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Coronavirus : "Je n'en veux pas au médecin qui doit choisir entre ma maman et un patient de 45 ans" témoigne Sylvie

Sylvie "je n'en veux pas au médecin qui doit choisir entre ma maman et un monsieur de 45 ans"
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Sylvie "je n'en veux pas au médecin qui doit choisir entre ma maman et un monsieur de 45 ans" - © Tous droits réservés

Philippe Devos, chef des soins intensifs au CHC Liège, explique que des patients qui devraient rester en observation sont renvoyés chez eux pour gagner des lits pour accueillir de nouveaux malades et qu’on est à 15 jours du moment où il faudra faire un choix parmi les patients.

Comment et qui faut-il choisir si la situation se présente ? C'est la question que l'on vous posait ce matin dans "C'est vous qui le dites". 

Voici quelques moments forts de l'émission… 

"Malheureusement, je vis cette situation actuellement..."

Sylvie, une auditrice originaire de Namur, est intervenue à ce sujet sur notre antenne : "Malheureusement, je vis cette situation actuellement... Ma maman est âgée de 78 ans, elle a été opérée d'une prothèse de hanche il y a trois semaines et elle a attrapé le coronavirus à l'hôpital. Lors de sa convalescence à mon domicile, son état a commencé à se dégrader, elle est désormais hospitalisée dans un service Covid à Charleroi. Hier, le médecin m'a appelée et m'a expliqué que ma maman était en hyper-saturation et qu'un monsieur de 45 ans était dans un pire état que celui de ma maman et qu'il n'y avait pas de place en soins intensifs... Il m'a laissé entendre que s'il devait faire un choix, il choisirait le patient de 45 ans..."

J'espère juste que ce monsieur avait pris ses précautions...

Des propos difficiles à entendre et pourtant, Sylvie n'en veut pas à ce médecin : "Je ne lui en veux pas du tout, je soutiens énormément le service hospitalier et les choix qu'il doit faire mais en arriver là, c'est vraiment affreux... Je comprends même si c'est difficile. J'espère juste que ce monsieur avait pris ses précautions... Car nous, durant six mois, on a fait attention à tout, tout le temps... Mais le médecin doit être rationnel, il n'a pas le choix."

"Il faut faire un choix en fonction de la pathologie du patient"

Du côté de Dilbeek, dans le Brabant flamand, Jacqueline témoigne : "Il faut faire un choix en fonction de la pathologie du patient. Personnellement, je travaille en psychogériatrie et je sais très bien que si mes patients devaient être hospitalisés, ils seraient condamnés parce qu'ils sont malheureusement déjà trop loin. Et on va forcément hospitaliser quelqu'un de plus jeune... Or, certains ne respectent rien comme Christopher qui était passé sur votre antenne, alors que personnellement, si je devais choisir entre lui et un patient, je choisirais mon patient !"

Notre intime conviction est qu'on ne soignera pas nos patients âgés donc nous mettons tout en oeuvre pour éviter qu'ils ne soient hospitalisés...

Jacqueline, très émue, poursuit : "Le témoignage de Sylvie, l'auditrice qui m'a précédée, m'a fortement émue... Car on va peut-être privilégier des personnes comme Christopher donc c'est vrai que c'est un choix lourd de conséquences non seulement pour les soignants mais pour les familles également. Notre intime conviction est qu'on ne soignera pas nos patients âgés donc nous mettons tout en oeuvre pour éviter qu'ils ne soient hospitalisés... On vit dans la peur et l'angoisse au quotidien... On vit plus avec nos patients qu'avec notre propre famille et s'il arrivait quelque chose de grave, on devrait leur dire au revoir... Et quelque chose de grave pourrait être une simple chute ! Les gens ne se rendent pas compte de la situation..."

"Celui qui n'a pas respecté les mesures doit être puni !"

Enfin, direction Charleroi, où Arthur conclut : "C'est très simple : il faut faire un fichier national avec tous les PV qui ont été infligés suite au non-respect des règles, avec le numéro national de chaque citoyen concerné par ce PV et que ce fichier puisse être consulté par les hôpitaux. Comme ça, s'il faut faire un choix, et peu importe l'âge, si la personne est reprise dans ce dossier, cette personne-là passera après les autres ! Les gens comprendront peut-être enfin et réfléchiront peut-être un peu plus de cette façon ! Certes, personne n'est irréprochable mais personnellement, je ne sors qu'une fois tous les 15 jours pour faire mes courses et j'ai toujours fait mon maximum depuis le début de la crise."

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C’est vous qui le dites" et à revoir l'émission sur Auvio. Nous vous donnons rendez-vous du lundi au vendredi de 9h à 10h30 sur VivaCité et La Une pour trois nouveaux débats.

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