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Geoffrey : "Je n'avais pas conscience que c'était de la violence conjugale !"

Chaque jour, 42 appels sont passés sur la ligne d’écoute pour les victimes de violences conjugales. Que faut-il pour que ce nombre diminue ?

La ligne d’écoute pour les victimes de violences conjugales a été lancée en 2009 et a reçu plus de 15000 appels l’année dernière, soit 42 appels par jour en moyenne. Dans La DH de ce matin, le créateur de ce numéro rappelle que la violence n’est pas obligatoirement physique et que la séparation n’est pas toujours la solution précisant que 80% des féminicides sont commis par des ex-conjoints.

42 appels par jour, que faut-il pour que ce nombre diminue ? C’est la question que l’on vous posait ce matin dans " C’est vous qui le dites ".

Geoffrey, un auditeur originaire de Braine-l'Alleud, est intervenu sur notre antenne : "Je pense qu'il faudrait que les auteurs conscientisent mieux leurs actes. Moi, j'étais auteur de violence morale... J'étais avec quelqu'un, ça se passait de moins en moins bien, la situation a commencé à dégénérer, de plus en plus de crises de colère, je cassais des choses, etc. Bref, je me comportais comme un idiot pour rester poli. À l'époque, il y a 12 ans, je n'avais pas conscience que c'était de la violence, j'étais jeune et pour moi, crier ou taper son poing dans le mur, c'était justement éviter d'être violent ! Or, il faut regarder la scène de l'extérieur et voir deux personnes: l'une, figée sur place les yeux plein de larmes et l'autre qui, pour se défouler, est en train de péter tout ce qui se trouve autour de lui. Donc c'est un premier problème : le manque de conscientisation. Cette prise de conscience démarre quand il y a un déclic, maintenant chaque personne est différente. Et la prévention peut aider ; expliquer les choses dès le plus jeune âge comme l'égalité homme-femme, le respect d'autrui, etc. Deuxièmement, la prise en charge à la police doit s'améliorer. Moi, j'ai été appelé par la police et je me suis rendu sur place et j'ai appris qu'on m'appelait pour coups et blessures et que la personne qui voulait me recevoir n'avait pas voulu tellement j'avais été décrit comme un monstre ... Sur place, le commissaire qui m'a reçu m'a dit : "Monsieur, vous devez comprendre que 90% des femmes sont des s****** !" Je suis resté choqué par sa déclaration. Bien que certaines choses avaient été exagérées lors de la plainte selon moi, les propos du commissaire étaient déplacés."

"L'écoute n'existe pas ..."

Deux auditrices, victimes de violences conjugales, ont accepté d'intervenir sur notre antenne mais sous couvert de l'anonymat. 

Tout d'abord, une auditrice - qui s'est séparée il y a deux mois de son compagnon violent - a témoigné : "L'écoute n'existe pas. Le service d'écoute de violences conjugales est bien souvent inaccessible le week-end et en soirée or, les violences ont souvent lieu dans cette période. Moi, il n'y'a jamais eu personne qui m'a répondu. À la police, quand vous allez déposer plainte on vous regarde comme un extraterrestre et on vous dit presque que vous méritez les coups et à l'hôpital, ça dépend. Parce qu'en général, les auteurs de violence sont irréprochables à l'extérieur, mais à domicile, c'est autre chose. Je suis séparée mais j'ai toujours peur, en plus je n'habite pas loin de chez lui et il va me falloir des années pour me reconstruire. Il faudrait que les coupables soient punis ! Il faut trouver une solution pour les blesser, pour les atteindre ou pour dédommager les victimes. Enfin, moi, je ne demande rien sauf qu'il me foute la paix ! Mais quand ils ont juste une mise en garde et un casier judiciaire, ça ne change rien à leur vie..."

Ensuite, une autre victime a donné son point de vue : " À l'époque, il n'y avait pas le numéro d'appel donc c'était beaucoup plus compliqué. Je trouve qu'on a déjà fait pas mal de progrès et que cette écoute est importante. Moi, je me suis retrouvée seule face à mes problèmes et mon cas n'était pas facile puisque j'étais l'épouse d'un policier donc déposer plainte au commissariat où votre mari travaille, c'est très compliqué... J'ai été reçue toute porte fermée pour qu'on ne me voie pas. On m'a rappelée quelque temps après pour me dire qu'on lui avait remonté les bretelles mais ma plainte n'a jamais abouti et il est même monté en grade donc mon appel n'a pas été écouté efficacement. Et mon cas n'est pas unique, je connais beaucoup de femmes de policier battues mais comment voulez-vous qu'un policier qui fait pareil écoute une autre victime ? Je ne dis pas que tous les policiers battent leur femme. Mais je pense qu'il faudrait un autre service que la police pour les plaintes de violence conjugales."

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C’est vous qui le dites".

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