"Tu braques, je tire !!!!" l'autocollant pour dissuader les cambrioleurs

Chantal et Raymond sont bijoutiers depuis 37 ans. Après leur deuxième braquage, en 2009, un autocollant a été apposé sur la vitrine de leur magasin : "Tu braques, je tire !!!! ", avec une arme pointée. 

Les bijoutiers en ont eu marre d'être des proies faciles pour les cambrioleurs, ils ont donc décidé de coller cet autocollant pour dissuader toutes personnes malintentionnées. 

Avons-nous vraiment le droit de faire ça?

Selon Yves Demanet, avocat pénaliste et spécialiste de la législation sur les armes, deux réflexions ressortent : " La première réflexion, c'est "qu'ont vécu ces gens pour être à ce point écœurés, tristes, inquiets et en colère, pour écrire une telle chose sur la devanture de leur maison. [...] C'est effrayant à vivre un braquage. [...] Mais ça, c'est une réflexion qui relève de la politique ou de la vie associative. "

Pourtant le message est clair, et plutôt menaçant : " C'est un écrit qui est manifestement provocant, qui est pour moi, un cri de colère et de désespoir. Mais le Parquet pourrait y lire une menace. Et ça pose plusieurs problèmes : les bijoutiers ont-ils les moyens de mettre en oeuvre leur menace? Ont-ils une détention d'arme? "

La deuxième réflexion se fait autour de la différence qui existe entre les principes d'autodéfense et celui de la légitime défense : " Il ne faut jamais confondre l'autodéfense, qui est le Far West, l'état de non-droit, avec la légitime défense. [...] On ne peut pas utiliser une arme comme ça. Mais il ne faut pas spécialement attendre le premier coup. Est-ce que vous devez avoir l'enclume sur la tête pour faire un pas de côté? NON! [...] Les dispositions légales disent clairement ceci : "Toute personne a le droit de se défendre, elle-même, ou autrui". Donc à-partir-de ce moment-là, où la vie est en danger, ou va être en danger de manière imminente, on peut utiliser les moyens nécessaires [...] et on doit stopper immédiatement, dès que l'agression est maîtrisée. Et tout ça suppose une chose : que la police n'ait pas le temps d'intervenir en temps utile. "

L'intégralité de l'interview du 5@7 de Maître Demanet est à réécouter ici!

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