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L'expert du débat : " Le délai de 18 semaines ne va concerner qu'une dizaine de cas par an "

Sylvie Lausberg : " Le délai de 18 semaines ne va concerner qu'une dizaine de cas par an alors qu’il y a 20 000 avortements en Belgique "
Sylvie Lausberg : " Le délai de 18 semaines ne va concerner qu'une dizaine de cas par an alors qu’il y a 20 000 avortements en Belgique " - © Tous droits réservés

Le débat sur le délai légal de l’avortement revient à la Chambre aujourd’hui. Il pourrait passer de 12 à 18 semaines. Le délai actuel est trop court ?

Actuellement, en Belgique, une femme peut avorter jusqu’à 12 semaines de grossesse. Plusieurs partis politiques ont introduit des propositions de loi pour allonger ce délai qui, actuellement, pousse certaines femmes à se rendre par exemple aux Pays-Bas, où l’avortement est autorisé jusqu’à 22 semaines de grossesse. Si le débat revient à la Chambre ce mercredi, rien ne garantit qu’il soit tranché ; le CD&V faisant de la résistance tout comme 750 médecins et soignants qui ont publié une carte blanche contre ce changement de loi.

Le délai actuel pour avorter en Belgique est-il trop court ? C'est la question que l'on vous posait ce matin dans " C'est vous qui le dites ".

Sylvie Lausberg, présidente du conseil des Femmes Francophones de Belgique : Il faut rappeler qu’en Belgique, personne n’est obligée de recourir à l’IVG ni de le pratiquer. C’est un acte qui doit être volontaire de la part de la femme et de la part du médecin. Aujourd’hui, en Belgique, les femmes avortent en moyenne quand elles sont enceintes de 7 à 9 semaines, donc très tôt. Il y a évidemment des parcours plus compliqués, des femmes qui ne se rendent pas compte, des médecins qui refusent, qui les balancent de médecins en médecins et les femmes arrivent à 12 semaines... Pourquoi il faut allonger le délai à 18 semaines ? Parce que les femmes qui sont à 12 semaines et 2 jours, on ne peut pas les aider en Belgique ! "

Les femmes qui vont en Hollande pour avorter sont à 13-14 semaines

Pour Sylvie Lausberg, la loi actuelle pousse les femmes à se rendre à l'étranger et ce n'est pas normale : " Quand on les envoie en Hollande, la grande majorité est à 13-14 semaines. Les femmes qui sont à 18 semaines sont des femmes qui sont dans des situations de vie terrifiantes. Le viol n’est pas une circonstance qui permet d’allonger le délai en Belgique. Une femme violée va devoir aller en Hollande si elle dépasse 12 semaines. Une femme migrante qui n’a pas pu avoir de soins va aller en Hollande. J’ai eu il y a 15 jours une femme toxicomane qui vivait dans la rue, elle était enceinte de 5 mois et ne s’en était pas rendue compte. On a dû l’envoyer en Hollande et ce n’est pas normal ! "

" Les femmes qui arrivent à 18 semaines sont des exceptions "

La présidente du Conseil des Femmes Francophones de Belgique insiste, "ça ne sert à rien de parler d’exception au niveau du délai, les femmes qui arrivent à 18 semaines sont des exceptions. La grande majorité des femmes en Belgique sont responsables, elles savent quand elles sont enceintes et qu’il y a un problème, elles savent ce qu’il faut faire, où il faut aller et elles le font ! Ça concerne des cas très particuliers qui sont des cas psychosociaux, des femmes qui sont dans des conditions de vie terriblement précaires, des situations qui sont tragiques. Il faut se rendre compte que si on allonge le délai à 18 semaines, ça va concerner que quelques cas par an, une dizaine de cas par an alors qu’il y a 20 000 avortements en Belgique. "

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C’est vous qui le dites".

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