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Angelo : " C'est du cinéma ! S'il lui tire les oreilles, c'est qu'elle a mal agi en classe ! "

Angelo : « C'est du cinéma ! S’il lui tire les oreilles, c’est qu’elle a mal agit en classe ! »
Angelo : « C'est du cinéma ! S’il lui tire les oreilles, c’est qu’elle a mal agit en classe ! » - © Tous droits réservés

Des mamans portent plainte contre une enseignante qui tire les oreilles des enfants et les punit en les forçant à rester debout pendant deux heures. Tirer les oreilles et forcer à rester debout, c’est de l’éducation ?

À Molenbeek, en Région bruxelloise, plusieurs mamans ont décidé de porter plainte contre une institutrice en raison de ses agissements sur les enfants. En classe, il serait régulier qu’elle leur tire les oreilles ou les punisse en les forçant à rester debout pendant deux heures dans un coin de la classe. Des enfants se sont plaints d’avoir mal aux genoux, certains sont tellement effrayés qu’ils en font des cauchemars la nuit et font pipi au lit. Tirer les oreilles et forcer à rester debout, c’est de l’éducation ?

Tirer les oreilles et forcer à rester debout, c'est de l'éducation ? C'est la question qu'on posait dans " C'est vous qui le dites ".

Pour Angelo de Ghlin, c’est de l’éducation : " J’ai été à l’athénée à Mons. J’étais en 5e primaire et quand on était puni, il fallait se mettre dans un coin avec un chapeau de baudet ou alors le professeur nous tirait les oreilles quand on n’était pas sage du tout. J’ai reçu une fois une retenue, mon père est venu à l’athénée et il m’a donné une raclée devant mon professeur. J’ai 68 ans et je n’en ai pas fait un cauchemar. Je ne comprends pas, nous avons eu des raclées par les profs et on ne s’est jamais plaint ! On devait montrer ses doigts et on se faisait taper avec une règle ! Vous ne trouvez pas que plus on avance, pire c’est ? ! Tout le monde se plaint […]. J’ai eu la fessée devant mon professeur, ça m’a calmé et je n’en ai pas des cauchemars. Je pense que l’enfant doit écouter son prof. Je pense que c’est le prof qui doit faire le nécessaire à son élève. J’ai 68 ans et je travaille encore. J’ai toujours eu mal aux genoux, ce n’est pas parce que j’ai été au coin à l’école que j’ai mal aux genoux ! C'est du cinéma tout ça ! Qu’ils regardent moins la télévision, qu’ils jouent moins sur les idioties qu’ils peuvent avoir maintenant. J’ai une petite fille qui habite chez moi et la première chose qu’elle fait en rentrant, c’est taper sur l’ordinateur ! Ils n’ont même plus la patience d’aller jouer en cours ! Ça ne me dérangerait pas qu’un prof lui tire les oreilles, s’il lui tire les oreilles c’est qu’elle a mal agi en classe. On n’a même plus de respect pour les professeurs ! "

Une méthode (dé)passée ?

Si les auditeurs s’accordent pour dire que c’est une méthode qui date d’un autre temps, ils sont mitigés quant à son impact sur le comportement des élèves.

Du côté de Namur, Marie partage l’avis d’Angelo : " Je suis surtout choquée par l’éducation des enfants à l’heure actuelle. J’ai 64 ans et j’ai connu pire : si ce n’était pas le coin, c’était une règle sous les genoux et on soulevait le dictionnaire au-dessus de la tête et quand on baissait les bras on entendait " Levez les bras ! ". Je ne regrette pas la façon dont j’ai été éduquée à l’école parce que c’était comme chez moi, je me ramassais des punitions – écrire deux cents fois " je ne ferai plus… " – et c’est peut-être obsolète mais ça marchait. Je me demande si les enfants qui ont mal aux genoux parce qu’ils restent debout, n’ont pas mal aux fesses parce qu’ils restent des journées entières dans leur divan, dans leur fauteuil devant leur PlayStation. Pourquoi il faut renier tout ce qui a marché ? Je ne suis pas du tout traumatisée par ce que j’ai vécu à l’école. J’ai fait la même chose avec mes enfants. J’en ai un qui a 36 ans, l’autre 31 et ils sont aussi rigoureux que moi dans l’éducation de leurs propres enfants. Il faudrait appliquer la méthode dans toutes les écoles parce que les parents sont démissionnaires partout. Je ne sais pas si vous avez déjà passé une journée dans une classe d’enfants en bas âge. Il y a des jours où ma belle-fille n’en peut plus. Il n’y a pas longtemps, une collègue de ma belle-fille trouvait que ma petite-fille de 7 ans était un peu infernale parce qu’elle n’arrêtait pas de bouger derrière son banc. Elle lui a dit une fois, deux fois, trois fois et à la troisième fois, elle lui a dit de mettre sa chaise au fond de la classe et de rester debout derrière le banc. "

À Tournai, Mbarka garde un très mauvais souvenir des punitions scolaires : " Quand j’étais élève, j’avais 8-9 ans, la maîtresse m’a tiré une ou deux fois les oreilles. Pourtant j’étais une élève qui obéissait, qui écoutait et qui faisait mes devoirs. Mais quand on m’a tiré les oreilles, j’ai décidé d’être têtue et de ne plus écouter. Ça reste dans la mémoire à vie et ça n’améliore pas le comportement d’un enfant. Ça ne passe pas, ça m’a marqué. Il y a d’autres manières pour éduquer à part de la violence. "

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