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Les policiers peuvent désormais tester le taser : une arme neutralisante ou dangereuse ?

Ça y est, 14 zones de police vont tester le taser électrique dont la police boraine, la zone Bruxelles midi & Ouest, la zone Arlon-Attert-Habay-Martenange, la police de Beloeil/Leuze-en-Hainaut ; Mons-Quévy et Aiseau-Presles-Châtelet-Farciennes. Un taser, c’est juste " tu tires et ça envoie du courant " ou c’est plus dangereux que ça ?

Le ministre de l’Intérieur a donc annoncé hier le nom des 14 polices choisies pour participer à un projet pilote sur le " pistolet à impulsion électrique ". Les agents qui s’en serviront ne pourront le faire qu’après une formation et la police évaluera à terme si le taser n’est pas trop dangereux et s’il ne nécessite pas plus qu’une formation.

La zone de Mons-Quévy a été la première a vouloir détenir des tasers afin de pouvoir neutraliser potentiellement un individu dans des situations particulières. Patrice Degobert, commissaire divisionnaire et associé au chef de corps de police de la zone de Mons-Quévy confirme que "pour l'instant, on est en cours d'acquisition donc il y a des procédures qui sont en cours." Mais quel genre de taser sera livré au sein des zones de police qui participent au projet-pilote? D'après Patrice Degobert : "Nous allons recevoir des pistolets à impulsion électrique, qui est le nom classique de la marque en question, qui avec envoi de la fléchette permet un contact électrique et un contact direct donc il y a deux méthodes de travail et le taser qu'on va recevoir permet de faire les deux à la fois."

Le taser est l'arme qu'il manque actuellement aux policiers pour réagir face à un individu agressif sans pour autant le blesser : "L'objectif est d'utiliser la contrainte avec une arme moins létale que les armes qu'on a sur nous donc le pistolet. Le problème est que pour l'instant, le policier n'a que le pistolet et la matraque certes, mais il n'a rien d'autre pour contraindre une personne que ce soit dans le cas de la légitime défense ou d'autres usages de contraintes. Donc il aura désormais l'arme classique et le taser en question, l'idée étant de diminuer le contact avec des personnes qui, dans le cadre d'une arrestation, sont extrêmement agitées et d'avoir une arme qui permette, pour la sécurité du policier et du citoyen, une arrestation classique. De plus, on a remarqué suite à des études faites à l'étranger, que le fait unique de montrer l'objet (le taser) comme il est connu fait diminuer tout de suite la pression et permet au policier d'intervenir de façon plus sereine en mettant en garde l'individu face à lui et en le calmant."

Un des points négatifs de ce projet-pilote est le fait que les policiers ne seraient pas forcément couverts en cas de situations dramatiques, point sur lequel Patrice Degobert veut relativiser : "On peut encore affiner au niveau de la législation mais premièrement, chaque chef de corps doit définir dans quel cadre sera utilisée l'arme. Pour l'instant, il y a un arsenal juridique qui permet de couvrir le policier comme pour tout autre usage de la contrainte - la matraque, les menottes, la gazeuse et l'arme à feu - dans le cadre de la légitime défense ou de la contrainte. Ce sera pareil pour cette arme, cette possibilité juridique de couverture pourra être utilisée en cas de besoin. Cependant, ici, l'idée est bien de permettre une diminution de l'usage de la violence et de la contrainte par l'utilisation de ce taser. À savoir qu'il y a 70% d'exemptions en moins par rapport à des coups et blessures reçus par des policiers dans le cadre de l'utilisation du taser."

Un taser à utiliser  tout de même avec prudence conclut Patrice Degobert : "Il y a une impulsion électrique qui est reçue avec tension des muscles donc la personne est immobilsiée. Par rapport à l'impact négatif; il peut y avoir des séquelles mais comme pour tout! Une personne hémophile qui reçoit un coup de matraque et perd du sang, il y aurait aussi un impact négatif. Maintenant, on doit faire attention évidemment à ne pas utiliser un taser si l'individu a un pacemaker mais ça, c'est au policier à définir comment il doit agir face à telle ou telle personne. Mais dans les conseils qu'on reçoit, on sait qu'on doit faire attention à certaines personnes bien qu'on agisse en légitime défense. Des formations vont de toute façon être réalisées dans les prochaines semaines."

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