Magasins d'occasion: comparer les enseignes avant de revendre peut vous rapporter gros

Avec l'annonce de la fin de Kapaza, c'est une partie du juteux business du marché de l'occasion qui disparaît. Tout profit pour les sites concurrents, mais aussi pour les magasins d'occasion qui continuent à se développer sur le marché belge. Qu'ils se nomment Cash Converters, Troc.com ou Cash Express, ils fonctionnent tous de la même manière : ils achètent des biens utilisés par des particuliers pour ensuite les revendre dans leurs boutiques. L'avantage est double puisque le vendeur obtient directement du cash pour les produits qu'il dépose et l'acheteur en magasin profite d'une substantielle réduction par rapport au prix du neuf. Au passage, bien entendu, les enseignes empochent leur commission.

Un test grandeur nature

En nous focalisant exclusivement sur la vente par un particulier, nous avons voulu savoir si les prix étaient similaires entre magasins d'une même chaîne situés dans deux régions différentes. Nous avons également fait le test avec deux enseignes différentes.

Les objets que nous avons décider de "vendre", ou tout le moins de faire expertiser, sont représentatifs de ce que l'on peut trouver dans ce type de magasin. Il y a une console Playstation 3 de 120 Go avec deux manettes et 4 (bons) jeux, une petite bague en or 18 carats et deux boucles d'oreilles en or aussi, mais 9 carats, et enfin deux bandes dessinées. Pour ces dernières, nous avons choisi les deux premiers albums de la série Largo Winch, en éditions originales. Sur les sites spécialisés, le deuxième est coté de 25 à 30 euros alors que le premier peut atteindre les 150 euros! Cela aura-t-il une quelconque influence? C'est ce que nous allons voir ...

De fameuses différences

Nous commençons par un Cash Converters situé en Brabant Wallon. Devant nous, seulement trois clients, mais avec des caisses entières remplies d'objets divers. Beaucoup de CD et de DVD que les employés vérifient consciencieusement, tout comme les appareils électriques qu'il faut essayer avant de proposer un prix de rachat. Et tout cela prend du temps, beaucoup de temps. Après une heure d'attente, nous montrons enfin nos biens. La PS3 est allumée avant d'être estimée à 67 euros, tout compris. Les bijoux pourraient être repris dans une fourchette de 36 à 40 euros mais on ne nous offre pas plus de 3 euros pour les BD. Ici, on ne cherche absolument pas les premières éditions. On nous avoue que pour le revente, la seule chose qui intéresse les clients, c'est le prix bas. Amis collectionneurs, passez votre chemin.

On décide de faire de même et de se rendre chez le concurrent Cash Express. Personne devant nous, mais l'employé est tellement prolixe que l'expertise prend une bonne demi-heure. Les bijoux sont estimés à 40 euros, le record de la journée, tandis que les BD se reprennent 2,5 euros pièce. Avec pas mal d'aplomb, l'employé nous affirme ensuite qu'il croule sous les Playstation mais qu'en séparant les jeux, manettes et console, il va arriver à un bon prix. En "prenant sur lui", il peut nous proposer une offre tellement alléchante que nous allons "faire monter la cote du produit". Résultat des courses : à peine 45 euros plus 5 euros en bons d'achat et 50 points sur la carte de fidélité! De loin la proposition la plus basse.

Changement de province, changement de prix

Car dans un même Cash Express situé dans le Hainaut, il ne faut que quelques secondes pour estimer la PS3 à 61 euros, ce qui sera exactement le même prix qu'au Cash Converters situé quelques kilomètres plus loin. Les bijoux se tiennent également de près avec 19 euros chez Cash Express et à peine 17 euros chez Cash Converters! Mais le summum est atteint avec les bandes dessinées pour lesquelles Cash Express nous propose la somme mirobolante de 1 euro par livre. Pour des premières éditions, c'est ridicule.

Chez Cash Converters, on nous conseille de les vendre nous-même afin d'obtenir un meilleur montant. Mais si on tient vraiment à s'en débarrasser rapidement, l'employé est prêt à aller jusqu'à 20 euros. Ce sera alors pour lui ou un de ses collègues nous avoue-t-il.

Comparer pour bien revendre

Pour la Playstation, la variation entre le prix le plus bas et le plus élevé est d'une cinquantaine de pour cent. Les bijoux, eux, peuvent facilement doubler de prix alors que les BD ont fait fois dix, tout en restant encore très nettement sous leur valeur réelle.

Nous avons donc décider de tout garder car les sommes proposées restent généralement faibles. En prenant un peu de temps et d'énergie pour revendre nos objets par internet, on gagnerait nettement plus d'argent. Mais pour qui a besoin d'un peu de cash rapidement sans vouloir se compliquer la vie, ces magasins de seconde main remplissent parfaitement leur fonction.

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