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Marie-Jeanne Petiniot, psychopédagogue : "Le CEB mène des élèves au burn-out voire à des envies suicidaires!"

Marie-Jeanne Petiniot, psychopédagogue : "Le stress du CEB mène certains élèves au burn-out voire au suicide!"
Marie-Jeanne Petiniot, psychopédagogue : "Le stress du CEB mène certains élèves au burn-out voire au suicide!" - © Tous droits réservés

Le directeur d’une école primaire de Châtelet estime que l’épreuve du CEB est trop stressante pour des élèves à tel point que certains n’arrivent plus à manger. Le CEB, c’est un moment trop difficile pour les enfants ?

Aujourd’hui encore, les élèves de 6è primaire vont devoir répondre aux questions du CEB qui a débuté ce lundi. Ce matin dans La DH Charleroi, le directeur d’une école primaire de Châtelet parle du stress vécu par plusieurs élèves en raison de l’épreuve en elle-même et des semaines de préparation qui la précèdent mais aussi à cause de la pression familiale qui oblige à la réussite. Selon ce directeur - dont l’avis est partagé par une psychopédagogue - l’épreuve du CEB ne correspond en rien au monde actuel et n’apprend rien aux enfants.

Le CEB, c’est un moment trop difficile pour les enfants ? C'est la question que l'on vous posait ce matin dans "C'est vous qui le dites".

Marie-Jeanne Petiniot, psychopédagogue et fondatrice de l’Espace Pygmalion, est intervenue sur notre antenne en tant qu'expert à ce sujet. Selon elle, certains enfants sont "des enfants très stressés, ils ont une frousse bleue de rater leur CEB, ils somatisent, ils ne dorment plus. J'ai un enfant qui a failli tomber en syncope avant d'entrer dans la salle d'évaluation et cela arrive à partir d'une période assez précoce : hier, en consultation, j'ai eu un enfant de cinquième primaire qui stresse déjà parce qu'il sait qu'il va rentrer en sixième primaire et donc il sait qu'il va y être confronté. Je pense qu'on a énormément gonflé l'importance de cette épreuve donc je pense que pour eux, c'est l'examen qu'il faut absolument réussir, dans un lieu qu'ils ne connaissent pas, avec des enseignants qu'ils ne connaissent pas et je pense que le ministère a mis tellement de pression sur cet examen que les enseignants ont fini par adopter cette pression et l'ont communiquée aux enfants. Et les parents et l'entourage la communiquent aussi et donc ça devient une charge extrêmement lourde pour ces enfants." 

"Le CEB est une ineptie !"

Selon cette psychopédagogue, la pression est telle que certains enfants se rendent malade : "On pourrait parler de burn-out et se demander si un adulte supporterait une telle pression au travail ? J'ai un enfant que j'ai déscolarisé il y a un mois parce que ce n'était plus possible ; il déprimait, avait des envies suicidaires et ne dormait plus. Et son seul problème était l'examen parce qu'il ne se sentait pas prêt à le passer, il pensait qu'il allait échouer, les enseignants et sa famille lui mettaient beaucoup de pression et il a complètement décroché."

Une pression double selon l'experte car elle vient des deux côtés : "L'enseignant n'a pas envie que son élève échoue donc il le booste et fait parfois des copies blanches en quantité excessive. Et les parents ne veulent pas non plus que leur enfant échoue donc on refait les mêmes copies, on achète les journaux qui proposent des exercices ou on va en faire sur le net et donc l'enfant a beaucoup de pression. Alors que, personnellement, je ne vois pas pourquoi c'est une épreuve nécessaire ! Moi, je sors d'une génération - et des dizaines de générations sont passées avant ça - qui a obtenu le diplôme de primaire en n'ayant absolument pas passé cette épreuve donc pour moi, c'est une ineptie qui coûte très cher à l'enseignement !"

"Un enseignant n'a pas besoin du CEB pour savoir juger des compétences d'un élève"

Enfin, selon Marie-Jeanne Petiniot, si tant "la forme que le fait de passer une épreuve si lourde ne sont pas nécessaires", elle conclut "qu'un enseignant de sixième primaire est tout à fait compétent pour pouvoir juger de la réussite et de la maîtrise des compétences ! Ce genre d'épreuve n'est pas nécessaire avant l'âge de 16 ans je dirais. Mais je suis tout à fait contre toutes les évaluations externes parce que j'ai des rhétoriciens qui ont le même genre de réaction somatique et psychologue pour leur CESS."

N'hésitez pas à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C'est vous qui le dites".

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