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Caroline De Haas, militante féministe : " L'apologie du viol est gravissime ! "

" On peut jouir lors d’un viol je vous signale ". Brigitte Lahaie l’a dit hier sur BFMTV. Vous lui répondez quoi ?

Hier, Brigitte Lahaie, qui a signé la lettre des 100 femmes sur l’hystérie anti-hommes, était invitée à débattre avec une certaine Caroline De Haas, féministe très sceptique sur le bien-fondé de cette lettre. La conversation portait notamment sur le viol avec deux conceptions très différentes de ce moment. Pour Caroline De Haas : " Le viol n’est pa...s de la sexualité, c’est de la violence ". Brigitte Lahaie lui rétorque : " Le viol n’est pas systémastiquement vécu comme un drame ". Et puis, il y a cet échange étonnant. Caroline De Haas : " Les violences empêchent les jouissances. Quand vous avez été victime d’un viol, vous jouissez moins bien ". Brigitte Lahaie lui répond : " On peut jouir lors d’un viol je vous signale ". Depuis, Brigitte Lahaie a affirmé qu’elle regrettait d’avoir été mal comprise.

Caroline De Haas, militante féministe : "Au moment où Brigitte Lahaie prononce cette phrase, je pense aux centaines de milliers de femmes qui écoutent l'émission et qui vont être choquées par ce qu'elles entendent parce que cette phrase-là, même si ce n'était pas la volonté de Brigitte Lahaie de dire ça, elle donne le sentiment qu'il y a toujours une part de responsabilité des femmes dans les violences qu'elles subissent. Et en tant que professionnelle du sujet, la première chose à laquelle on se heurte c'est la question de la responsabilité/culpabilité des femmes."

De son côté, Brigitte Lahaie a présenté ses excuses en se justifiant par une incompréhension de la part des citoyens, mais pour Caroline De Haas, ce genre de propos est insoutenable : " Dans ce cas, ce n'est pas une mauvaise formulation. On a vraiment un désaccord entre les signataires de la tribune dans Le Monde, que ce soit Brigitte Lahaie ou d'autres et moi-même et d'autres militantes feministes. On a vraiment un désaccord sur l'analyse des violences. Les signataires de la tribune dans Le Monde, comme Catherine Deneuve ou Catherine Millet, expliquent qu'au final, les femmes auraient une part de responsabilité dans la situation actuelle. Elles passent leur temps également à dévaloriser et à banaliser les violences donc ce n'est pas qu'une question d'interprétation ou de formulation, c'est vraiment une question de divergence politique."

Quant à ceux qui affirment qu'il est possible de se remettre d'une agression sexuelle, la militante féministe leur répond : " Quel est le rapport entre le traumatisme subi par une personne et la gravité du fait ? Si on commence à analyser la gravité des faits par rapport au traumatisme, ça veut dire que si vous avez été violée mais que vous n'êtes pas traumatisée, ce n'est pas grave ?! Un viol, une agression sexuelle, c'est puni de 5 ans de prison en France. Que ce soit une agression sexuelle, du harcèlement sexuel ou un viol, que vous ayez été traumatisé ou pas, ce n'est pas le sujet ! Le sujet, c'est que c'est un crime, un délit, punit par la loi."

Caroline De Haas conclut que si tout un chacun à le droit d'avoir un opinion, il est par contre nécessaire de penser aux conséquences de cette opinion et de sa portée avant de se prononcer : "Sophie de Menthon a expliqué sur France Inter que des femmes avaient des tenues provocantes et que ça expliquait les violences... Il y a un mois, Catherine Millet a expliqué sur France Culture, qui est une radio de grande écoute en France, qu'elle aurait bien aimé être violée comme ça elle aurait pu prouver qu'on peut se reconstruire. Cela s'appelle de l'apologisme du viol et c'est gravissime! Elles ont une opinion avec laquelle je suis en désaccord bien qu'elles aient le droit d'avoir cette opinion. Quand Catherine Deneuve explique que quand Roman Polanski viole une jeune fille de 13 ans et bien, ce n'est pas vraiment un viol, elle exprime une opinion avec laquelle je suis en radical désaccord. Je pense que le problème principal n'est pas qu'elles pensent ça parce qu'elles ont le droit fondamental de penser que le viol n'est pas grave, même si je ne suis pas d'accord avec ça. Le problème est que quand elles expriment cette opinion-là dans Le Monde ou sur France Inter, ça a des conséquences dans la société... Notamment pour les agresseurs qui vont se sentir légitimés à agresser et ça a des conséquences pour les femmes victimes de viol ou de violences en général parce que le message que ça envoie est : "Ne parlez pas trop fort parce que de toute façon, au final, ce n'est pas si grave ce que vous avez vécu."

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