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Les mutations génétiques du Blanc Bleu Belge...

Oui, le Blanc Bleu Belge est fruit d’une mutation génétique – Oui, les accouchements sont artificiels ; par césarienne uniquement. Que doit-on conclure de ces faits affirmés ce matin par un professeur de zootechnie à Gembloux Agro bio tech - Université de Liège… Que le BBB c’est bien ou pas bien ?

Depuis quelques jours, le monde du BBB est très tendu. Quelques sorties ou approximation dans la presse. Notre BBB est-il critiquable ? Ce matin, le journal L’Avenir donne la parole à Yves Beckers, professeur à Gembloux. Son propos tient en quatre points : la musculature du BBB est le fruit d’une mutation génétique du gène culard – les naissances se font par césarienne parce que le veau est trop large – donc le bio est impossible car il faut un traitement médicamenteux - le rendement de cette race est exceptionnel.

Yves Beckers, professeur de zootechnie à Gembloux Agro Bio Tech - Université de Liège: "Sans être trop technique, disons qu'il y a un gène qui a une diversité génétique dans le Blanc Bleu et qui a permis de faire ce qu'on appelle de l'hypertrophie musculaire chez les animaux. Dans les années 60-70, quand les éleveurs ont mis en évidence ce gène, tout de suite, la situation économique a favorisé l'entretien voire l'amplification de ce gène. Mais c'est tout à fait naturel, il n'y a pas eu de manipulation dans un laboratoire ! Cela fait partie du patrimoine génétique de pas mal d'espèces animales et notamment le bovin et le Blanc Bleu."

Cette particularité physique n'est donc aucunement due à des hormones qu'on inflige à l'animal comme le confirme le professeur Beckers : "C'est un gène qui a subi une mutation qui est récessive donc il faut avoir les deux alèves. En gros, c'est une protéine qui codifie la croissance musculaire chez les animaux et quand le gène est modifié naturellement, il y a ce qu'on appelle de l'hyperthorphie musculaire. La variabilité génétique que l'on a dans l'expression des gènes, on peut avoir des alèves différents et on trouve ça dans d'autres races de bovins, chez la souris, chez l'homme. C'est tout à fait naturel, rien ne se fait dans un laboratoire je le répète."

Quant à la fréquence des césariennes, Yves Beckers explique qu'il y a "une incompatibilité entre la taille du veau et la taille du bassin de la femelle". Une intervention humaine réalisée dans de respecter le bien-être animal tout simplement. "Cela fait partie de la pratique chez nous, cela a permis entre autre au culard d'être amplifié et entretenu en Belgique. La domestication de l'animal fait en sorte que l'animal est dépendant de l'homme dans son mode de fonctionnement et il est clair que la césarienne est un élément qui vient s'ajouter dans le cas du Blanc Bleu. Mais on pourrait prendre d'autres catégories animales qui sont tout à fait dépendantes de l'activité de l'homme que ce soit pour l'environnement, son alimentation voire sa santé."

La césarienne nécessite un traitement médicamenteux mais il n'a aucune influence sur la viande finale et ce n'est pas la raison pour laquelle le Blanc Bleu ne sera jamais bio comme l'ajoute Yves Beckers : "Il y a une chirurgie qui est faite pour extraire le veau et il est clair que pour se mettre à l'abri d'éventuels problèmes, il y a une intervention médicamenteuse notamment via des antibiotiques. Il y a aussi une anesthésie qui est faite chez l'animal pour limiter l'inconfort et les douleurs. Cependant, le fait d'utiliser ces médicaments n'influencent pas le fait que ce soit bio ou pas. Ce qui fait que le Blanc Bleu n'est pas bio c'est que dans le Blanc Bleu culard, on est à 99% de césariennes... Or l'agriculture biologique n'accepte que 20% de césariennes. Ce pourquoi, le Blanc Bleu ne sera jamais bio."

 

 

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