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L'expert du débat : " La fonction royale a une fonction d'autorité morale respectée par tous "

L'expert du débat : " La fonction royale a une fonction d'autorité morale respectée par tous "
L'expert du débat : " La fonction royale a une fonction d'autorité morale respectée par tous " - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Dans un discours, le Roi Philippe a demandé aux partis de laisser tomber les exclusives et d’installer un gouvernement de plein exercice. Maintenant que le Roi l’a demandé, vous voyez la fin de la crise ?

Hier, le Roi Philippe a prononcé son discours de Nouvel An face aux autorités du pays, invitées au Palais. Il s’est exprimé sur la crise politique et a dit que le moment était venu de cristalliser les efforts de ces huit derniers mois, de laisser tomber les exclusives et d’installer un gouvernement de plein exercice. Il a ajouté que nous avions maintenant besoin d’une vision d’avenir au niveau fédéral, de solutions réfléchies pour l’ensemble du pays.

Maintenant que le Roi l’a demandé, vous voyez la fin de la crise ? C’est la question que l’on vous posait ce matin dans " C’est vous qui le dites ".

Voici quelques moments forts de l’émission…

" Le roi est en phase avec l’opinion publique et la société civile "

Pierre Vercauteren, politologue et professeur à l’UCLouvain-Mons, est intervenu sur notre antenne en tant qu’expert à ce sujet : " Le roi a utilisé un des outils dont il dispose pour influencer le monde politique, il y a le colloque singulier mais il y a aussi les discours publics que le Roi est amené à prononcer. Le fait qu’il l’ait fait devant les corps constitués au mois de janvier le place dans la continuité de ce qu’avait fait Albert II lors d’un discours de 21 juillet où il avait mobilisé le constitutionnaliste anglais Walter Bagehot pour rappeler qu’il avait trois missions : s’informer, encourager et mettre en garde. "

Pour le politologue, le discours montre que le roi est en phase avec l’opinion publique et la société civile : " II accroît la pression sur les décideurs politiques pour qu’ils sortent. La fonction royale a une fonction d’autorité morale qui est respectée dans l’ensemble par les responsables politiques. Le Roi Philippe qui est en fonction depuis plusieurs années a progressivement de l’expérience qui lui confère un surcroît d’autorité. Est-ce que ce sera suffisant pour débloquer la situation actuelle qui paraît extrêmement complexe ? Là ce n’est pas encore certain. Si certains lancent l’hypothèse d’élections anticipées, elles vont s’avérer un calcul de plus en plus risqué qui peut, par effet de retour, accroître la pression pour que les hommes politiques sortent du blocage actuel. "

Retrouvez l’intégralité de son interview sur Auvio.

L’avis des auditeurs…

La réponse des politiques suite au discours du Roi divise les auditeurs…

Certains voient, comme Bruno de Namur, la fin de la crise : " Le Roi a dit des choses qui permettent aux présidents de partis de trouver un accord. C’est comme en 2011 quand Albert II a secoué le cocotier, le CD & V s’est désolidarisé de la N-VA. Peut-être qu’aujourd’hui, les exclusives vont tomber, que le PS saluera enfin la N-VA. C’est la meilleure solution. Ça va prendre du temps. En 2011, il a fallu quasiment cinq ou six mois pour avoir un gouvernement de plein exercice. Je pense qu’avant Pâques ce sera très compliqué mais ça permettra d’avoir une sortie. "

D’autres sont moins optimistes. C’est le cas d’Étienne à Vresse-sur-Semois : " On n’est plus vraiment dans les exclusives, on se retrouve surtout face à des incompatibilités de programmes. Ils estiment que s’ils doivent faire trop de compromis, ça ne tient plus la route auprès des électeurs. Le Roi et la N-VA sont sur deux planètes différentes. La N-VA dit clairement que le fédéralisme ne fonctionne plus et qu’elle veut passer à une autre forme d’État. On est à la croisée des chemins. Le Roi est dans son rôle et c’est normal qu’il tienne ces propos-là mais la situation est beaucoup plus complexe qu’en 2011. Il faudra peut-être retourner aux élections même si ce n’est pas la bonne solution. Mais que les six partis traditionnels disent clairement ce qu’ils veulent pour un fédéralisme durable. C’est très difficile de voir quelle est l’autorité du Roi sur les partis. Je pense qu’elle a diminué d’année en année. Je pense que ceux qui sont convaincus de son autorité ne sont pas ceux qui bloquent et c’est ça le problème. Le compromis à la belge est un peu usé. "

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C’est vous qui le dites".

 

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