C'est vous qui le dites

Du lundi au vendredi de 09:00 à 10:30 sur Vivacité

Plus d'infos

Dutroux : l'avocat a envoyé une lettre aux familles des victimes... C'est de la manipulation ?

L'avocat de Marc Dutroux a envoyé une lettre aux familles des victimes... C'est que de la manipulation ?
L'avocat de Marc Dutroux a envoyé une lettre aux familles des victimes... C'est que de la manipulation ? - © Tous droits réservés

La lettre tant annoncée de l’avocat de Marc Dutroux a été envoyée… L’avocat de Jean-Denis Lejeune et de Laetitia Delhez dit que Marc Dutroux se sert des victimes, les papas d’An et Eefje parlent d’un cirque… Voyez-vous uniquement de la manipulation dans ce courrier ?

Maître Dayez, l’avocat de Marc Dutroux, a fait parvenir aux familles des victimes et aux victimes survivantes un courrier dans lequel il explique, entre autres, que la démarche ne vise pas à polémiquer ni raviver les plaies mais à essayer de contribuer à les cicatriser. Dans la foulée, l’avocat de Jean-Denis Lejeune et de Laetitia Delhez a réagi en expliquant que cette lettre n’était qu’une pièce de procédure destinée au tribunal d’application des peines en vue de la demande de libération conditionnelle, que Marc Dutroux se sert des victimes. Voyez-vous uniquement de la manipulation dans ce courrier ?

Maître Bruno Dayez, l'avocat de Marc Dutroux : " Ce n’est pas une stratégie, le mot est péjoratif. Mais ça rentre dans une logique de défense donc c’est une démarche qui a été mûrement réfléchie et qui se fait à visage découvert. Je n’ai jamais masqué, depuis plus d'un an, le fait que in fine j’essayerai de postuler une libération conditionnelle pour Marc Dutroux et ceci n’est qu’une des étapes indispensables dans ce processus puisqu’en droit belge on a associé les victimes au stade de l’exécution des peines. Donc, le tribunal d’exécution des peines doit notamment jauger l’attitude du condamné à l’égard des victimes. "

" Il a eu cent fois le temps de méditer sur sa conduite »

À tous ceux qui voient Marc Dutroux comme un psychopathe, un monstre froid, quelqu’un qui est insusceptible de remords, l'avocat rétorque : " Vous ne pouvez pas mettre entre parenthèses fait que 22 ans se sont écoulés depuis son arrestation, il est détenu dans des conditions strictes qui rendraient un homme normal fou ou suicidaire. Il a eu cent fois le temps de méditer sur sa conduite. " Je considère qu’aujourd’hui le fruit est mûr et qu’il pouvait faire un pas en direction des victimes notamment pour exprimer ses regrets s’il le sollicitait ou pour répondre à n’importe quel type de requête qu’elles auraient à son égard. "

Une vraie volonté de répondre à des questions

Brunon Dayez insiste, il n'y a aucune malveillance derrière cette lettre : " Après cette étape, il y en a encore deux autres qui sont autant de troncs d’arbre sur ma route :  la question de la dangerosité de Marc Dutroux sera le fait d’experts psychiatres et la question de son reclassement. La libération conditionnelle de Dutroux n’est pas pour demain mais c’est mon job et je travaille dans cette direction. Il n’y a pas de malveillance ni aucune mauvaise intention. Cette lettre a été écrite après que nous ayons passé de nombreuses heures ensemble. Mon client et moi avons convenu qu’il était temps d’entreprendre cette démarche. S’il y a des questions, oui, il y apportera une réponse sans ambiguïté. Maintenant c’est la vérité selon Marc Dutroux. Je ne suis pas garant de la vérité, je n’ai aucun accès privilégié à la vérité. Je pars dans l’idée que nous sommes dans une relation de confiance mutuelle et que mon client ne me dupe pas de façon à ce que je ne fasse rien sans son aval. "

Des victimes aussi leader d'opinion

Maître Dayez regrette certaines réactions des victimes : " Il est fort dommage qu’on ait ébruité le contenu de la lettre avant que ses destinataires la reçoivent. Je m’adresse nommément à ses destinataires et la lettre est, de mon point de vue, confidentielle. Je leur réservais la possibilité de la sortir de toute la publicité qu’ils souhaitaient. J’ai un peu l’impression que certaines victimes, je pèse mes mots, sont prises entre deux statuts : elles ont le statut de victime que je respecte (ma démarche est très respectueuse) mais elles ont aussi le statut, peut-être à leur corps défendant, de leader d’opinion ce qui fait M. Lejeune a pris cet écho de manière générale en faveur de la détention à perpétuité des assassins ou meurtriers d’enfants. Il mène un combat qui est fait très largement. Il n’est plus seulement victime, le papa de Julie est aussi le défenseur d’une cause. Je regrette d’avoir affaire à une sorte de lobby des victimes plutôt qu’aux victimes en personne. Je suis ouvert à toute forme de communication. C’est vraiment un pas en faveur des victimes et certainement pas une démarche qu’on pourrait qualifier de malsaine ou d’ignoble. "

Newsletter Vivacité

Recevez chaque vendredi matin les événements, concours et l’actu Vivacité.

OK