'est parce qu'on est dépassé par le comportement de l'enfant. Or, l'idée c'est de pouvoir trouver comment ne pas l'être justement, quels sont les autres moyens que nous pouvons utiliser ? Souvent, quand les parents l'utilise c'est vraiment en désespoir de cause et c'est presque une défaite pour eux. Par définition, c'est de la violence. Maintenant, je pense qu'il y a différents niveaux et c'est quelque chose qui doit être nuancé. Il y a des situations inacceptables où on a des violences vraiment graves sur les enfants. Il y a d'autres situations aussi où des parents avouent qu'ils mettent une claque à leurs enfants mais, est-ce que nous devons mettre ça sur le même pied d'égalité ? Ce genre de débat est compliqué car on peut tomber dans un certain clivage et le risque, c'est d'envoyer aux parents le message suivant : vous êtes des mauvais parents parce que vous avez giflé vos enfants ".

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