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Faible nombre d'autopsies en Belgique... Comment est-ce possible de passer à côté d'autant de meurtres ?

Le faible nombre d’autopsies pratiquées dans notre pays aurait pour conséquence qu’un meurtre sur deux ne serait pas réellement détecté selon un député - Philippe Goffin - qui a interpellé le ministre de la Justice à ce sujet. Comment est-ce possible de passer à côté d’autant de meurtres ?

C’est dans les journaux de Sudpresse que l’interpellation d’un député fédéral au ministre de la Justice est relayée. Beaucoup d’erreurs d’autopsies amènent à des conséquences fâcheuses. Un exemple est donné. Un homme est mort en pleine rue en avril dernier, son corps est examiné par un médecin qui conclut que la mort est naturelle. C’est un employé des pompes funèbres qui finira par se rendre compte que l’homme avait été victime d’un coup de couteau dans le dos que personne n’avait remarqué. Comment est-ce possible de passer à côté d’autant de meurtres ?

Philippe Goffin, Président de la Commission de la Justice et député fédéral: " Au fait, la difficulté dans notre pays est de disposer de statistiques complètes donc ce que nous avons fait est une extrapolation par rapport à ce qui se passe en Allemagne et en France. L'Allemagne a une culture bien plus avancée que nous par rapport aux autopsies légales qui sont pratiquées. Si on regarde les chiffres allemands - et il n'y a pas de raison que ce soit fondamentalement différent chez nous - on constate malheureusement qu'on passe encore à côté d'homicides volontaires qui passent pour une mort naturelle."

Tout le problème de l'autopsie réalisée comme il se doit réside dans le fait qu'elle ne doit pas forcément être réalisée par un médecin légiste poursuit Philippe Goffin : "Il faut savoir que la décision de pratiquer une autopsie relève de l'autorité du procureur du Roi qui peut considérer qu'on est fasse à une mort suspecte et dans ce cas-là, il fait appel à deux médecins. La loi aujourd'hui n'oblige pas l'appel ou le recours à un médecin légiste donc ça peut être un médecin généraliste qui fait les constatations et comme le dit Philippe Boxho - un médecin légiste reconnu - c'est un métier bien particulier et il faut des connaissances bien particulières pour pouvoir faire une autopsie jusqu'au bout. Alors bien entendu, le médecin généraliste qui va le faire a reçu lui-même une formation mais on s'aperçoit que dans certains cas malheureusement, le médecin légiste est peut-être plus affirmé et donc le médecin généraliste avec la meilleure volonté du monde peut passer à côté d'un homicide volontaire."

Le nœud du problème est également dû à la pénurie de médecins légistes en Belgique : "La difficulté est double: premier élément; il n'y a pas beaucoup de médecins légistes en Belgique, il y en a une petite vingtaine donc c'est très peu. Deuxième élément: le code d'instruction criminelle donc de la procédure pénale n'impose pas au parquet de recourir à un médecin légiste. C'est une formation longue : 5 ans complémentaires aux études de médecine donc peu se lancent dans cette spécialisation. L'idée très concrète pour résorber un peu cette difficulté, c'est peut-être de faire une formation complémentaire qui ne soit pas aussi poussée que la spécialisation de médecin légiste mais de quand même donner d'autres outils et d'autres armes aux médecins généralistes pour qu'ils puissent évaluer au mieux les situations. Car quand un décès se produit, le médecin le plus proche de cette personne est le mieux placé pour déjà considérer si on est face à une mort naturelle ou pas. Par contre, quand vous faites face à un suicide, des questions se posent évidemment, le constat doit être fait par un médecin généraliste avec la présence de la police et s'il y a des doutes, c'est alors au parquet de prendre la décision de faire une autopsie via médecine légale."

Philippe Goffin conclut par la proposition que son parti va faire au ministre de la Justice : "Au niveau du groupe MR, nous allons déposer une proposition pour essayer de renforcer un petit peu les éléments disponibles aujourd'hui et imposer dans certaines circonstances l'appel à un médecin légiste."

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