Un accompagnateur : " C'est plus facile de nous retrouver avec un numéro d'identification qu'avec notre nom et prénom "

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Depuis que les accompagnateurs de train doivent porter un badge nominatif, certains ont été menacés de mort. Afficher leur nom, c’est trop risqué ? Il faut faire marche arrière ?

Depuis le 1er novembre de l’année dernière, les accompagnateurs de train ont l’obligation de porter un badge sur lequel est inscrit leur nom. À l’époque, certains craignaient des représailles une fois qu’ils seraient identifiables et voilà que ce matin dans La DH, on apprend que plusieurs agents ont été victimes de menace ou d’agression. Contacté sur Facebook, un agent est menacé d’être retrouvé et tué à cause d’une amende de 75€. Un autre s’est fait arracher son badge. Après ces faits, les syndicats demandent de revoir la mesure.

Afficher le nom d’un accompagnateur de train, c’est trop risqué ? Il faut faire marche arrière ? Ce sont les questions que l'on vous posait ce matin dans "C'est vous qui le dites".

Un auditeur, accompagnateur de train, a voulu s'exprimer sous couvert de l'anonymat ce matin : " Personnellement, cela ne me pose pas un immense problème d'avoir ce badge. Maintenant, je peux comprendre que le collègue qui a reçu ces menaces directement sur Facebook ait trouvé ça flippant. Je voulais surtout réagir sur la personne du syndicat qui propose de mettre le numéro d'identification à la place du nom. Moi, j'ai fait le test. J'ai tapé mon nom et mon prénom sur Google et je n'ai absolument rien trouvé même mon profil Facebook n'est pas apparu. Par contre, j'ai tapé mon numéro d'identification sur Google et, en deux secondes, j'avais mon nom, mon prénom et mon adresse. Il faut savoir que la majorité des accompagnateurs sont assermentés et les différentes informations se retrouvent sur un site. Il est donc plus facile à la rigueur de nous retrouver avec notre numéro d'identification qu'avec notre nom et notre prénom ".

Cet auditeur a également évoqué un autre problème : " Je sais que c'est légual de pouvoir être identifiable car nous sommes agents constatateurs donc ça c'est la loi. J'ai deux collègues de deux dépôts différents qui ont le même nom de famille mais deux prénoms différents et qui commencent par la même lettre. Or, il faut savoir que le badge reprend l'initial du prénom et le nom de famille en entier. Ce qui veut dire qu'elles ont le même badge. Donc, si quelqu'un veut porter plainte, il faudra pouvoir déterminer qui c'est ".

Pascale : " Rien ne doit apparaître ou alors simplement un pseudonyme "

Pascale de La Louvière est une ancienne accompagnatrice de train à la SNCB. Elle rejoint l'avis de notre accompagnateur anonyme. Pour elle, il faut carrément mettre un pseudonyme en place suite à la dangerosité du métier : " Oui, il faut faire marche arrière. Même sans badge et sans nom, les menaces de mort sont quasi journalières. Il est déjà très dangereux d'effectuer ce métier alors que le but est d'être convivial et au service de la clientèle (...) J'ai subi une très grave agression avec menace de mort et après de multiples passages au tribunal, mon agresseur a été condamné. De ce fait, avec la téléphonie mobile actuelle, il avait prévenu des petits copains dans la région du centre qui m'ont suivie jusqu'à mon domicile et ont essayé de prendre ma voiture en sandwich. Je n'avais pas de nom sur mon badge mais ils ont subtilisé ma feuille de service sur lequel se trouvait mon numéro d'identification. Rien ne doit apparaître ou simplement un pseudonyme donné par la SNCB pour qu'elle seule puisse retrouver l'agent ".

Quant à Célina de Bruxelles, elle a peur pour son fils qui exerce ce métier : " J'ai peur qu'il porte un badge. C'était déjà dangereux avant mais maintenant c'est encore pire. Lui aussi il a peur parce qu'il a été agressé plusieurs fois. Moi, je suis angoissée, j'ai peur pour mon fils. J'étais si fière qu'il ait trouvé du travail si jeune et maintenant on se demande si on n'envoie pas son enfant dans le danger (...) Il faut qu'ils trouvent une solution pour les protéger. On envoie nos enfants pour travailler par pour être tabassé ".

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C'est vous qui le dites".

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