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L'expert du débat : " Il faut faire attention à ne pas utiliser l'excuse de la drague comme un vernis "

L'expert du débat : Maître Alonso - Avocate aux barreaux de Bruxelles et membre de « Fem & Law »
L'expert du débat : Maître Alonso - Avocate aux barreaux de Bruxelles et membre de « Fem & Law » - © Tous droits réservés

Une ex-employée de la Région wallonne poursuit un ancien collègue pour harcèlement sexuel au travail, de son côté, l’accusé parle de drague. Où s’arrête la drague, où commence le harcèlement ?

Entre 2007 et 2012, Wivine travaille pour la Région wallonne à l’Écluse des Grands-Malades à Namur. Elle est la seule femme au milieu d’hommes, dont un à qui elle réclame des dommages et intérêts pour harcèlement sexuel. L’affaire est traitée en ce moment au Tribunal du travail de Namur. Pendant cinq ans, son collègue lui fait des cadeaux, des déclarations d’amour, essaie un jour de l’embrasser puis son corps craque, elle tombe en dépression. La défense de son collègue parle d’un profil collant, lourdaud, cajoleur, affectueux avec un goût prononcé pour les blagues sexuelles sans pour autant en faire un harceleur.

Où s’arrête la drague, où commence le harcèlement ? C’est la question que l’on vous posait ce matin dans " C’est vous qui le dites ".

Voici quelques moments forts de l’émission…

L’excuse de la drague comme justificatif

L’expert du débat, Maître Alonso, avocate aux barreaux de Bruxelles et membre de " Fem & Law " dénonce la distinction entre drague lourde et harcèlement qui laisserait penser que la première n’est pas un problème. Elle note également que dans la définition du harcèlement moral ou sexuel au travail, il n’est pas question d’intention : "À partir de moment où une travailleuse vit une situation de harcèlement sur son lieu de travail, l’intention du harceleur (drague, humour) n’a pas d’importance. Ce qui compte, c’est la dimension unilatérale de son comportement. Est-ce qu’à un moment donné dans son comportement, il a tenu compte du consentement de la personne qui était en face de lui ? Quand la personne en face de nous ne montre aucun intérêt et n’est pas intéressée par les comportements unilatéraux qu’on a par rapport à elle, on a la responsabilité de stopper ça."

Maître Alonso tire aussi la sonnette d’alarme quant à la définition de la drague : "Il faut aussi faire attention à ce qu’on intègre dans cette définition de drague, parce qu’ici il y a eu des blagues sexistes et donc on sort complètement du cadre de la drague. Il faut faire attention à ne pas utiliser l’excuse de la drague comme un petit vernis qu’on met au-dessus de tous les comportements parce que la drague est tolérée au niveau de notre société, qu’on utilise cette excuse pour toute une série de comportements qui ne rentrent pas du tout dans la définition de démarche de drague qu’on pourrait avoir par rapport à une personne. "

Retrouver l’intégralité de son interview sur Auvio.

La limite du harcèlement : " quand ça devient obsessionnel "

Vous avez été nombreux à commenter ce débat.

Il y a eu notamment Clara de Leuze-en-Hainaut qui estime qu’à partir du moment où l’autre n’est pas intéressé, il faut arrêter : " Il y a 36 millions de filles sur terre, qu’il passe à autre chose ! La limite du harcèlement se situe au moment où l’homme fait une fixation sur une femme et que ça devient obsessionnel comme pour cette fille. Cet homme-là a un problème psychologique conséquent. "

Du côté d’Auderghem, Laura avoue que ce n’est pas toujours évident de dire non et de le faire comprendre parce qu’on ne veut pas créer une mauvaise ambiance au travail. Mais pour elle, " le harcèlement commence quand on dit stop. Le problème c’est que la plupart des gens accusés de harcèlement sont un peu des simplets."

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C’est vous qui le dites".

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