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" L'agent de probation demande une fois par mois si les conditions sont respectées et ne vérifie pas"

" L'agent de probation demande une fois par mois si les conditions sont respectées "
" L'agent de probation demande une fois par mois si les conditions sont respectées " - © Tous droits réservés

C’est le drame qui secoue toute la Belgique ce matin. Celui d’Aurélie sauvagement assassinée par son ancien compagnon qui venait d’être libéré quelques jours plus tôt à la condition de ne plus entrer en contact avec elle. Les conditions de libération, ça sert vraiment à quelque chose ?

C’est ce vendredi 1er novembre que le corps sans vie d’Aurélie a été retrouvé. L’auteur, en aveux, n’est autre que son ancien compagnon qui dans un déchaînement de violence l’a tué à coups de briques et d’objets contondants. Difficile pour la justice de croire à un simple coup de sang quand on se souvient qu’à la mi-septembre, Aurélie avait déjà porté plainte contre lui pour coups et blessures, que cet homme avait même été placé sous mandat d’arrêt et incarcéré avant d’être relâché quelques jours plus tard à certaines conditions dont celle de ne plus rentrer en contact avec Aurélie. Ce 1er novembre, c’est pourtant bien lui qui a commis l’irréparable.

Les conditions de libération, ça sert vraiment à quelque chose ? C’es la question que l’on vous posait ce matin dans " C’est vous qui le dites ".

Une anonyme libérée sous conditions a dénoncé ce matin sur notre antenne les conditions de libération : " On va chez l’agent de probation une fois par mois et ils vous demandent si les conditions sont respectées. Si vous ne les respectez pas, vous dites oui et ça passe. Je remets en cause la libération sous conditions et l’agent de probation. Il faut venir voir à domicile et voir qui respecte bien les conditions et ne pas donner la parole du condamné à l’agent de probation. L’agent de probation on le voit une fois par mois, ça ne suffit pas. Il y a un GPS dans les bracelets électroniques et on sait où est la personne et à quel moment. "

Pour Sarah de Hamme (Termonde) en Flandre, " les conditions ne sont pas suffisantes. J’ai aussi été déposer plainte je ne sais combien de fois contre mon ex-compagnon. J’ai vécu pendant 5 ans avec lui et il a été diagnostiqué pervers narcissique. La police venait chez nous régulièrement et elle nous disait qu’elle ne pouvait rien faire tant qu’il n’a pas attenté quelque chose contre moi. Le 11 octobre dernier, la pire date de ma vie, j’ai failli mourir sous ses coups et ça a été une délivrance pour moi. Il a été arrêté et mis en prison pendant 24 heures en prisons ans puis libéré immédiatement sous conditions : pas de contact pendant 3 mois, interdiction de vivre avec moi et immédiatement radié du domicile. Mais il n’y a aucun contrôle sur ses conditions : on ne peut pas mettre un policier derrière chaque personne qui a une interdiction de contact. C’est malheureux à dire mais nous sommes des cibles vivantes et la personne qui a cette interdiction de contact est le chasseur ! C’est inévitable sauf si la personne est en prison pendant X temps et qu’elle sort de prison avec un contrôle derrière. Je vis tout le temps dans la peur. J’imagine la peur que cette maman, Aurélie, a ressentie, c’est vraiment terrible. "

Libération sous conditions, une aide à la réinsertion ?

Une autre personne a témoigné anonymement en voulant montrer l’importance de la libération sous conditions dans la réinsertion des anciens détenus : " Ça fait plus de trois ans que je suis dehors et je connais plusieurs personnes qui sont sorties en même temps que mois et elles ont prouvé qu’on pouvait s’en sortir en travaillant même bénévolement, en s’occupant pour pas déconner. Tous les mois, je passe comme le veut la loi et il faut tout justifier, des preuves de tout ce que tu as fait de ta semaine. C’est impossible de passer à travers et de raconter n’importe quoi. Je n’avais pas de bracelet électronique et ça fait plus de trois ans que je suis dehors. Je suis ce qu’on me dit de faire. Je vais presque tous les jours travailler bénévolement chez des particuliers. Je parviens à m’en sortir ! "

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C'est vous qui le dites"

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