Lutter contre ses phobies grâce à la réalité virtuelle...

Lutter contre ses phobies grâce à la réalité virtuelle...
Lutter contre ses phobies grâce à la réalité virtuelle... - © Andrew Burton - Getty Images

Casque sur les yeux, écouteurs dans les oreilles, manette en main, la patiente pousse un long soupir : "On va essayer l'ascenseur sans vitre". Et dans le monde virtuel contrôlé par son médecin, cette claustrophobe se lance et affronte une de ses plus grandes angoisses.

Depuis 2012, le docteur Malbos a fait de ces voyages dans la réalité virtuelle, une des facettes du traitement de la claustrophobie, de l'agoraphobie ou de la peur de conduire. Après des séances destinées à leur donner des moyens de modifier des comportements qui leur gâchent la vie, les patients doivent affronter "virtuellement" les situations qu'ils redoutent.

"On veut que le patient soit anxieux mais l'exposition doit être progressive", résume M. Malbos, qui œuvre au sein du service du Professeur Christophe Lançon. Au programme : métro ou cinéma pour un agoraphobe, parking souterrain ou ascenseur pour un claustrophobe, passerelle en hauteur pour les victimes du vertige.

La méthode est aussi adaptable à la peur de prendre l'avion ou à celle de conduire. Les fumeurs qui souhaiteraient se sevrer, seront, eux, plongés dans des situations "qui déclenchent une irrésistible envie de fumer", explique le Dr Malbos : soirée entre amis dans un bar, déjeuner en terrasse, "pause cigarette" au bureau. Et il l'utilisera bientôt pour traiter des syndromes de stress post-traumatique chez des soldats de retour d'Afghanistan.

Un simple essai de quelques minutes suffit à atténuer les critiques des plus sceptiques : enfiler un casque et pénétrer dans ces mondes virtuels, c'est accepter d'avoir les muscles des jambes tétanisés en traversant une passerelle pourtant totalement irréelle. L'effet est saisissant.

Le docteur Malbos attend aussi beaucoup de la commercialisation dans le grand public début 2016 du nouveau casque Oculus Rift, dont il utilise un prototype. Son prix : 300 euros seulement, pour une technologie bien supérieure. Et au-delà des possibilités qu'il envisage pour les traitements qu'il développe, ce fan de science-fiction et de jeux vidéo, dont le cabinet est orné d'affiches du "Hobbit" et de dessins animés japonais, s'enthousiasme déjà pour ses futures utilisations ludiques ou pédagogiques.

 

L'article original est à lire sur Tendance...

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