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Les parents sont-ils trop violents avec leurs enfants en Belgique ?

En ce 30 avril, c’est la Journée Internationale de la Non-Violence Éducative. Défense des Enfants International a réalisé une enquête à propos de la violence dite éducative ordinaire qui est physique, psychologique ou verbale, il en ressort que 22% des sondés estiment que les punitions physiques sont probablement ou certainement bénéfiques, que 7 sur 10 ont déjà reçu une fessée. À ce sujet, la Belgique a déjà été rappelée à l’ordre par le Comité des droits de l’enfant car la violence n’est pas suffisamment clairement interdite chez nous. Le sondage indique d’ailleurs que 74% des personnes interrogées sont favorables à une loi non punitive.

Les parents sont trop violents avec leurs enfants en Belgique ? C’est la question que l’on vous posait ce matin dans "C’est vous qui le dites".

Voici quelques moments forts de l’émission…

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© PhotoAlto/Sandro Di Carlo Darsa – Getty Images

"Je lui ai mis une fessée et ça a débloqué la situation"

Olivier, un auditeur originaire de Mons, est intervenu à ce sujet sur notre antenne : "J’essaie toujours de dialoguer d’abord, mais quand mon fils était petit, il ne voulait pas aller sur le pot. On a tout essayé, on a dialogué, mais j’ai dû me résigner à un moment, je lui ai mis une fessée et ça a débloqué la situation car le soir même, il était propre. J’ai été élevé à l’ancienne, j’ai reçu des fessées et même des coups de ceinture. Je ne reproduis pas ce que mes parents ont fait avec mon fils, car je trouve que c’était extrême. Mais de temps en temps, lorsque l’enfant dépasse les limites, je pense que la fessée n’a jamais tué personne. Pour moi, la fessée, ce n’est pas de la violence, c’est faire comprendre à l’enfant qu’il est allé trop loin."

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© seksan Mongkhonkhamsao – Getty Images

"La violence n’apporte aucune solution"

Le débat se poursuit avec le directeur de l’association Défense des enfants International Belgique, Benoît Van Keirsbilck : "On parle de violence dite éducative ordinaire dans le cadre de violences physiques, psychologique ou verbale dans un but soi-disant éducatif. On insiste sur le " soi-disant ", car il a été démontré que cela n’a rien d’éducatif et que cela laisse des traces dans le développement et dans l’évolution des enfants. Il s’agit de toute une série de gestes : gifles, claques, utilisation d’objets, tirer les cheveux, douche froide, mais aussi de violence verbale : dire à un enfant qu’il n’arrivera à rien, qu’il n’est bon à rien, par exemple. Ce sont des choses qui laissent des traces et qui portent atteinte à la possibilité de se développer correctement."

Ce sont des approches très fréquemment utilisées et qui nous paraissent contre-éducatives

"Pour nous, il faut faire tout ce qui est possible pour éviter la violence qui n’apporte aucune solution. Nous souhaitons une loi symbolique pour les petits faits quotidiens, une loi qui énonce clairement les choses car le sondage montre que la plupart des gens ne savent pas ce qui est permis ou non, il y a un flou. Une loi symbolique changerait fondamentalement les choses, cela enverrait un message clair aux parents et cela permettrait de lancer et d’appuyer une campagne de sensibilisation d’éducation. Ainsi, les parents apprendraient que ces gestes entraînent des conséquences sur la psychologie de l’enfant, sur sa confiance en soi. Beaucoup d’études montrent qu’il y a une augmentation des dépressions, des suicides et des problèmes de santé auprès d’enfants qui ont subi de la violence."

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© Prasit photo – Getty Images

"Un problème de compréhension entre les parents et l’enfant"

Le débat se termine à Nivelles avec Aurélie, une auditrice : "En première année en logopédie, on nous apprend le développement de l’enfant. L’une des règles de base qu’il me semble importante à connaître par tous les parents, c’est que la propreté de l’enfant est complètement indépendante de notre volonté et de la sienne. Cela dépend de la maturité de son système neurologique. Même avec la meilleure volonté du monde, s’il veut nous écouter, il n’a pas la maturité pour le faire. Parfois, ça fonctionne, mais on peut tout aussi bien avoir le résultat inverse car il s’agit d’un comportement négatif qui peut crisper l’enfant. Une loi symbolique pourrait faire évoluer les choses, mais pour moi, c’est avant tout un problème de compréhension entre les parents et l’enfant : il faudrait que les pédiatres ou les maternités éduquent les parents."

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C’est vous qui le dites" et à revoir l’émission sur Auvio. Nous vous donnons rendez-vous du lundi au vendredi de 9h à 10h30 sur VivaCité et La Une pour trois nouveaux débats.

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