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Marie-Anne Minnen : " On crée un travail et on va adapter notre outil de travail à la spécificité des jeunes qui seront là "

QQD 17.11
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Deux amies vont ouvrir un resto à Petit-Enghien dans lequel on ne trouvera que du personnel avec un handicap mental ou physique léger. Un trisomique peut-il gérer un service et à quel tarif va-t-on payer ces salariés… Au tarif des entreprises de travail adapté (E.T.A) ou au tarif Horeca ?

Parmi ces deux copines, une maman d’un enfant trisomique confrontée aux difficultés de trouver un emploi. Les ateliers protégés ne sont pas adaptés et les files d’attente y sont longues apparemment. Ces deux femmes cherchent donc à boucler leur budget de 200.000€ pour ouvrir la " Renaissance " le nom qu’elles donneront à leur projet Horeca. Il paraît que 4 handicapés sont déjà en formation pour le jour où….

Marie-Anne Minnen, cofondatrice de l’ASBL Le Petit Tandem: " Le terme exacte pour notre établissement est : estaminet. Il s'agit d'un lieu où les gens viennent prendre un petit repas. Ce n'est pas de la haute gastronomie, ce sont des repas du style des petits bistrots, des petites tavernes et, l'après-midi, ce sont plutôt des pâtisseries, des goûters qui sont ouverts aux gens qui souhaitent prendre un petit morceau de tarte, venir prendre un verre. Donc, un repas de midi, un repas chaud le midi, un goûter l'après-midi. On a également des demandes des écoles de l'entités qui souhaitent avoir des potages chauds et des repas chauds." Mais qui sera en charge des tâches ? " Ce sont les handicapés qui vont investir cet endroit. Ils seront en cuisine, en salle, ils iront dans les écoles livrer les repas aussi. Donc, c'est eux qui prennent en charge le fonctionnement de cet estaminet ". Et au niveau de la gestion ? " La seule chose sur laquelle on insiste, c'est que c'est ouvert à tous les jeunes qui ont un handicap mental donc, cela ne concerne pas uniquement les enfants trisomiques. Ce qui est important pour nous, c'est que notre projet n'est pas un projet de haute gastronomie, de haute gamme. On crée un travail et on va adapter notre outil de travail à la spécificité des jeunes qui seront là. Mon fils n'a pas une rentabilité, il est lent au travail et donc c'est clair qu'on ne va pas lui demander d'assumer 15 repas, 15 tables par lui-même. On veut un endroit petit donc nous n'avons pas plus de 30 couverts. C'est un petit estaminet ". Qu'en est-il de la rémunération ? " On ne paie pas du tout. On n'est pas un restaurant. On n'ouvre pas comme un restaurant. On est plus considéré comme un centre de jour pour des personnes handicapées dans lequel ils vont préparer des repas et qui est ouvert à la population. On n'a aucun subside de fonctionnement puisque les centres ne sont pas subsidiés depuis 1997. Les travailleurs pourront en profiter à partir du moment où nos revenus sont assurés et c'est ce qu'on espère mais en attendant, quand on va démarrer, on part de zéro pour démarrer. Quand je vois les entreprises de travail adapté, quand je vois la rentabilité qu'on demande et que je réalise que mon fils n'est pas capable d'avoir cette rentabilité-là, moi je préfère qu'il fasse du bénévolat et qu'il se sente bien dans sa peau, qu'il soit épanoui par ce bénévolat plutôt que de courir après une rémunération. "

 

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