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Le taux de suicide des militaires deux fois plus élevé que chez le reste de la population

Avec 105 suicides en 8 ans, le taux de suicide à l’armée est deux fois plus élevé que chez le reste de la population… Nos militaires manquent-ils d’accompagnement ?

L’actualité amène la presse à publier des chiffres aujourd’hui… 105 : c’est le nombre de suicide chez les militaires en 8 ans… C’est un taux deux fois plus élevé que chez le reste de la population. Quel suivi existe-t-il aujourd’hui, nos militaires sont-ils bien encadrés ou manquent-ils d’accompagnement ?

Pascal Debière, délégué syndical de la CGSP Défense, a 35 ans de service à l'armée à son actif: " Il y a plusieurs facteurs qui entrent en ligne de compte : les nombreuses missions à l'extérieur, l'éloignement de la famille et ce qu'on vit en mission. Mais ce n'est pas tout, il y a aussi toutes les nombreuses restructurations que l'armée subit depuis 1989. Depuis 30 ans, l'armée est en restructuration permanente ".

Au niveau des outils, leur qualité ne pose aucun problème : " L'armée a développé un dispositif très complet de suivi psychologique. On a un centre de santé mentale à Never-Over-Heembeek au niveau de l'hôpital militaire qui reprend tous les services nécessaires. L'armée s'est dotée d'outils de bonne qualité ", se réjouit Pascal Debière. Malheureusement, il n'existe pas de suivi proactif dans le cas du suicide. Le centre de psychologie de crise va automatiquement encadrer la personne si elle est amenée à devoir tirer sur une personne et la tuer. Mais le suivi, par la suite, ne dépend que d'elle. La personne doit donc être demandeuse.

Pascal Debière admet que l'armée n'encourage pas vraiment les militaires à se confier. Mais s'ils veulent le faire, ils peuvent le faire. Il existe plusieurs outils : " Tout dépend des coutumes et des traditions de l'unité. Dans certaines unités, il n'est pas bon d'afficher ses faiblesses."

Le délégué syndical CGSP de la Défense aimerait qu'il y ait une collaboration avec les centres de prévention pour le suicide. Cela avait déjà été proposé une fois mais les autorités n'ont pas suivi parce qu'elles craignaient que des informations secrètes sortent de la Défense. " La Défense n'aime pas toujours que des détails sortent de chez elle. Ça a mis un frein à quelque chose qui aurait pu être très positif pour les militaires ", regrette Pascal Debière.

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