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Après avoir quitté le Centre fermé 127bis, la famille serbe s'est enfuie

Après la fuite de la famille serbe déplacée du centre fermé 127bis vers un centre ouvert, Theo Francken répond à ceux qui parlent de traumatisme vécu par un enfant dans un centre fermé en demandant s’il n’y a pas de traumatisme à vivre clandestinement en fuite. Pour un enfant clandestin, il vaut mieux l’enfermement ou la fuite ?

La famille serbe, avec quatre enfants, placée au centre fermé 127bis a dû être déplacée dans un centre ouvert en raison de la législation actuelle. Il aura fallu moins de 48h pour qu’elle s’échappe et fasse réagir le Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration. Theo Francken dit entendre les ONG qui ne veulent pas qu’un enfant soit enfermé mais fait le constat que les alternatives ne fonctionnent pas et ajoute que certains parlent du traumatisme psychologique vécu par un enfant en centre fermé malgré un environnement tout à fait adapté et se questionne sur le traumatisme à vivre clandestinement et en fuite. Pour un enfant clandestin, il vaut mieux l’enfermement ou la fuite ?

Benoît Van Keirsbilck, directeur de l’ONG DEI - " Défense des Enfants International " - Belgique : " Premièrement, je reviens sur le mot "fuite" qui signifierait qu'ils ont quitté un lieu où ils étaient obligés de rester. Or, il y a deux décisions judiciaires qui disent très clairement qu'ils ont été réorientés vers un centre ouvert. Dès lors, ils sont accueillis dans un lieu qui leur est proposé par l'État mais ils ont décidé de quitter ce lieu qui ne leur convenait pas pour toute une série de raisons pour retrouver un lieu dans lequel ils vont pouvoir se reconstruire après le traumatisme qu'ils ont subi en centre fermé. Donc ils ne sont pas en fuite ! "

" Theo Francken devrait mieux s'informer ! "

Quant au fait que Theo Francken se dise pressé de les retrouver et de les arrêter à nouveau, Benoît Van Keirsbilck répond à cela "qu'il devrait peut-être se faire mieux conseiller par ses juristes ou lire un petit peu mieux les décisions judiciaires puisque celles-ci sont très claires: ils sont dans un centre ouvert et peuvent donc le quitter à leur guise. Il n'y a donc aucune obligation d'y rester. Et comme il y a une demande d'asile qui est en cours, il ne peut pas les enfermer tant qu'il n'y a pas de décision là-dessus ! Cette décision tombera dans quelques semaines et pour ma part, je ne préjuge pas de ce qui va arriver dans le cadre de cette procédure mais il n'est pas impossible que les enfants se voient reconnaître un statut de protection internationale vu la situation en Serbie et les discriminations qu'ils vont subir de ce côté-là."

Un traumatisme pour les enfants

Le directeur de l’ONG DEI - " Défense des Enfants International " - Belgique souligne également le fait qu'il y a d'autres alternatives "comme permettre à cette famille de vivre correctement et dignement, de permettre à ses enfants d'aller à l'école et de vivre une vie normale, c'est la seule chose qu'ils souhaitent! Ils ne souhaitent pas cette médiatisation, ni l'enfer qu'ils vivent en ce moment mais souhaitent vivre tranquillement en Belgique avec leur père et leurs grands-parents qui sont en Belgique, ne l'oublions pas!"

Enfin, si pour certains, on est bien mieux dans un centre fermé, ce n'est pas forcément le cas surtout pour des enfants qui en ressortent traumatisés comme le conclut Benoît Van Keirsbilck : "Dans le centre fermé 127Bis, il y a un rapport pédopsychiatrique qui est alarmant ; si ces enfants ne bénéficient pas d'un traitement et d'un soutien psychologique intensif dans les semaines et mois qui viennent, ils vont subir un stress post-traumatique important dans les années à venir. Les personnes extérieures n'ont aucune notion de ce que veut dire être enfermé dans un centre fermé. "

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