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La loterie Green Card aux États-Unis: une folie ou une chance incroyable ?

Le terroriste de New York avait gagné son titre de séjour aux USA grâce à la loterie qui octroie au hasard des cartes vertes. Avant que Donald Trump ne supprime le système… C’est une folie ou une chance incroyable " d'octroyer des titres de séjour sur base d’une loterie " ?

Ceux qui rêvent de l’Amérique rêvent sans doute aussi de cette loterie qui permet chaque année à 50.000 ressortissants étrangers d’obtenir la carte verte qui permet de s’installer et donc de travailler aux USA. La Green Card, c’est le symbole de cette Amérique terre d’immigration. En 2011, un rapport du Congrès jugeait le programme fiable. Le terroriste de New York a décroché sa Green Card en 2010. De Tachkent, capitale de l’Ouzbékistan, il est arrivé en Ohio avant d’aller vivre en Floride puis au New Jersey.

François Gemenne, chercheur en Sciences politiques à l’ULg et directeur de l’Observatoire Hugo : " En 1995, l’enjeu était de reconnaître que les États-Unis se sont construits sur l’immigration et mais que l’immigration s’organise aujourd’hui par couloir. Les gens migrent d’un pays A vers un pays B. Donc le but de ce programme était de diversifier les sources d’immigration, d’accueillir en quelque sorte le monde entier aux États-Unis. Et c’est comme ça qu’un certain nombre de titres de séjour, 50.000 par an, sont distribués à des citoyens de pays qui avait relativement peu d’immigration vers les États-Unis. Si on vient d’un pays où il y a déjà beaucoup d’immigration aux États-Unis, ce pays est exclu parce qu’il ne répond plus aux critères de diversification."

À l'époque, ce système était considéré comme "sûr" : " Les citoyens qui reçoivent le titre de séjour ne le reçoivent pas comme ça, un jour par la poste. Il faut d’abord déposer une candidature et puis, il y a un processus de screening qui est effectué une fois qu’on est tiré au sort. Ça ne veut pas dire qu’on a automatiquement le titre de séjour. Il y a ensuite le processus de vérification qui s'assure qu’on entre bien dans les critères, notamment qu’on n’a pas de casier judiciaire. Le procédé n’est pas plus ou moins sûr qu’un autre système d’immigration. "

Pour François Gemenne, ce système de loterie est " sans doute plus équitable et plus égalitaire que d’autres. D’autres comme le Canada ont un système par points, c’est le système vers lequel voudrait aller Donald Trump aujourd’hui. Ce système a ses avantages et ses inconvénients. Il est certain que le système de loterie est sans doute plus équitable, plus égalitaire que d’autres. Mais il comporte aussi certains risques. Ce n’est pas parce que le terroriste avait bénéficier d’un titre de séjours avec un système de loterie, qu’on n’aurait pas pu avoir un terroriste avec un autre système. Un système par points, voire avec un système comme celui qu’on a en Europe - c’est-à-dire un système d’immigration économique ou d’asile où ce type de loterie ou de système par points n’existe pas - ça n’empêche pas d’avoir des terroristes malheureusement. Il faut bien se dire que le risque zéro n’existe pas et quel que soit le système mis en place, il y a toujours ce risque. Ça peut dépendre des politiques qui vont être mise en placer à l’arrivée. "

L'abandon du système de loterie n'est pas une chose évidente pour François Gemenne : " On voit que le président Trump a tendance à mettre de plus en plus de restrictions à l’immigration aux États-Unis. Vraisemblablement, j’aurais tendance à dire qu’il va pousser vers un système d’immigration à points, comme c’est le cas au Canada. Néanmoins, il y a quand même un grand attachement aux États-Unis à ce système de carte verte. C’est quelque chose qui est désormais un peu inscrit dans la culture américaine et je pense que beaucoup d’Américains auront l’impression de renoncer à un pan de leur culture s’ils abandonnaient ce système. "

Il y a trois grands systèmes d'immigration :

  1. Un système par loterie comme aux États-Unis
  2. Un système par points comme au Canada
  3. Un système de quota comme il existe dans d‘autres pays, notamment dans le Pacifique

" Et puis, il y a le système comme nous avons en Europe, c’est à-dire, pas véritablement de politique d’immigration : soit il y a la réunification familiale, soit parce que vous avez déjà un emploi, soit en demandant l’asile. Et ceci explique que nos procédures d’asile soient à ce point engorgées parce que nous n’avons pas de véritable système d’immigration. "

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