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L'expert du débat : " Ce n'est pas impossible de trouver des psychiatres mais il faut s'adresser à la bonne porte "

L'expert du débat : " Ce n'est pas impossible de trouver des psychiatres pour donner un 2ème ou 3ème avis mais il faut s'adresser à la bonne porte "
L'expert du débat : " Ce n'est pas impossible de trouver des psychiatres pour donner un 2ème ou 3ème avis mais il faut s'adresser à la bonne porte " - © Tous droits réservés

À 25 ans, Romain souhaite être euthanasié en raison de ses souffrances psychiques. Il demande le soutient de psychiatres dans sa démarche. À 25 ans, c’est un choix qui doit être accepté ?

Romain vit dans la région verviétoise avec sa grand-mère et raconte ses souffrances ce matin dans les éditions de Sudpresse. Il a été abandonné par sa mère à l’âge de 13 ans, son père était schizophrène et il souffre lui-même d’un trouble de la personnalité limite. Il y a deux ans, il a fait une première demande d’euthanasie qu’il vient de réitérer il y a quelques jours. S’il parle de son mal-être dans la presse ce matin, c’est parce qu’il voudrait le soutien de psychiatres qui doivent être plusieurs à valider sa demande afin qu’il puisse partir comme il le désire. Il a déjà fait plusieurs tentatives de suicide mais aimerait pouvoir mettre fin à ses jours de façon plus digne pour ses proches.

À 25 ans, l’euthanasie, c’est un choix qui doit être accepté ? C’est la question que l’on vous posait ce matin.

Voici quelques moments forts de l’émission…

" Ce n’est pas impossible de trouver des psychiatres mais il faut s’adresser à la bonne porte "

L’expert du débat, Jacqueline Herremans, présidente de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité pointe un problème d’information et de formation des médecins : C’est une situation plus difficile à appréhender que lors de demandes d’euthanasie pour des patients atteints de cancer. Pour des cas psychiatriques, il s’agit de prendre du temps. Ce n’est pas impossible de trouver des psychiatres pour donner un deuxième ou troisième avis mais il faut s’adresser à la bonne porte. La première personne à laquelle il faut s’adresser, c’est son médecin traitant. Celui-ci peut demander au Forum End Of Life (EOL) les coordonnées de psychiatres qui pourraient donner un avis qui pourrait intervenir dans le cadre de cette démarche. Le problème c’est que les choses ne sont pas bien connues : il y a ce réflexe de dire qu’il a 25 ans, que ce n’est pas possible. Ce réflexe fait qu’on entend sa demande mais on trouve tous les moyens pour retarder une réponse. "

Retrouver l’intégralité de son interview sur Auvio.

" On n’a pas demandé à naître, on n’a pas demandé à vivre ce qu’on a vécu "

Samir de Charleroi ne soutient pas la demande d’euthanasie de Romain. S’il peut entendre qu’une personne âgée de 90 ans et atteinte d’une pathologie grave demande l’euthanasie, à 25-30 c’est trop jeune parce qu’on peut encore se rétablir : " C’est une question d’humanité. Il a le droit le plus primaire : le droit de vivre. La réponse à la souffrance doit être médicale et médicalisée. On doit venir en aide à cette personne. On parle de souffrance humaine, cette personne est humaine. La vie est trop précieuse que pour être banalisée de cette façon-là. Ça me fait de la peine qu’on banalise la vie humaine de cette façon-là. Je comprends le point de vue de Romain mais la vie humaine est trop précieuse. Nous devons tout faire pour que cette personne se rétablisse. La société doit lui venir en aide. "

Une anonyme de 36 ans est dans la même situation que Romain. Après une tentative de suicide assez grave il y a deux ans, elle va entamer les démarches pour demander le droit à l’euthanasie : " J’ai été abusée pendant des années et j’ai développé une maladie psychiatrique suite à ça : des troubles dissociatifs de l’identité. Je suis sous traitement assez lourd, c’est difficile à vivre et il y a des chocs post-traumatiques suite à ça… Je ne vois pas où je vais ! Je voudrais que ma vie s’arrête maintenant. Mais je n’ai pas un bel avenir et je voudrais avoir ce droit et cette liberté de pouvoir dire non, ça s’arrête, on en reste là. " Elle en a parlé avec son ancien psychiatre qui lui répondait qu’elle était jeune, qu’elle avait la vie devant elle et qu’on allait essayer un autre traitement. Malgré les traitements, elle en est toujours au dans le même état d’esprit : " On n’a pas demandé à naître. On n’a pas demandé à vivre ce qu’on a vécu donc on a le droit de demander, à un moment, que ça s’arrête. Si la vie est inadmissible ou insupportable, pourquoi l’obliger à continuer à vivre ? ! "

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C’est vous qui le dites".

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