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Interdiction du voile dans une salle de fitness à Liège : discrimination ou question de sécurité ?

Une maman et sa fille, Khadija et Ilham, viennent d’être exclues d’une salle de sport de Liège où elles étaient inscrites depuis 2013 à cause de leur voile. Pourquoi le voile, leur Hijab, n’était-il pas un problème avant et pourquoi est-il tout à coup devenu un problème pour " Life Style Fitness " ?

Lundi dernier, la manager de la salle de sport vient trouver Khadija sur son tapis de course et lui demande d’enlever son hijab. La Meuse raconte alors que Khadija, une fois chez elle, parcourt le règlement de la salle mais ne trouve aucune trace de l’interdiction du voile. Deux jours plus tard, mère et fille retournent à la salle avec leur voile. Après une explication houleuse, les deux femmes ont été exclues.

Delphine, manager de Life Style Fitness à Liège: "Lundi, je suis allée trouver Khadija pour lui faire une remarque sur le fait que sa tenue n'était pas adaptée au niveau du fitness. J'étais obligée de lui faire la remarque pour faire respecter les différentes règles et je lui ai bien dit que ce n'était pas personnel. C'était une question de sécurité, ça aurait été une écharpe, je lui aurais également fait la remarque. C'est dangereux, ça peut se coincer dans le rail du circuit du tapis de course."

Cependant, la charte ne spécifie pas que le voile est interdit. Un fait que Delphine reconnaît et explique par le fait que : "Dans notre charte, on demande une tenue adaptée au sport. Maintenant, on ne pas trop détailler et chipoter et encore moins interdire le voile puisque ce serait de la discrimination. On ne peut pas tout spécifier, c'est impossible. J'ai juste demandé à Khadija de trouver une solution concernant son voile pour que cela ne pose pas de problèmes de sécurité et non pas parce que son voile, lui-même, me posait un problème."

De son côté Khadija reproche au Club de fitness de ne lui avoir jamais fait la remarque alors qu'elle y est inscrite depuis 2013. Delphine poursuit et s'explique à ce sujet : "Khadija et Ilham se sont inscrites en 2013 mais c'était une autre équipe qui gérait la salle. Elles se sont ensuite réinscrites cette année, au mois de mai dernier, avec notre nouvelle équipe. Mais elles ne sont pas venues assez souvent pour que je les voie s'entraîner avec le voile ou en tout cas, je n'ai jamais eu l'occasion de les voir s'entraîner avec le voile. Alors oui, c'est ma responsabilité de gérer ce genre de situation et c'est une incompétence de ma part. Mais me suspecter de raciste n'est pas légitime. On est très loin du sujet. J'ai compris qu'on avait envie de me détester, de me haïr et de dénoncer mon manque de professionnalisme mais de dénoncer le racisme n'est pas légitime!"

Delphine souligne qu'elle a été agressée lors du retour à la salle de Khadija accompagnée, cette fois, de sa maman Ilham: "Quand j'ai parlé à Khadija lundi, je l'ai fait gentiment en précisant que ce n'était pas personnel et qu'il ne fallait pas mal prendre ma remarque, que je devais faire respecter les règles à mes clients. Le mercredi, quand elle est revenue avec sa maman, je leur ai demandé comment elles allaient et si elles avaient trouvé une solution et je me suis directement faite agressée par la maman. Elle m'a reprochée d'avoir agressé et humilié sa fille alors que c'est totalement faux! Elles m'ont dit que je n'étais qu'une raciste et qu'elles dénoncaient cela via un document qu'elles m'ont donnée à la salle. Alors qu'en aucun cas nous ne sommes racistes et aucun cas, nous n'avons agressé Khadija avec ma collègue lundi."

Adapter la charte de la salle de fitness est une idée comme une autre mais Delphine va premièrement devoir en discuter avec ses avocats à qui elle a fait appel pour déposer plainte pour diffamation et calmonie: "On va discuter de la modification de la charte vec nos avocats car nous n'avons jamais eu de problèmes avec nos clients de différentes cultures. C'est bien la première fois qu'on doit se retourner à ce niveau-là. Et nous verrons comment agir à l'avenir."

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