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L’inceste n’est-il pas assez pris au sérieux en Belgique ?

Une députée CDH veut inscrire l’inceste au code pénal. Après l’affluence de témoignages de victimes d’inceste en France depuis la publication du livre de Camille Kouchner, où elle dévoile les actes de son beau-père sur son frère, Vanessa Matz a déposé un texte de loi pour sanctionner plus sévèrement les faits d’inceste dans notre pays qui aujourd’hui ne sont punis que comme viol avec circonstances aggravantes. Elle ajoute que le manque de reconnaissance de ce crime permet aux agresseurs d’être moins identifiés et sanctionnés, ce qui ne les décourage pas, et que la société est plongée dans le déni, comme si ça n’existait pas alors qu’il est présent autour de nous, dans toutes les tranches sociales : c’est à lire dans les éditions de Sudpresse.

L’inceste n’est pas assez pris au sérieux, passé sous silence en Belgique ? C’est la question que l’on vous posait ce matin dans "C’est vous qui le dites".

Voici quelques moments forts de l’émission…

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L’inceste n’est-il pas assez pris au sérieux en Belgique ? © mrs – Getty Images

"Ma mère trouvait cela normal"

Un auditeur anonyme est intervenu à ce sujet sur notre antenne : "J’en ai été victime quand j’avais 7-8 ans et ça a été compliqué d’en parler. J’avais peur qu’on me traite de menteur. Ma mère a également subi cette situation quand elle était jeune. Elle m’a toujours dit de me taire car c’était tout à fait normal dans une famille.

Aujourd’hui, passé 50 ans, j’ai encore du mal à en parler, c’est quelque chose qui m’a vraiment marqué, cela a détruit une partie de ma vie et ma stabilité

Je suis fier de m’en être sorti et je trouve que l’inceste ne doit pas être un sujet tabou. Il faut en informer les jeunes et surtout aider et accompagner les victimes. Il leur faut des personnes de confiance pour arriver à en parler et pour se sortir de cette situation. Personnellement, j’ai eu la chance d’avoir un ami de la famille m’a sorti de tout cela."

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L’inceste n’est-il pas assez pris au sérieux en Belgique ? © FatCamera – Getty Images

"C’est très difficile de casser le silence de l’inceste"

À Charleroi, une connaissance proche de Jean-Pierre a été victime d’inceste pendant son enfance : "Il est malheureusement très difficile de casser le silence de l’inceste. Dans le cas que j’ai connu, c’est toute la famille qui était impliquée. C’était tellement familial que cela en était normal de pratiquer des actes sexuels sur des enfants et ça ne devait pas être dénoncé. Elle et ses deux sœurs ont été abusées par leur père et c’est lorsqu’une des petites-filles a été abusée par son grand-père que la vérité a éclaté. La victime que je connais a réussi à en parler quand elle avait presque 40 ans. Certaines de ces personnes ont été condamnées juridiquement, mais elles ne reconnaissent toujours pas leur tort. Mon amie m’en a parlé car elle a senti qu’elle était en confiance et qu’elle pouvait avoir de l’aide."

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L’inceste n’est-il pas assez pris au sérieux en Belgique ? © Imgorthand – Getty Images

"Mon papa s’était mis en tête de faire mon éducation sexuelle "

Enfin, Isabelle de Gouvy, dans la province de Luxembourg, a été victime d’inceste lorsqu’elle avait 13-14 ans : "J’étais en décrochage scolaire et c’est ma titulaire de classe qui m’a obligée à être suivie par le Centre PMS [ndlr : Centre psycho-médico-social]. Au bout de plusieurs séances, j’ai craqué et j’ai raconté ce qu’il se passait à la maison. Mon papa s’était mis en tête de faire mon éducation sexuelle car soi-disant ma maman n’allait pas le faire. Quand on est manipulé, on pense que c’est normal et même après l’avoir raconté, il m’a fallu beaucoup de temps avant de m’en rendre compte. Mon papa a été obligé de quitter la maison pendant un mois mais pour que la famille ne soit pas au courant, il dormait dans le garage.

Lorsque quelqu’un passait à la maison, je devais me cacher pour ne rien dire

Ma maman ne racontait cette histoire à personne, cela restait secret. Je pense que ce texte de loi est positif au niveau de la reconnaissance des victimes : on vit avec ça toute sa vie, on est conditionné et mis sous silence, on nous culpabilise, donc quand ça sort, ça fait des dégâts."

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C’est vous qui le dites" et à revoir l’émission sur Auvio. Nous vous donnons rendez-vous du lundi au vendredi de 9h à 10h30 sur VivaCité et La Une pour trois nouveaux débats.

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