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Crise sanitaire : Alysson, une indépendante liégeoise de 24 ans, met fin à ses jours

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Alysson avait 24 ans, elle s’était lancée dans son activité de barbière au mois d’août dernier. Face aux difficultés financières liées à la crise du coronavirus, elle a mis fin à ses jours. Il y a quelques jours, elle exprimait ses difficultés et sa détermination à ne pas mettre un terme à son projet, contrairement aux conseils de sa comptable. Ces dernières heures, elle est devenue le symbole de la difficulté des indépendants en cette période.

Les indépendants sont-ils abandonnés ? Peut-on encore éviter d’autres drames ? C'est la question que l'on vous posait ce matin dans "C'est vous qui le dites". 

Voici quelques moments forts de l'émission… 

"Si ça continue comme ça, il y aura d'autres Alysson !"

Misha, une indépendante originaire d'Hélécine, dans le Brabant wallon, est intervenue à ce sujet sur notre antenne : "La communication est un gros problème, on ne communique pas assez bien les infos et 75% des indépendants n'ont toujours pas touché leur droit passerelle et certains n'ont même pas encore touché leur prime régionale ! Si le gouvernement n'agit pas maintenant, dans l'immédiat, il y aura d'autres Alysson ! Ça fait 7 mois qu'on nous bassine qu'il y aura une seconde vague et pourtant, ils n'ont jamais travaillé sur du long terme mais travaillent toujours dans l'urgence et oublient l'essentiel ! Allez dire à des indépendants que leur commerce n'est pas essentiel ! Le travail d'Alysson, c'était sa vie, sa dignité ! Et elle voulait le sauver et se prouver qu'elle pouvait y arriver ! Elle a appelé à l'aide mais personne ne l'a écoutée et elle a fini par mettre fin à ses jours !"

Les gens passent leur journée au téléphone pour leurs paiements sans aucun retour, c'est une honte !

Misha poursuit sur sa lancée en dénonçant le manque de retour de la part des autorités : "Quand on appelle le secrétariat social, peu importe l’organisme, on nous répond dit qu'il n'y pas encore d'accord du gouvernement donc il y a beaucoup d'échanges de mails mais rien de concret. Résultat : les gens passent leur journée au téléphone pour leurs paiements sans aucun retour, c'est une honte !"

"J'étais proche du suicide en juin dernier..."

Direction Bruxelles à présent, où Robert témoigne : "La Belgique est le 5e pays d’Europe où le taux de suicide est le plus élevé, 6 personnes se suicident chaque jour, ce qui fait 6 familles supplémentaires endeuillées... J'ai connu cette situation en juin dernier - même si la vie vaut franchement la peine d'être vécue - des idées noires vous passent par la tête et suite à des propos que j'avais tenu sur les réseaux sociaux, j'ai reçu une aide d'un service dont je ne citerai pas le nom et j'ai eu droit à une thérapie pendant six semaines. Ce coach m'a vraiment aidé parce que je ne serais pas là pour vous en parler et je l'en remercie... Après 27 ans à la tête de ma propre société, je n'avais jamais connu une telle situation... On dit partout, dans les médias, qu'on ne laissera personne sur le bord du trottoir, pourtant nous sommes beaucoup à être délaissés..."

On doit tendre la main à ces personnes qui ont des idées noires...

Selon Robert, il faut une aide financière mais également psychologique pour venir en aide aux indépendants : "Il faut une aide psychologique, on doit tendre la main à ces personnes qui ont des idées noires... Personnellement, je n'ai reçu aucune aide, à part les 4000€ de la prime régionale bruxelloise au premier confinement. Quant au droit passerelle, je n'y ai pas droit, et puis les conditions sont longues pour pouvoir y accéder. Donc on n'a droit à rien ! Depuis 8 mois, ma société est dans un gouffre, on est au bord du précipice. Mais grâce à ma thérapie, j'ai survécu à la dépression dans laquelle je me trouvais. Et j'ai eu beau écrire au gouvernement et faire part de ma détresse, on ne m'a pas répondu ! Ou alors, on vous dit qu'on va vous rappeler et ils ne rappellent jamais..."

Si vous avez besoin d'aide, n'hésitez pas à contacter le Centre de Prévention du Suicide : 0800 32 123.

"Le gouvernement s'en fout de nous !"

Enfin, du côté de CouvinMarie-Christine conclut : "J'ai des amis qui sont indépendants et beaucoup sont abandonnés... Je travaille dans un camping, mon patron est vraiment désespéré... Qu'attend le gouvernement ? Plus de décès pour moins payer ?! Tout le monde est mis de côté, et de toute façon, le gouvernement ne pourra pas aider tout le monde, ce n'est pas possible ! Par contre, les ministres, eux, vont faire Noël en famille mais nous, petits ouvriers, qu'allons nous faire ? On va rester dans notre coin ! Parce que le gouvernement s'en fout de nous! Les aides sont clairement insuffisantes. Il faut laisser les commerces rouvrir, la transmission du virus ne vient pas de là !"

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C’est vous qui le dites" et à revoir l'émission sur Auvio. Nous vous donnons rendez-vous du lundi au vendredi de 9h à 10h30 sur VivaCité et La Une pour trois nouveaux débats.

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