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Christophe, victime de burn-out : "Un jour, quand j'étais au boulot, je suis monté sur le toit..."

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Le père de famille belge, qui aurait mis fin à ses jours ainsi qu’à ceux de son épouse et son fils en Suisse, aurait redouté la reprise du boulot après un arrêt maladie. Le travail peut devenir à ce point horrible ?

C’est un véritable drame qui s’est déroulé en Suisse il y a quelques jours. Une famille d’expatriés belge a été retrouvée morte à son domicile. Selon les premiers éléments de l’enquête, c’est le père de famille qui aurait tué son épouse et son fils avant de se donner la mort par prise de médicaments. La justice suisse fait actuellement authentifier une lettre dans laquelle il explique que la vie n’était plus possible, en faisant allusion à la reprise du travail dans une entreprise pharmaceutique après un arrêt maladie.

Le travail peut devenir à ce point horrible ? C'est la question que l'on vous posait ce matin dans "C'est vous qui le dites".

Christophe, un auditeur qui est intervenu sur notre antenne depuis Boussu, affirme que le travail peut être horrible... Il est actuellement en arrêt maladie et nous a fait part de son témoignage : "Pour faire court, je travaille dans une organisation internationale et depuis 2011, j'ai subi le harcèlement de la part d'un collègue en particulier... Et en plus de tout ça, comme j'étais quelqu'un qui adorait le boulot et bien j'avais trois boulots en même temps mais la hiérarchie, bien qu'au courant de l'ensemble des choses, n'a jamais bougé et je suis tombé en burn-out profond mais sans m'en rendre compte au départ... Résultat: c'est allé jusqu'à 75% de problèmes cognitifs ; pour quelqu'un qui écrivait des courriers et autre, je n'y arrivais même plus."

Un mal-être qui a mené Christophe à des envies suicidaires : "Un jour, quand j'étais au boulot, je suis monté sur le toit... Quand vous êtes en burn-out, vous ne ressentez plus rien donc effectivement, j'étais sur ce toit et j'ai failli sauter, moi qui ai pourtant le vertige et peur du vide mais je ne l'ai pas fait. Chez nous, dans notre boîte il y avait de belles affiches concernant le fait de dénoncer le harcèlement, pourtant, j'ai deux exemples flagrants : un médecin du travail qui vous dit que le burn-out n'existe pas et que vous devez revenir travailler pour être vendable. Et puis, autre exemple: au travail, tout le monde savait mais personne n'a jamais rien fait et pourtant le harceleur était connu depuis très longtemps. Lors de ma plainte, la seule chose qu'on m'a fait c'est me mettre un étage plus bas en m'obligeant à être le backup de mon harceleur et à travailler dans la même pièce. Donc il n'y a aucun accompagnement ! Dans cette boîte, quand quelqu'un se suicide, on dit que c'est dû à des soucis personnels. Alors que je peux vous assurer que dans ma vie, tout allait bien ! C'était seulement le boulot qui me rendait mal à ce point."

"La concurrence devient parfois agressive et excessive"

Plusieurs auditeurs sont intervenus sur notre antenne pour témoigner de leur souffrance au travail. C'est le cas d'un auditeur qui a préféré intervenir sous couvert de l'anonymat. En arrêt maladie depuis sept mois, il craint le retour au travail : "J'ai vraiment très peur... Notamment de la méchanceté de certains collègues qui ne comprennent pas certaines situations, ils se moquent et pensent qu'on profite du système alors que ce n'est pas du tout le cas. J'ai un traitement long à suivre, je suis allé voir des spécialistes et quand vous êtes en maladie, votre salaire retombe à 60% de la rémunération de base donc vous êtes dans des situations précaires et c'est difficile de se faire soigner par des professionnels car ça coûte énormément d'argent."

Une situation qui l'a aussi poussé à penser au pire : "J'ai déjà pensé au pire et j'y pense encore mais je n'en parle pas parce qu'il y a des gens qui sont à l'écoute et puis, on vit dans un monde où la concurrence devient parfois agressive et excessive et les gens sont prêts à dire n'importe quoi et à être très méchants. J'ai eu un burn-out reconnu comme maladie professionnelle, j'ai subi des menaces et le moral en prend un coup quand vous finissez seul chez vous, tel un prisonnier éloigné de tout le monde. Puis, je suis tombé dans l’alcoolisme et vous êtes mal, c'est très dur... Et vous avez peur d'aller vers les gens. Il y a une issue mais il faut que que le déclic vienne et il faut être très très fort... C'est difficile à expliquer et c'est pour ça que je témoigne anonymement car on a trop peur de s'affirmer au grand jour."

Un manque de structure...

Enfin, direction Huy, où Sandra parle en connaissance de cause puisque son ex-mari, qui travaille pour un gros groupe automobile où on lui demandait de plus en plus de boulot avec de moins en moins d'ouvriers, a également fait un burn-out : "Sa seule façon de tenir le coup et de se protéger a été l'alcool ; il est devenu alcoolique. Cela a engendré des problèmes de famille, une séparation, il ne pouvait plus voir ses enfants donc ça a été très très loin... Et je ne pense pas que des sociétés qui ont énormément d'endroits où ils ont des ouvriers pensent à mettre quelque chose en place pour les soutenir, les comprendre et les aider. Je pense que mettre plus d'effectif dans son atelier et que le patron prenne ses responsabilités en engageant pour alléger le travail aurait aidé. Les ouvriers ne sont pas des numéros, ce sont des humains qui ont des limites aussi. [...] Finalement, mon ex-mari n'a pas changé de travail et il est sorti de l'alcoolisme avec énormément de volonté mais aucune aide de son employeur."

N'hésitez pas à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C'est vous qui le dites".

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