Un homme abuse de sa voisine de 13 ans alors qu'il ne peut pas être avec des mineurs d'âge sans adulte

Maître denis bosquet
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Alors qu’il n’avait pas le droit d’être en contact avec des mineurs en l’absence d’un autre adulte, à Mouscron, un homme de 58 ans a sexuellement abusé de sa voisine de 13 ans qui venait régulièrement chez lui. Faites-vous confiance à votre voisin ?

L’homme de 58 ans, qui vient d’être condamné, était déjà connu de la justice et avait l’interdiction d’être en contact avec des mineurs sans qu’un autre adulte soit présent. Et pourtant… En l’absence de sa femme, il recevait sa voisine de 13 ans pour jouer avec ses enfants avant ensuite de l’inviter également quand ses enfants dormaient pour se rapprocher d’elle profitant de sa faiblesse au moment du divorce de ses parents. L’homme s’est retrouvé totalement nu sur elle, il dit que c’était uniquement dans le but de la caresser et l’embrasser, que si leurs sexes se sont touchés, ce n’était pas volontaire. Aujourd’hui, il est condamné à 10 ans de prison. Connaissez-vous votre voisin, lui faites-vous confiance ?

Pour Maître Denis Bosquet, avocat pénaliste, il est préférable de prévenir les voisins : " Je pense qu'il faut appréhender le problème sur une double vision. D'une part, il y a effectivement un souci d'information des proches. D'autre part, il y a un droit aussi de toute personne qui a été condamnée et qui a purgée sa peine, un droit à ne pas se voir coller l'étiquette suivante sur la tête "interdit de contact avec des mineurs". Il faut revenir à l'essentiel. L'essentiel c'est quoi ? C'est comment fait-on pour garantir le respect des conditions qui sont mises en place pour la libération d'un certain nombre de personnes ? ".

Selon Maître Denis Bosquet, nous ne parlons pas suffisamment des personnes qui s'en sortent : " Il est malheureux aussi que l'on parle toujours des échecs dans cette matière. Il y a des personnes qui ont été libérées sous conditions et où il n'y a aucun souci. C'est contrôlé par les maisons de Justice et par les assistants de justice qui doivent recueillir des preuves du respect des conditions de manière extrêmement régulière des personnes qui sont condamnées. Il est extrêmement difficile d'imaginer une société où l'on mettrait un policier derrière chaque personne qui est libérée conditionnellement pour voir si elle respecte ou non les conditions de sa liberté. Quelqu'un qui est interdit de contact avec les mineurs, c'est quelque chose qui est difficile à mettre en application ou en tout cas à contrôler dans la mesure où les mineurs se retrouvent partout : dans les rues, dans les parcs, dans les piscines, les cours de récréation... ".

"Il est impossible d'interdire tous les endroits où il y a des mineurs !"

Pour Maître Denis Bosquet, la loi est difficile voire même impossible à mettre en oeuvre : " Je dirais même que cette condition est quasi impossible. Il est possible d'interdire certains endroits à des personnes qui ne devraient plus être en contact avec des mineurs comme par exemple des écoles, des clubs de jeunes, des clubs de sport,... On ne peut définitivement pas empêcher quelqu'un de rentrer en contact avec des mineurs alors qu'ils se retrouvent partout ".

Cependant, la règle existe pour les cas où cela fonctionne : " La règle existe parce que, pour un certains nombre de cas, cela peut constituer un garde fou, une interdiction et chez certaines personnes cette interdiction est parfaitement respectée. Elle est respectée, contrôlée et ces gens prennent conscience de l'interdit qui leur est fait, à savoir, d'entrer en contact avec des mineurs. Malheureusement, il n'existe pas de statistiques avec 100% de réussite par rapport aux libérations conditionnelles. Mais la libération conditionnelle est quelque chose d'essentielle. Le libéré est quelqu'un qui reste contrôlé, encadré, qui reste à la merci de contrôles spontanés de la part de la police, des assistants sociaux qui le suivent, du service de la justice... Je préfère faire confiance à des gens qui me contrôlent que d'être dans une situation où la société remet quelqu'un en liberté mais pas sous conditions et donc sans le moindre contrôle. Tout le monde vous dira, que ce soit les criminologues, les spécialistes en matière de rédicive, que ce soit les pénalistes, les psychologues, tout le monde vous dira que, la libération conditionnelle va garantir statistiquement une diminution du risque de récidive qu'une libération qui n'est pas conditionnelle ".

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