Patrick Weber : l’amoureux de l’Italie qui vous plonge dans l’histoire de l’immigration italienne en Belgique

L’animateur et spécialiste monarchique s’est confié sur son amour pour l’Italie et sur les émissions spéciales qu’il présentera à l’occasion de la Semaine italienne sur la RTBF.

Les médias de la RTBF, dont VivaCité, se drapent de vert, blanc et rouge avec une programmation spéciale du 26 mai au 9 juin pour rendre hommage à la communauté italienne installée en Belgique. Il y a 75 ans, l’immigration italienne dans le plat pays démarrait en effet avec l’accord "des hommes contre du charbon" signé le 23 juin 1946 par les deux nations.

S’il n’est pas italien d’origine, Patrick Weber connaît très bien le pays de la Botte puisqu’il y vit en partie depuis plusieurs années. L’animateur vous emmène dans un retour aux sources avec trois films et documentaires dans Le temps d’une histoire sur La Une et dans un débat sur l’apport de cette immigration à la Belgique dans C’est pas fini sur VivaCité.

Des films émouvants sur l’apport de l’Italie à la Belgique

Le temps d’une histoire vous propose une immersion dans le temps pour résumer 75 ans d’histoire et d’échanges avec les immigrés italiens, à travers des angles variés : celui de la reine Paola avec le documentaire Paola, paroles de reine le 28 mai dès 22h25, des mineurs et du chanteur Rocco Granata avec le film Marina de Stijn Coninx, des femmes italiennes avec Addio Addio Amore le 4 juin dès 20h25.

Pour Patrick Weber, ce choix "permet d’éviter les caricatures ou la facilité" tout en apportant son lot d’émotion au téléspectateur. "Il y a des moments dans ces films où j’avais les larmes aux yeux. En même temps, il y a des moments où l’on rit, où on a envie de chanter. On part à travers un éventail d’émotions" assure l’animateur. "Je pense que chacun peut y trouver son compte" observe-t-il, soulignant les nombreux témoignages de femmes dans Addio Addio Amore et la réalisation du film sur la reine Paola, "le meilleur film réalisé sur elle"Marina l’a quant à lui laissé sans voix. "Il raconte les gens arrivant en Belgique dans des situations compliquées. On leur fait des promesses qui ne sont pas tenues, ils sont mal accueillis et confrontés au racisme et malgré tout, ils en viennent à aimer ce pays, à concrétiser leur rêve comme ce chanteur a pu le faire".

Des regards différents donc mais avec tous un même objectif, souligner l’apport culturel de l’Italie à la Belgique :

C’est de la grande histoire vue à travers le regard des gens : c’est très intime, et on se rend compte de toute la richesse qu’a apporté l’Italie à notre pays.

"Il y a eu un échange important : on parle toujours de la musique, de la cuisine, mais c’est bien plus large que cela".

Un débat sur l’immigration italienne d’hier à aujourd’hui

Patrick Weber commentera également cette migration dans C’est pas fini, en compagnie de quatre débriefeurs "dont la famille est issue de l’immigration italienne" : Alda Dalla Valle infirmière très active au niveau de la défense des infirmières, Demetrio Scagliola le rédacteur en chef de Sudpresse, Michaël Donatangelo avocat, et Miriana Frattarola journaliste et traductrice.

L’émission se déroulera dans un lieu particulier, le restaurant louviérois La Cantine des Italiens. Ces baraquements édifiés en 1946-1947 pour abriter les mineurs italiens représentent l’un des derniers lieux témoignant de cette immigration.

L’émission abordera comme à son habitude les débats d’actualité mais tentera également de déterminer ce qu’a apporté l’immigration italienne à la Belgique, avec toujours les auditeurs invités à partager leur réflexion. "Ces débriefeurs ont fait leur place dans la société belge et ont gardé cette attache avec l’Italie. On essayera de comprendre pourquoi" indique Patrick Weber.

La double conséquence migratoire en Belgique

Expert de la monarchie et de l’Histoire pour la RTBF, Patrick Weber analyse ce mélange offert par cette immigration massive en Belgique.

Il y a dans ce processus migratoire toujours plein d’espoir et de beauté mais aussi une part de tristesse et de tragédie.

"Des gens sont obligés de quitter leur terre et n’ont pas envie. Ils doivent bâtir une autre vie et d’un autre côté cela participe à quelque chose de nouveau" observe-t-il. "Dans ce cas, on a créé l’italo-belge : l’Italien qui conserve des attaches culturelles avec son pays, mais qui construit quand même quelque chose de nouveau. Il y a tous les artistes évidemment, l’aspect culinaire. Je pense qu’il y a aussi des points qu’on a en commun avec l’Italie, pas toujours beaux : comme le fait d’avoir une instabilité politique, des gouvernements qui se succèdent assez rapidement, un Nord et un Sud qui se disputent".

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© Jean-Michel Byl

L’arrivée de Paola, un rayon de soleil

Patrick Weber livre aussi son analyse particulière sur la venue d’une italienne qui lui tient à cœur : Paola, qui s’est mariée au futur Albert II en 1959. Son arrivée est un premier "rayon de soleil" dans la grisaille monarchique.

"La monarchie n’avait plus apporté de choses joyeuses depuis longtemps : il y a eu la mort de la reine Astrid en 1935, la Seconde Guerre, l’exil du roi Léopold III, son retour, la question royale, Baudouin qui est devenu roi alors qu’il ne voulait pas le devenir. C’étaient des années très compliquées pour la monarchie en Belgique" rappelle l’animateur, qui est aussi historien de l’art. "Tout d’un coup, l’arrivée de Paola a apporté un peu de rêve, de légèreté. C’était un gros contraste aussi car les Italiens arrivaient chez nous pour travailler dans les mines. C’était très dur, des conditions de travail inhumaines et elle arrivait pour être princesse. Ce sont deux mondes différents mais malgré tout, je pense qu’à l’époque, cela a été important pour la fierté des Italiens, et puis les Belges étaient contents de vivre un événement positif".

Amoureux de l’Italie

Outre l’aspect historique, cette semaine italienne tient à cœur à Patrick Weber puisqu’il mène aussi la 'dolce vita'. Pour ses études en histoire de l’art et archéologie, l’animateur de 55 ans aujourd’hui partait régulièrement en Italie. Il s’est finalement installé en partie à Rome. "Je me suis fait des amis, une vie, j’ai appris l’italien, à cuisiner et faire le marché comme les Italiens".

L’Italie le passionne sous toutes ses coutures : la langue, le cinéma, la chanson, la nourriture, l’art, la nature, bref un coup de foudre. "C’est bête à dire mais je suis vraiment tombé amoureux de ce pays".

Et devinez donc où part l’animateur en vacances ? En Italie bien sûr ! "Je retourne à Rome chez moi. Cette année j’irai me balader aussi du côté de la Calabre". Connaissant la Botte presque comme sa poche, il vous conseille même une destination italienne méconnue : l’île de Procida en face de Naples, également lieu de tournage de plusieurs films. "C’est une île que j’aime beaucoup, que j’ai découvert il y a trois-quatre ans et depuis lors j’y suis retourné. Elle est touristique mais ce n’est pas Capri. La vue sur la baie de Naples est splendide et j’aime bien l’état d’esprit là-bas".

La semaine italienne, c’est du 26 mai au 9 juin sur tous les médias de la RTBF, avec Le temps d’une histoire sur l’immigration italienne les vendredis 28 mai dès 22h25 et 4 juin dès 20h25 sur La Une et C’est pas fini le 2 juin de 18 à 19h30 sur VivaCité.

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