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Automobile : Des pièces détachées vendues à des prix gonflés ?

Renault et PSA Peugeot Citroën ont-ils mis en place un système pour calculer la valeur des pièces de rechanges perçue par les clients à l’aide d’un logiciel pour ensuite gonfler les prix de 15% et dégager un profit annuel supplémentaire de 100 millions d’euros ?

Une enquête réalisée conjointement par plusieurs médias membres du réseau européen d’investigation journalistique, dont Le Soir, dénonce l’achat d’un logiciel par les constructeurs Renault et PSA Peugeot Citroën à la société Accenture. En violation des règles de concurrence, un accord entre les constructeurs aurait permis d’évaluer la valeur des pièces de rechanges perçue par les clients pour ensuite, gonfler les prix de 15% et ainsi dégager un profit annuel supplémentaire de 100 millions d’euros et ce, depuis 2006. Renault et PSA Peugeot Citroën se sont-ils arrangés pour gonfler les prix des pièces de rechanges ?

Joël Matriche, journaliste au Soir: "Une procédure judiciaire secrète a été engagée à Paris et aucun des intervenants n'a voulu en parler... Mais nos collègues de Mediapart ont tenu des centaines de documents qu'on a voulu éplucher ensemble et plusieurs de ces documents laissent penser qu'il y a eu des rencontres entre Renault et PSA Peugeot Citroën pour aligner leurs prix." Suite à cette enquête, les différents médias décident donc d'en faire un article et de dévoiler cette information aux citoyens sans aucun retour des constructeurs actuellement : "Il n'y a pas encore eu de réactions de la part d'un des deux constructeurs, du moins pas que je sache... Je n'ai pas encore eu mes collègues de Mediapart aujourd'hui mais pour ce qui est du Soir, on n'a pas eu de réaction."

Timing et risques de l'enquête

Cette enquête a été réalisée assez vite par rapport au temps que prend une enquête habituellement poursuit Joël Matriche : "C'est une enquête en réseau avec une dizaine de journaux européens, avec un réseau qui s'appelle EIC (European Investigative Collaborations). Les enquêtes que nous menons sont habituellement beaucoup plus longues que celle-ci. Généralement, on parle en mois, ici on parle d'une enquête de 15 jours-trois semaines et une très grosse partie du boulot a été fait par Mediapart." Et qui dit enquête dit bien souvent risques :Il y a toujours des risques dès qu'il y a des enjeux financiers aussi énormes que ceux-là et lorsque les personnes citées ou les groupes cités sont aussi gros que PSA et Renault... Il y a des risques ce pourquoi on est triplement prudent..."

Bien que l'enquête ait été réalisée rapidement, elle permet de conclure avec certitude que le logiciel existe et que des contacts entre les différentes parties ont été établi : "L'existence du logiciel, ça c'est une certitude. C'est grâce à ce logiciel, par exemple, qu'une pièce du plancher d'une Renault Trafic qui coûte un peu plus de 5€ à l'achat hors TVA est revendue plus de 500€! Parce que c'est optimisé par le logiciel qui estime que c'est le prix d'achat maximum que les clients voudront bien débourser. Ce qui est une certitude aussi, c'est qu'il y a eu des contacts entre les deux groupes et Accenture donc le consultant de l'autre côté. Ce qui n'est pas une certitude - et c'est un des enjeux de la procédure judiciaire à Paris - c'est de voir s'il y a effectivement eu une sorte de cartel ou en tout cas une entente entre les constructeurs pour pouvoir aligner leurs prix."

Un logiciel aux mains d'autres constructeurs ?

PSA Peugeot Citroën et Renault seraient-ils les seuls constructeurs à utiliser ce logiciel ou faut-il s'attendre à ce que d'autres soient également pris en flagrant délit ? Joël Matriche poursuit ses recherches, aux côtés de ses collègues, pour pouvoir tirer des conclusions valables : "C'est une très bonne question... Là, on s'est centré sur PSA et Renault mais on continue à chercher... Donc je ne sais pas vous le dire maintenant mais on si vous êtes un lecteur régulier du Soir ou d'un autre journal partenaire, vous le saurez très vite!"

Affaire à suivre donc...

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