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Antoine : " Je vous explique pourquoi ça ne marchera pas "

Il l’a fait – le gouvernement a voté le service minimum à la SNCB. Les travailleurs devront se déclarer grévistes 72h avant… Est-ce que c’est un grand jour dans l’histoire de la grève en Belgique ?

Voté ! Les députés ont adopté la loi qui instaure un service minimum à la SNCB. cdH et DéFI se sont abstenus. PS, Ecolo, PTB ont voté contre. On verra l’efficacité du système. En attendant le signal est fort pour ceux qui veulent rejoindre leur travail ou leur école. Désormais, les organisations syndicales devront respecter un délai de préavis d’au moins 8 jours avant de déclencher une grève sur le rail. Les travailleurs sont tenus de signaler 72h avant la grève s’ils veulent participer ou non à l’action. Tout travailleur qui change d’avis après avoir manifester son intention de faire grève peut le signaler dans les 48h. Avec toutes ces informations, la SNCB et Infrabel ajusteront et communiqueront l’offre de trains 24h avant la grève. Dès maintenant, la SNCB doit organiser cela et définir qui sera le personnel indispensable et pour quelle tâche dans les jours de grève.

Antoine de Mons est accompagnateur de trains à la SNCB : " C’est un grand jour pour Monsieur le ministre mais pas pour le personnel ni pour les voyageurs. Encore une fois, c’est une décision prise par des gens qui ne connaissent pas la réalité du terrain. Pour les conducteurs, il y a des connaissances de ligne. Donc on ne peut pas envoyer un conducteur n’importe où. "

Le service minimum créera encore plus de soucis pour les navetteurs selon Antoine : " Si on annonce aux gens qu’il va y avoir deux trains à Mons entre 6h et 8 du matin qui partiront pour Bruxelles, vous imaginez le nombre de voyageurs qui vont emprunter ce train-là ?! J'ai dû assurer un train pour Bruxelles un jour de grève. La composition était réduite donc les gens se sont retrouvés devant trois voitures au lieu de neuf ou douze. Je peux vous assurer qu’au niveau de Jurbise et Soignies, les gens se disputaient pour entrer dans le train. C’était limite l’émeute ! "

Antoine ne croit tout simplement pas à ce système : " Comment assurer aux gens qui sont partis le matin de revenir le soir ? Il faudra le même nombre de personnel le matin et le soir en comptant que le soir, le manque de personnel prévu ne change pas. On est des êtres humains, on peut tomber malade dans les 72 heures. "

Enfin, le service minimum ne garantit pas un train pour tout le monde : " J’espère pour la personne qu’elle en début de ligne parce que si, malheureusement, elle habite en plein milieu d’une relation Liège-Bruxelles. Pas de chance pour elle, parce qu’elle ne prendra pas le train, ça c’est sûr et certain ! "

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