Réinsertion des ex-détenus : "J'ai falsifié mon certificat de bonne vie et moeurs!"

Une association qui aide à la réinsertion après la prison souhaite qu’un ancien détenu puisse obtenir un casier judiciaire vierge temporairement, le temps de trouver un travail. L’idée vous plaît ?

Dispositif Relais, c’est le nom de l’association qui met cette proposition sur la table pour améliorer la réinsertion après la prison : voiler le casier judiciaire d’un ancien détenu pendant une période de six mois, renouvelable trois fois, le temps qu’il puisse trouver un travail. Comme de nombreux employeurs demandent un certificat de bonne vie et mœurs, la présence de condamnations est un frein à l’embauche qui ne permet pas de se réinsérer dans la société.

Est-ce que l'idée vous plaît ? C'est la question que l'on vous posait ce matin dans "C'est vous qui le dites". 

Voici quelques moments forts de l'émission...

"Les employeurs doivent savoir qui ils engagent!"

Du côté de nos auditeurs, les avis sont partagés.

Marcel est intervenu depuis Hastière sur notre antenne. Pour lui, cette proposition n'est clairement pas une bonne idée : "Les employeurs doivent savoir qui ils engagent ! Pour la bonne marge de leur entreprise, il est important de connaître le parcours de son travailleur. Il en va de la santé de la société aussi. Il me semble quand même difficile d'accorder sa confiance à une personne qui a commis des actes répréhensibles. La personne peut avoir changé mais cette personne doit prendre ses responsabilités et suivre la voie de la justice au niveau de la réhabilitation. Vous pouvez reprendre le chemin du travail mais les patrons doivent être au courant de ce que cette personne a fait".

J'ai triché parce que je n'avais pas le choix !

Du côté de La Louvière, Stéphane, ancien détenu, témoigne : "J'ai fait de la prison et quand je suis sorti, j'ai dû falsifier mon certificat de bonne vie et mœurs. J'ai triché parce que je n'avais pas le choix. On n'a pas le choix ! Quand on sort, si vous arrivez devant l'employeur et que vous lui dites que vous avez fait des années prison, quelle personne croyez-vous qu'il va choisir ? Celui qui est en costume-cravate qui n'a jamais rien eu sur son casier judiciaire et qui était premier de classe ! Cela m'est déjà arrivé de me présenter avec le document original. Dans ce cas-là, on m'a trouvé des excuses alors que je savais qu'ils avaient vraiment besoin d'employés. En falsifiant, j'ai réussi ! […] Mais mon employeur n'a jamais été au courant de mon passé". 

"Parfois, le futur employé a besoin de son certificat de bonne vie et moeurs et ça coince!"

Tahar El Hamdaoui, directeur de l'association Dispositif Relais, est intervenu en tant qu'expert à ce sujet sur notre antenne : "D'un côté, il y a plein de détenus qui ont pu trouver du boulot sans qu'on leur demande leur casier judiciaire et d'un autre côté, il y a ceux qui ont un projet et qui veulent trouver un emploi dans un secteur bien précis et, dans ces secteurs, parfois il faut le certificat de bonne vie et mœurs. Aujourd'hui, ça coince ! Je pense que si on veut être incisif par rapport à ce public là, le Tribunal de l'application des peines doit prendre position". 

Notre expert poursuit : "Concernant l'employeur, la question ne se pose pas en terme d'honnêteté. Je pense que la personne a le droit de dire ce qu'elle a fait. J'en connais plein qui ont clairement dit les choses et l'employeur était soutenant et puis, d'autres qui ne l'étaient pas quand ils ont entendu que la personne avait fait de la prison". 

 

Pour notre expert, c'est au futur employé à choisir s'il veut ou non dévoiler son passé carcéral : "Cette décision appartient à la personne. Si la personne tombe sur un patron qui accepte son délit, la responsabilité repose sur le patron mais c'est à la personne de décider si elle veut que son employeur soit ou non au courant". 

Tahar El Hamdaoui conclut : "Nous avait fait la proposition le 26 novembre à des parlementaires qui, jusqu'ici, n'ont toujours pas répondu. Mais nous avons en tout cas fait les démarches auprès des magistrats. Maintenant, nous attendons que les parlementaires se bougent et que la commission en justice prenne position". 

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C’est vous qui le dites" et vous donnons RDV du lundi au vendredi de 9h à 10h30 sur VivaCité et La Une pour trois nouveaux débats.

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