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Bouli Lanners : "Je n'appelle pas à dépaver la rue de la Loi mais je préviens du risque ! "

" Faudra pas vous étonner si nous aussi on vient à Bruxelles dépaver la rue de la Loi et vous mettre une grosse branlée " : c’est un extrait du message de l’acteur et réalisateur, Bouli Lanners, qui s’énerve à propos de la Belgique qui a voté contre une proposition de directive sur l’efficacité énergétique durant la COP24. Vous soutenez le message de Bouli Lanners ?

Après le vote de la Belgique contre une proposition de directive qui prévoit d’améliorer l’efficacité énergétique des pays de l’Union Européenne de plus de 32% d’ici 2030, l’acteur et réalisateur, Bouli Lanners, a publié une vidéo sur les réseaux sociaux pour exprimer son coup de gueule concernant cette décision au lendemain de la marche pour le climat qui a rencontré un grand succès dimanche. Soutenez-vous le message de Bouli Lanners ?

Bouli Lanners, comédien et réalisateur belge : "Il ne s'agit pas là d'un appel à la haine mais d'un cri de colère. Et un cri de colère n'a pas pour vocation de faire de la poésie mais a pour vocation de faire réagir. Je ne dis pas qu'on va aller tout casser à Bruxelles mais je demande au gouvernement s'il est bien conscient qu'en continuant à fonctionner comme ça, il attise une haine civile. On est quand même dans un climat de pré-insurrection avec les Gilets jaunes et ils continuent à avoir des maladresses absolument abominables par rapport à d'autres choses donc est-ce qu'ils sont vraiment conscients de ce qu'il se passe ?!"

La goutte de trop

Bouli Lanners ne comprend pas comment de telles décisions peuvent être prises après une manifestation historique dans les rues de Bruxelles : "Si on résume ce qui s'est passé concrètement : on a eu une manifestation dimanche qui a rassemblé 75.000 personnes et à laquelle j'ai participé, c'était une manifestation qui se faisait en paix et pendant cette manifestation, et le Premier ministre, et la ministre Marghem se félicitent et nous félicitent de la grande réussite de cette manifestation en sachant très bien que deux jours après, ils vont refuser de signer les accords qui étaient pré-établis et ils nous l'annoncent donc ça, si ce n'est pas une espèce de provocation ! Le tout dans un climat très tendu avec les Gilets jaunes! Je ne comprends pas quelle est la communication du gouvernement."

Du côté du Fédéral, on insiste que le fait que les régions ont 90 % des compétences en matière d’énergie donc ce sont les trois régions qui décident et non pas le Fédéral. Mais dans ce cas, toutes les régions n’étaient pas d’accord puisque le représentant de la Flandre se serait opposé au texte européen. Ce à quoi le réalisateur belge rétorque : "Il y a une urgence climatique qui est évidente puisque les rapports du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) sont accablants et par rapport à cette urgence climatique, on a des ministres de l'Énergie qui, systématiquement, se retranchent derrière les complexités institutionnelles de la Belgique mais on ne peut pas travailler comme ça! Nous avons quatre ministres de l'Énergie donc qu'ils se réunissent tous les quatre, qu'on fasse un débat public et qu'ils expliquent où sont les points de divergence qu'on puisse débloquer la situation! Si on a une ministre fédérale de l'Énergie, elle doit les fédérer! Mais on ne peut pas les laisser éternellement se retrancher derrière les institutions publiques qui sont extrêmement complexes en Belgique et que nous n'avons pas voulu!"

Aucun regret...

Enfin, malgré les différentes réactions provoquées par ce post sur les réseaux sociaux, Bouli Lanners n'émet aucun regret et espère que les choses finiront pas bouger : "Un cri de colère a le mérite d'être clair, ce n'est pas une vocation littéraire et ma mère n'aimerait certainement pas le langage que j'ai utilisé mais c'est un cri de colère qui a été pris au moment où j'étais en colère et je ne regrette rien de ce que j'ai dit! Ce qui compte pour moi, c'est que ce cri de colère fasse naître le débat mais ce n'est pas du tout un appel à l’insurrection ! La phrase exacte n'est pas : "Venez à Bruxelles dépaver la rue de la loi" mais "Ne vous étonnez pas, si vous continuez, que les gens viennent à Bruxelles dépaver la rue de la loi."

Un message qui a suscité de nombreuses réactions : "Ça a enflammé évidemment les réseaux sociaux, je crois qu'il y a eu 350.000 réactions dont 250.000 personnes qui me portent au pinacle et je me fais insulter par 50.000 autres mais ça fait partie du jeu. Moi le but ce n'était pas ça, j'ai ma vie, j'ai ma carrière mais ce qu'il fallait absolument, c'est que je puisse m'exprimer. Mais aucune personnalité politique ne m'a contacté suite à ce post."

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