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L'expert du débat : "Ce n'est pas gai de se rendre compte que nous sommes passés à côté de quelque chose"

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Une femme de 30 ans a été poignardée dans le train par son ex-compagnon contre qui elle avait déjà déposé six plaintes. C’est une agression qui aurait pu être évitée ?

Fanny avait déjà eu plusieurs problèmes avec son ex-compagnon qui l’avait harcelée, insultée ou même tenté de l’écraser. Elle avait déjà déposé six plaintes auprès de la police avant que ne se produise l’agression d’hier. C’est lorsqu'elle monte dans son train, comme tous les jours, qu’elle sent un regard fixe sur elle, il s’agit de son ex. Quand elle lui demande ce qu’il fait là, il lui explique que comme tout le monde il prend le train, elle veut appeler la police mais l’homme se lève et la frappe violemment. Il lui donne un coup de couteau dans le dos et prend la fuite à l’arrêt suivant. La jeune femme a quitté l’hôpital et s’est réfugiée chez une amie. Quant à l’agresseur, il est toujours actuellement recherché.

C’est une agression qui aurait pu être évitée ? C'est la question que l'on vous posait ce matin dans "C'est vous qui le dites". 

Voici quelques moments forts de l'émission... 

"Dans ce genre de cas, nous avons évidemment un sentiment d'impuissance"

Commissaire Libois, vice-président de la Commission Permanente de la Police Locale est intervenu en tant qu'expert à ce sujet sur notre antenne : "La plupart du temps, lorsqu'une victime vient déposer plainte et qu'il y a des faits criminels qui ont été commis, on rédige un procès-verbal et je vous passe bien sûr toute l'empathie que nous devons avoir par rapport aux victimes et la manière dont nous devons les traiter. Il existe ce qu'on appelle la fonctionnalité d'accueil, c'est-à-dire le contact qui est en première ligne au commissariat. Ces personnes sont triées sur le volet et font l'objet de formations particulières pour être en phase avec la victime au moment d'un dépôt de plainte. La police, de manière autonome, fait des recherches, des vérifications, complète le procès-verbal et à un moment donné, le transmet vers le parquet. Ensuite, le magistrat peut demander au service de police de prendre une série de mesures qui montrent qu'on prend en compte le dépôt de plainte de la victime". 

Face à l'éventuelle lenteur de la justice, le policier peut prendre des initiatives : "La justice s'occupe de pouvoir traduire en justice des auteurs et de les punir de la manière adéquate mais ça n'empêche pas le policier de réagir directement et de faire en sorte de protéger la victime, de prendre des mesures... Le policier ne se retranchera jamais derrière le fait que la justice est éventuellement lente. Il a une initiative à prendre et il la prend dans le meilleur des cas. Une fois que la privation de liberté a été faite par le policier, il doit en référer à un magistrat qui confirme ou non l'arrestation qui a une durée limitée. Si le magistrat estime que la victime est en danger, il peut alors mettre la personne en prison de manière préventive". 

Il n'empêche que quand un drame se produit, les policiers se sentent impuissants : "Nous avons évidemment un sentiment d'impuissance... Quand nous sommes confrontés à des faits comme ceux dont on discute, ce n'est vraiment pas gai de se dire que nous sommes passés à côté de quelque chose. On essaie de se remettre en question. Ce qu'il faut aussi savoir, c'est qu'il y a beaucoup de citoyens qui viennent déposer plainte et qui pensent être des victimes. Or, on se rend compte qu'il n'y a aucune infraction qui a été commise. Maintenant, ce qu'on fait c'est que nous rédigeons une fiche d'informations, avec les faits, les raisons de la plainte afin de garder une trace de cette démarche. Quand la personne revient quatre ou cinq fois, on peut faire attention, une alarme s'enclenche dans notre tête et on se dit qu'il faut faire quelque chose".

Retrouvez l’intégralité de son interview sur Auvio

L'avis des auditeurs...

Du côté des auditeurs, les avis sont partagés...

Pour Mireille d'Aywaille, la police ne peut rien faire, c'est à la justice de prendre des initiatives : "La justice ne suit absolument pas. Je pense que la police en elle-même n'a aucun pouvoir ou en tout cas très peu. [...] La justice ne met aucun veto, ne fait rien du tout. Il faudrait enfermer le coupable un mois ou deux pour qu'il se remette en question et pour qu'il comprenne les risques qu'il encourt. De toute façon, la violence est punissable. Je trouve qu'on devrait donner plus de pouvoir à la police. Maintenant qu'elle soit limitée dans certaines choses, c'est normal. [...] Je suis sûre que si on leur donnait un peu plus de pouvoir il y aurait moins de délinquance". 

Marie-Rose de Charleroi est, elle, actuellement incarcérée. Battue par son compagnon, elle a fini par le tuer... Pour elle, la justice n'a pas fait ce qu'il fallait : "J'ai connu la violence. Ce coup de couteau n'aurait pas pu être évité. J'en veux à la justice qui a mal fait son travail. J'alertais la police à chaque fois que j'étais battue. Elle venait et emmenait mon compagnon au commissariat et 2-3 heures plus tard, on le relâchait. Quand vous êtes battue, vous avez toujours peur de votre agresseur. Je suis en prison parce que je me suis défendue ! J'ai été battue pendant 11 ans, rien n'a bougé, rien n'a été fait et maintenant, je me retrouve avec un mort sur la conscience." 

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C’est vous qui le dites".

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