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Jean-Claude : " Si je suis bloqué au barrage, je ne sais pas comment je réagirai ! "

Après le décès d’un des leurs, les Gilets jaunes vont s’organiser contre les camions qui voudraient forcer les barrages et envisagent de crever leurs pneus ou arracher les câbles hydrauliques. S’en prendre aux camions, c’est le bon combat ?

Un Gilet jaune annonce dans les éditions de Sudpresse qu’après le décès de Roger, écrasé par un camion vendredi dernier, le mouvement va se durcir. Karim, manifestant de la première heure, explique que les barrages seront organisés avec plus de sécurité, qu’ils ne tenteront plus d’arrêter les camions avec leur corps mais qu’ils envisagent d’autres techniques comme activer le bouton d’arrêt d’urgence à l’extérieur des poids-lourds, arracher les câbles hydrauliques qui relient la cabine à la remorque ou crever les pneus.

S’en prendre aux camions, c’est le bon combat ? C'est la question que l'on vous posait ce matin dans "C'est vous qui le dites".

Pour Jean-Claude de Malmedy ce n'est pas le bon combat et pour cause, ce dernier est camionneur : " Je suis chauffeur et il faut savoir qu'un véhicule, ça coûte très cher. J'estime qu'ils n'ont pas à bloquer des camions sur les autoroutes. Si j'arrive à un barrage, je ne vais pas m'arrêter parce que je ne sais pas sur qui je vais tomber. Surtout avec tout ce qu'on entend. Il y a eu des chauffeurs tabassés, on a brûlé des camions. Je trouve ce comportement absolument inadmissible ! Jusqu'à présent, je n'ai pas été bloqué et j'espère que je ne le serai pas. Je ne sais pas comment je réagirai au moment où j'arriverai devant le barrage. Il faut voir l'état, le temps, nous avons des timing à respecter, des clients à servir et j'estime qu'on n'a pas à arrêter des gens qui travaillent ".

" Si on nous arrête, nous ne gagnons plus notre vie ! "

Pour Jean-Claude, cela ne sert à rien de s'en prendre aux camions puisqu'ils sont sur le même pied d'égalité que les autres citoyens : " Nous sommes exactement sur le même piédestal que tout le monde. Si on nous arrête, on n'a plus rien, on ne gagne plus notre vie. Les chauffeurs qui sont arrêtés ne sont plus payés parce que les patrons ne peuvent pas se permettre de rémunérer un chauffeur pendant des heures. Les Gilets jaunes ne comprennent pas que les gens qui sont assis dans un camion doivent rouler. Nous tenons 27 jours de rapport avec nous, si dans 26 jours nous sommes arrêtés en France et que nous avons dépassé nos heures, nous risquons d'avoir un procès qui peut monter jusqu'à 2000 ou 3000 euros. J'espère qu'on ne m'arrêtera pas parce que je ne me laisserai pas faire. La loi dit qu'ils n'ont pas à toucher à un véhicule d'autant plus que ça va m'occasionner des dégâts et que je vais encore devoir payer pour les réparations ".

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