Sébastien: "Anciennement dépanneur, je confirme l'alliance frauduleuse entre policiers et dépanneurs"

Ce jeudi, un énorme scandale de corruption a secoué Liège. Des motards de la police auraient reçu 5 euros d'un dépanneur pour contrôler plus de véhicules. Résultat? Une responsable de la société de dépannage Nucera arrêtée, un policier sous mandat pour corruption, des agents auditionnés par des enquêteurs car ils recevaient des bakchichs pour enlever plus de véhicules.

Le duo de fraudeurs aurait détourné 4,7 millions pour être précis... Et ce n'est peut-être que la partie visible de l'iceberg. Au terme de deux ans d'enquête, ce policier d'une soixantaine d'années a été placé sous mandat d'arrêt. Il est soupçonné de corruption, de blanchiment d'argent et de fraude fiscale. Dans des conditions plutôt troubles, il semble en effet que la société de dépannage Nucera procédait à l'enlèvement de voitures "comme bon lui semblait" sur le territoire de la ville de Liège. Notamment des véhicules immatriculés à l'étranger qui étaient ensuite dépecés puis compactés pour être revendus à un ferrailleur. Lorsque la victime se manifestait, on lui répondait que sa voiture avait sans doute été volée. Une magouille qui pourrait avoir été orchestrée avec la complicité de ce policier et d'une dizaine de collègues motards. Ils arpentaient la ville à la recherche de voitures mal stationnées et faisaient envoyer à la fourrière ces véhicules. En échange, ils recevaient 5€. La même société embarquait aussi une série de voitures qu’elle compactait puis revendait. Les propriétaires étaient alors contraints de déclarer un vol.

Avez-vous confiance dans le duo police/dépanneur ? C'est la question que l'on vous posait ce matin dans "C'est vous qui le dites".

Sébastien de Marche, ancien employé dans une entreprise de dépannage, confirme que ce type d'arnaque se produisait régulièrement. "Certains éléments nous amènent à penser que la police agit en effet de concert avec certains dépanneurs. Des voitures étaient amenées illégalement, et l'argent ne rentrait pas dans les comptes de l'entreprise..." Lorsqu'il était dépanneur, il a déjà été amené à enlever des véhicules à son goût pourtant bien garés. "La police m'a menacé d'appeler mon patron après avoir montré mon désaccord. Mon employeur m'a contraint d'obéir aux ordres de la police, aux risques de recevoir une amende!", indique Sébastien. Et de conclure: "Nous pouvons avoir confiance à la police et les dépanneurs mais il y a toujours des abus... Que les automobilistes soient avertis: on peut contester un dépannage !"

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