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L'expert du débat : "Les écoles ne doivent pas banaliser le harcèlement mais en parler même préventivement"

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Pour la coordinatrice du service Écoute-Enfants, les écoles ne veulent pas s’armer face au harcèlement scolaire, elles nient le problème. Une école peut-elle réellement faire quelque chose contre le harcèlement scolaire ?

La ligne Écoute-Enfants, le 103, reçoit jusqu’à 700 appels par an concernant le harcèlement à l’école. La coordinatrice du service s’exprime ce matin dans la DH et raconte que ce nombre est en forte hausse ces dernières années. Elle ajoute que les écoles ne veulent pas s’armer contre ce phénomène parfois par crainte de leur réputation et préfèrent nier le problème. Quand quelque chose est mis en place, ce serait trop souvent de manière ponctuelle.

Une école peut-elle réellement faire quelque chose contre le harcèlement scolaire ? C’est la question que l’on vous posait ce matin dans " C’est vous qui le dites ".

Voici quelques moments forts de l’émission…

"La communication est quelque chose de primordiale"

Sylvie Courtoy, coordinatrice du service Écoute-Enfants : "Tout d'abord, je voudrais nuancer : toutes les écoles ne sont pas concernées, certaines écoles organisent des activités super intéressantes autour du domaine. Maintenant, il faut savoir que sur les appels que nous recevons - à savoir un à deux par jour autour du harcèlement - nous avons environ 6,7% d'appels qui nous disent qu'il est très difficile d'avoir des contacts avec l'école et de l'avoir comme soutien. Donc parfois, l'encadrement scolaire participe au harcèlement même si ça reste relativement rare. Or, dans des situations de harcèlement, c'est très important d'être attentif, d'observer ce qu'il se passe et surtout de ne jamais nier ou dénigrer l'enfant que ce soit dans le cas du harcelé ou du harceleur."

Un travail de communication doit se faire au sein de l'établissement scolaire pour que la situation évolue positivement : "La communication est quelque chose de primordiale, il faut pouvoir parler de cette maltraitance, de ce que cela implique et des conséquences que cela peut avoir. Il faut donner la place aux jeunes pour pouvoir exprimer ce qu'ils ressentent et leurs émotions. Il faut travailler l'acceptation de l'autre, de la différence et la bienveillance."

Enfin, selon notre expert, ce sujet sensible n'est pas à banaliser et doit de suite être pris au sérieux : "En 2014, nous recevions 2,8% d'appels  concernant le harcèlement et aujourd'hui, cela représente 7,3% des appels. Et dans tous nos appels, on entend vraiment une grande souffrance et elle peut, dans certains cas, mener au suicide... Donc je pense que c'est vraiment une thématique qui n'est absolument pas à banaliser et qui doit être travaillée, même préventivement, dans différents cours. Il faut pouvoir ouvrir la porte au dialogue et à la discussion et gérer aussi ce qui se passe hors école ou dans la cour de récréation. Parce que maintenant avec les smartphone, ça ne s'arrête pas à la grille de l'école donc il y a une attention à avoir. Cela existe - certes pas partout et pour tout le monde - et quand ça existe, c'est douloureux et ça doit être pris en compte."

Retrouver l’intégralité de son interview sur Auvio.

L'avis des auditeurs...

Depuis Jemeppe-sur-Sambre, Christophe témoigne : "Je suis père de cinq garçons et l'un de mes fils, le dernier de 13 ans, a connu le harcèlement scolaire. J'ai été stupéfait sur le fait qu'en allant voir la direction et en discutant de ce qui se passait, je me suis rendu compte que la direction était dans un certain désarroi mais n'avait pas de ligne de conduite claire... J'étais donc à la fois le parent de la victime et à la fois devenu le mode d'emploi de comment est-ce qu'on pourrait faire. Ce qui en est ressorti est une proposition de dialogue entre mon fils et le harceleur. Mais je n'étais pas fort d'accord. Mais finalement, vous vous rendez compte que la meilleure solution - que l'on a proposée à l'école - est d'aller trouver les autres parents."

Enfin, du côté d'Evere, Sarah a deux enfants qui vivent le harcèlement à l'école : "Les écoles ne s'arment pas et certaines prétendent ne pas avoir les moyens. J'ai donc dû changer mes enfants d'école. Or, je l'ai vécu étant petite dans un Athénée il y a 20 ans, et je ne pense pas que ce soit une question de moyens. Je pense que le directeur doit faire quelque chose, il doit y avoir des éducateurs qui ne s'occupent que de ça surtout lors des récréations. La direction, l'équipe éducative et les parents doivent agir ensemble. Et éviter que cela ne continue avec d'autres enfants par la suite. Si toutes ces personnes ne travaillent pas ensemble, cela ne fonctionnera jamais !"

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C’est vous qui le dites".

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