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L'expert du débat : "Déontologiquement parlant, l'information ne s'achète pas"

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Un ex-détenu tente de vendre aux chaînes de TV une interview de Marc Dutroux. La RTBF et RTL ont refusé. Ça intéresse vraiment quelqu’un de savoir ce que Marc Dutroux peut dire ?

C’est L’Avenir qui révèle cette information ce matin. Un ex-détenu qui a fréquenté Marc Dutroux fait le tour des médias pour tenter de vendre une interview réalisée en prison. Jean-Pierre Jacqmin, directeur de l’info de la RTBF, explique que - tout comme RTL - il a refusé l’achat de ces images pour des raisons déontologiques et que si la vidéo contenait des informations sur les zones floues du dossier, c’était avant tout aux familles ou à leurs avocats d’y avoir accès. Selon L’Avenir, un producteur indépendant aurait, entre temps, acheté l’interview.

Ça intéresse vraiment quelqu’un de savoir ce que Marc Dutroux peut dire ? C'est la question que l'on vous posait ce matin dans "C'est vous qui le dites".

Voici quelques moments forts de l’émission…

"Cela ne fait pas partie des valeurs de la RTBF"

Pour répondre à cette question, Jean-Pierre Jacqmin, directeur de l'Information à la RTBF, est intervenu sur notre antenne : "Personne n'est venu me voir mais il y a des contacts qui ont été donnés à des journalistes de la rédaction, au milieu de l'année 2019. On nous a dit qu'il y avait une interview de Marc Dutroux, qu'on pouvait nous la filer et qu'il fallait qu'on fasse une proposition d'argent très importante. Les équipes sont venues vers moi, comme le veut le processus dans des cas pareils, et le premier réflexe de tout le monde tout de suite, a été de nous dire que nous n'allions pas commencer à rentrer dans ce jeu. C'est d'abord un refus au point de vue déontologique ; la déontologie fait en sorte que nous n'achetons pas l'information, nous la grattons, nous l'investiguons, nous la découvrons, nous recueillons des témoignages mais l'information ne s'achète pas et certainement pas dans des conditions où on sent un groupe de détenus ou un détenu et des gens à l'extérieur qui tissent un petit réseau mafieux pour essayer de faire de l'argent. La première réaction de la RTBF c'est de se demander si, en dehors du sensationnalisme, il y a une information là derrière ? Par exemple, des informations qui manquent dans le dossier en question. Nous savons que Marc Dutroux n'a jamais expliqué ce qui s'est passé pour Julie et Mélissa dans leurs derniers instants, dans les derniers mois. Cela relève de la justice, d'un procureur, d'avocats... Il faudrait d'abord informer les parents des victimes et seulement après nous pouvons faire notre travail d'information mais, en aucun cas nous avons eu le sentiment, la perception qu'il y avait la moindre information supplémentaire dans cette interview". 

À l'heure actuelle, le directeur de l'information ne sait toujours pas ce que contient cette interview : "D'après les recoupements que nous avons pu faire à gauche et à droite, cela semble être une interview qui a été faite à distance, avec quelqu'un qui marche dans la cour et un autre qui est dans une cellule. Mais c'est une source unique, qui n'est donc pas recoupée. Il n'y a pas grand chose dans cette interview mise à part du sensationnalisme ou du voyeurisme. Clairement, cela ne fait pas partie des valeurs de la RTBF [...] À l'époque, nous nous sommes demandé si nous devions la diffuser. La réponse à donner a été très rapidement non. Nous n'avons pas tourné autour de la question pendant trois heures et trois nuits". 

Jean-Pierre Jacqmin conclut en insistant sur le fait qu'une information ne s'achète pas : "Nous achetons des images tournées par des collègues, des journalistes au bout du monde qui sont rémunérés pour leur profession. Cela peut aussi nous arriver de rembourser des frais parce que quelqu'un a une vidéo, qu'il nous la transmet et qu'il demande une somme modique pour le temps que ça a pris (une dizaine ou une centaine d'euros), des montants de rémunération qui représentent un travail qui a eu lieu. Or, ici, ce n'est pas le cas. Ici, je ne suis pas tout à fait sûr s'ils s'agit d'une vente ou d'une extorsion de fonds". 

Retrouvez l’intégralité de son interview sur Auvio.

L'avis des auditeurs...

Daniel de Ganshoren témoigne : "Cela doit être très intéressant. Il ne faut pas passer à côté d'un codétenu qui peut donner des informations. Il ne faut pas donner ça à la justice. La justice elle va nous donner quoi après ? Une partie de ce que le gars a donné ? Je peux proposer un truc. Qu'ils vendent ces images en France et la presse française va se faire un plaisir de diffuser ça. À ce jeu-là, si on sait obtenir des informations, ce n'est pas du voyeurisme, mais il faut absolument avoir des informations. Cela concerne les citoyens. Les informations sont importantes. Si on contacte les parents de Julie et Mélissa, on perd du temps. Il faut prendre les informations et basta. C'est vrai qu'une information ne se vend pas mais on va dire gentiment que ça peut se négocier". 

En revanche, Anne-Marie de Chimay ne partage pas du tout l'avis de Daniel : "Non cela ne m'intéresse absolument pas. Je voudrais ne plus jamais, mais plus jamais, entendre parler de ce type. On fait une publicité pour ce type... Moi je ne veux pas connaître son état d'esprit, je voudrais qu'on en parle plus jamais. Cela ne m'intéresse même pas de savoir quand il pourra partir et tout le reste. Je voudrais oublier son existence et je crois que c'est tout ce qu'il mérite, il demande que ça qu'on parle de lui". 

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C'est vous qui le dites"

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