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Accident Buizingen : 8 ans après, certaines victimes ne sont toujours pas indemnisées... Pourquoi c'est si lent ?

Le 15 février prochain, cela fera 8 ans que la catastrophe ferroviaire de Buizingen s’est produite. Huit ans après le drame, les familles attendent toujours d’être indemnisées… Pourquoi c’est si lent ?

Dans le dossier de la catastrophe ferroviaire de Buizingen, le procès n’a pas encore débuté et pourtant la date de prescription n’est plus si lointaine… On apprend aujourd’hui dans La DH que si certaines familles de victimes ont reçu des faibles provisions, certaines n’ont encore rien touché concernant les indemnisations des assurances mais doivent aussi faire face à des frais de justice importants et difficiles à assumer. Huit ans après le drame, les familles attendent toujours d’être indemnisées… Pourquoi c’est si lent ?

Maître Lahssaini, avocate de certains membres de l'association "Catastrophe Ferroviaire Buizingen : Plus Jamais" : "Effectivement, ça fait huit ans que ce dossier est en cours et pour les victimes, c'est vraiment un dossier qui doit être réglé au plus vite parce que chaque année, c'est difficile pour elles d'attendre une année de plus après cette catastrophe. Il y a eu une enquête qui a mis du temps, plusieurs experts se sont penchés sur le dossier, des auditions des différentes personnes - du conducteur de train et des responsables d'Infrabel et de la SNCB - ont été entendues. Et puis, l'année passée, de nouveaux devoirs d'enquête complémentaires ont été demandés par le conducteur de train survivant. Donc chaque année, de nouveaux éléments d'enquête s'ajoutent et le procès n'a toujours pas commencer."

Si certaines victimes ont déjà été indemnisées, ce n'est pas le cas pour toutes poursuit Maître Lahssaini : "Je ne connais pas tous les dossiers de toutes les victimes donc je ne peux pas me prononcer sur ce qui est sorti dans la presse ce matin. Cependant, il faut savoir que certaines victimes, qui ont été lourdement blessées ou ont perdu un proche dans la catastrophe, ont été en partie indemnisées par les sociétés d'assurance de la SNCB. Par contre, toutes celles qui n'ont pas eu de dommages physiques très lourds mais qui ont été particulièrement choquées parce qu'elles étaient notamment dans le train ce jour-là, ces personnes n'ont toujours pas été indemnisées malgré leurs dommages moraux importants. Mais cela va être traité par la procédure devant le Tribunal de police. Mais c'est sûr que c'est très lourd car ce sont des personnes qui se trouvent dans des situations difficiles et qui doivent payer un avocat pour les défendre et faire valoir leur dommage moral."

Il faut dire qu'en Belgique, l'aide mise à dispositions des victimes de ce genre d'accident est très faible... "Il y a très peu de choses qui existent. Certaines personnes ont des assurances juridiques privées qui prennent en charge certains coûts mais d'autres assurances n'ont toujours pas répondu car elles ne sont pas sûres de pouvoir avancer les frais. Ensuite, le dossier étant en néerlandais, pour les victimes francophones, c'est parfois difficile si elles n'ont pas un avocat néerlandophone. Tout ça sont des frais qui sont "normaux" malheureusement pour la Justice mais qui rendent la Justice difficilement accessible, notamment pour les victimes de cette catastrophe."

Prochaine étape dans ce dossier: le mois prochain conclut Maître Lahssaini : "Les victimes demandent depuis plusieurs années que le dossier avance. Désormais, on a une date : le 26 mars. Ce sera le moment où l'on va décider de renvoyer les personnes inculpées devant le Tribunal de police. Les victimes attendent que ce soit fait le plus rapidement possible donc on espère que la SNCB et Infrabel ne vont pas encore demander des devoirs d'enquête supplémentaires pour retarder le procès... Ce qui serait totalement incompréhensible vu le drame qu'ont vécu ces personnes."

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