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Journée contre les violences faites aux femmes : "Dès la première gifle, il faut porter plainte !" témoigne Carole

Deux propositions de loi, visant à inscrire le terme "féminicide" dans le Code pénal, ont été déposées hier en Commission Justice de la Chambre, c’est le journal Le Soir qui en parle ce matin. Depuis le 1er janvier de cette année, on compte déjà 21 femmes qui ont été tuées par leur compagnon actuel ou un ex, dont 4 en une semaine, entre le 10 et le 17 novembre.

En cette Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, la question est de savoir si l’ajout de féminicide au Code pénal est une solution pour mettre fin à ces violences ? C'est la question que l'on vous posait ce matin dans "C'est vous qui le dites". 

Voici quelques moments forts de l'émission… 

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Carole il faut déposer plainte dès la première claque © Tous droits réservés

"C'est très important mais pas suffisant..."

Carole, une auditrice originaire de Malmedy, en province de Liège, est intervenue à ce sujet sur notre antenne : "C'est très important d'inscrire cette notion de "féminicide" au Code pénal mais ce n'est pas suffisant... J'ai été victime de violence conjugale, ça s'est terminé il y a 5 ans et j'y pense encore très régulièrement... Il m'a fallu le temps d'aller déposer plainte parce que je me sentais responsable, j'ai pourtant du caractère mais je me disais que ça allait passer... J'ai eu la chance d'être écoutée et orientée lorsque j'ai fini par déposer plainte mais le souci est que la justice est trop lente et en attendant le jugement, je continuais à être frappée par mon ex-conjoint... Il aurait fallu qu'on le prive de liberté dès ma plainte."

Dès la première gifle, toute femme doit pouvoir être entendue et ne pas attendre plus longtemps avant de réagir !

Des années plus tard, Carole réalise qu'elle aurait dû le dénoncer dès la première gifle. Elle le conseille d'ailleurs à toutes les femmes qui en sont un jour victimes : "Beaucoup de femmes se disent que ce n'est pas si grave une gifle et elles finissent par pardonner... Mais dès la première gifle, toute femme doit pouvoir être entendue et ne pas attendre plus longtemps avant de réagir ! Et si pas porter plainte, elle doit pouvoir se confier ! Des assistantes sociales sont là pour vous écouter, parlez, n'hésitez pas ! Je ne l'ai pas fait à l'époque et aujourd'hui encore, je me demande pourquoi... Je pensais pouvoir le soigner mais dès la première gifle, j'aurais dû réagir et porter plainte..." 

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Carole il faut déposer plainte dès la première claque © Tous droits réservés

"Sur le terrain, ça ne va pas changer grand chose..."

Direction Arlon, en province de Luxembourg, où Sophie témoigne : "Le problème est que, sur le terrain, ça ne va pas changer grand chose... On parle beaucoup de coups quand on parle de violence conjugale mais il y a également la violence psychologique et il n'y a aucune preuve dans ce cas-là, pourtant c'est un abrutissement de la personne en permanence ! J'ai connu ça pendant 15 ans, je ne m'en suis pas rendue compte, je culpabilisais énormément, tout ce que je faisais était mal fait, cette violence est un travail sur le mental de la personne et à force, on ne se reconnaît plus... Personnellement, ça m'a conduit à l’hôpital, je m'autodétruisais, j'en ai fait des nécroses de certains organes suite à ce stress permanent... C'est très difficile de s'en sortir, c'est une remise en question permanente de soi-même. Pour ma part, il a fallu qu'il en arrive à la violence physique pour ne plus pouvoir le cacher... Quand il a levé la main la première fois, je lui ai dit que je n'étais que sa p*** et il m'a dit qu'il allait me montrer ce qu'était une p*** et ça s'est fini par un viol..."

Quand vous vous prenez plusieurs refus, vous n'y retournez plus car vous avez l'impression de ne pas être entendue ou que c'est vous qui exagérez...

Pour Sophie, ce qui est primordial, c'est de pouvoir se confier auprès de personnes formées et qualifiées : "Quand vous décidez de porter plainte, la police n'est pas formée pour ça et souvent, les policiers dédramatisent la situation... Et quand vous vous prenez plusieurs refus, vous n'y retournez plus car vous avez l'impression de ne pas être entendue ou que c'est vous qui exagérez... Il faut que quelqu'un soit formé pour prendre en main notre dossier. [...] De mon côté, malgré toutes mes plaintes, c'est allé jusqu'au procureur du Roi mais ça a été classé sans suite ! Or, la personne dénoncée est au courant de vos plaintes donc dans une situation pareille, vous ravivez la haine de cette personne à votre égard et ça peut être très dangereux sans suivi..."

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Carole il faut déposer plainte dès la première claque © Tous droits réservés

"Il faut plus de personnes relais"

Enfin, du côté de Perwez, dans le Brabant wallon,  Linda conclut : "C'est déjà un grand pas mais ce ne sera pas suffisant... Dans notre commune, la petite fille d'une amie, qui a un institut de beauté, a mis en place une procédure qui permet de relayer l'information à la police : par exemple, si vous commandez un eye-liner bleu, ça signifie que vous êtes battue. Elle demande alors votre adresse pour la livraison et elle appelle en fait la police pour venir à votre secours... Il faut plus d'initiatives de ce style et de personnes relais. Plus le message sera relayé, plus les femmes battues seront aidées. Les violences faites aux femmes ne sont pas assez prises au sérieux... Je voudrais que les femmes arrivent à aller porter plainte dès la première claque, et qu'on punisse plus sévèrement ces hommes qui frappent des femmes... Il n' y a aucune excuse à donner pour la moindre gifle ! Dès la première, il faut porter plainte !"

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C’est vous qui le dites" et à revoir l'émission sur Auvio. Nous vous donnons rendez-vous du lundi au vendredi de 9h à 10h30 sur VivaCité et La Une pour trois nouveaux débats

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