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L’enseignement inclusif, c’est vraiment trop difficile ?

La Belgique a été condamnée par l’Europe pour manque d’inclusion scolaire des enfants avec un handicap intellectuel. Ce que l’Europe reproche à la Belgique, c’est que souvent les parents n’ont pas le choix, ils essuient des refus dans les écoles ordinaires et se retrouvent dans l’obligation d’inscrire leurs enfants dans l’enseignement spécialisé. Les écoles qui refusent l’inclusion parlent de problèmes financiers ou logistiques pour l’accompagnement de ces enfants.

L’enseignement inclusif, c’est vraiment trop difficile ? C’est la question que l’on vous posait ce matin dans "C’est vous qui le dites".

Voici quelques moments forts de l’émission…

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© kali9 – Getty Images

"Marre ces étiquettes négatives qu’on colle à l’enseignement spécialisé !"

Jeanine, une auditrice originaire de Seraing, dans la province de Liège, est intervenue à ce sujet sur notre antenne : "Je suis une institutrice primaire à la retraite et j’ai un fils trisomique et autiste. J’ai travaillé dans l’enseignement spécialisé et dans l’enseignement ordinaire, et je suis vraiment fatiguée de ces étiquettes négatives qu’on colle à l’enseignement spécialisé : "ça fait peur", "ce sont des handicapés"… Ce n’est pas ça du tout ! Je dirais que dans 90% des cas ont leur place là-bas, mais le problème vient de cette étiquette et de la réticence des parents."

C’est une démarche difficile qui est vue comme une marche arrière dans l’évolution de l’enfant

"Mais une fois que les parents voient l’évolution de leur enfant, ils reviennent sur leurs idées préconçues. J’ai été directrice d’une école spécialisée et en 5 ans, je n’ai jamais entendu des parents regretter leur choix. Il est vrai que comme dans toutes les écoles, il y a des enseignants plus motivés que d’autres. Et c’est malheureux qu’il n’existe pas de formation, mais je vous assure que les enseignants qui ne le sentent pas, ils ne restent pas dans le spécialisé.
Je pense qu’il faut mettre des moyens dans l’enseignement spécialisé pour pouvoir ensuite réintégrer correctement les enfants dans l’ordinaire le plus souvent possible. Pour moi il ne faut pas plus d’enseignement inclusif, il nous faut juste plus de moyens."

 

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© Maskot – Getty Images

"On les met de côté"

Pour cette personne anonyme, il s’agit d’un manque de volonté, d’un manque de formation et d’un manque de financement : "C’est aussi un problème de mentalité de manière générale : à partir du moment où il existe un enseignement spécialisé, il y a ségrégation, on les met de côté. Si tous les enfants étaient ensemble dès la maternelle, toutes formes de handicap confondues, les enfants ne se rendraient pas compte des différences. Dans l’enseignement spécialisé, les cursus sont tout à fait différents, lorsqu’un enfant doit retrouver l’enseignement ordinaire, c’est compliqué car les objectifs et les rythmes des cours sont différents. Il s’adapte plus facilement à l’enseignement ordinaire seulement s’il a un trouble léger. Malheureusement, les enseignants ne sont pas formés à ça, ce n’est pas comme en médecine par exemple."

 

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© dmphoto – Getty Images

"On devrait tous pouvoir intégrer les espaces de manière égalitaire"

Enfin, du côté de Bruxelles, Naomi ne pense pas que ce soit aussi difficile : "C’est surtout un manque de volonté de la part des écoles et du gouvernement d’altérer la structure de l’enseignement ordinaire. Ça ne leur convient pas de modifier car ça fait partie de tout le système d’éducation en Belgique : si on rend les écoles accessibles, ça veut dire qu’il faut rendre une multitude d’autres espaces accessibles. Il y a une certaine volonté de bloquer cela de la part du gouvernement. Ils étaient conscients du problème avant que l’Europe s’en mêle et ils peuvent faire autant de réunions qu’ils veulent, il n’y a rien de concret. Ce qui me choque ce n’est pas la stigmatisation du label, c’est le fait qu’on devrait tous pouvoir intégrer les espaces de manière égalitaire."

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C’est vous qui le dites" et à revoir l’émission sur Auvio. Nous vous donnons rendez-vous du lundi au vendredi de 9h à 10h30 sur VivaCité et La Une pour trois nouveaux débats.

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