La téléprésence médicale ou comment un neurologue peut intervenir à distance

Un système de téléprésence médicale permet désormais à deux petits hôpitaux, ceux de Saint-Vith et d'Eupen, de disposer en permanence d'un neurologue pour assister leurs urgences pour des cas d'AVC. Un apport particulièrement précieux pour ces pathologies où le temps joue un rôle essentiel. Il s'agit là d'une collaboration avec le Centre hospitalier chrétien, qui fournit l'accès à son neurologue de garde.

La téléprésence médicale, c'est une petite révolution pour la prise en charge d'un patient suite à un AVC dans un petit hôpital ne disposant pas d'un neurologue. "Avant, on devait commencer à chercher un neurologue disponible pour prendre en charge notre patient. Depuis qu’on a la téléprésence médicale, dès qu’on a le résultat du scanner, on appelle le neurologue et il a la possibilité de lui demander de faire des mouvements, il lui pose des questions, il nous aide à prendre la meilleure décision et nous aide à commencer le traitement dans les plus brefs délais", explique le Dr Eugenia Rusu, chef des urgences de la clinique St Joseph de Saint-Vith.

"Avant, l’urgentiste devait téléphoner à son collègue neurologue et lui transmettre les informations, qui sont sa perception des choses. Et même s’ils sont très compétents, ils n’ont pas nécessairement la vision neurologique qui est celle que le neurologue veut avoir. Et donc le neurologue devait prendre une décision sans avoir réellement vu le patient, sans avoir pu l’examiner à distance", complète son homologue de l’hôpital Saint-Nicolas d’Eupen, le Dr Vincent Czajkowski.

"Avec la télémédecine, on est dans un autre monde. C’est la possibilité d’être en direct comme si le patient avait été transféré dans son propre service, et de pouvoir l’examiner de façon neurologique complète et donner une décision adaptée au cas du patient. C’est important car on est dans des pathologies où le temps est très important. L’avantage du système: le spécialiste qui a un rôle de garde qu’il peut partager sur différents hôpitaux pourra être joignable à la seule condition d’avoir accès à un réseau via une tablette, un ordinateur à domicile ou autre", précise-t-il encore.

En avance sur la réforme

En mettant en place ce type de téléprésence médicale, les hôpitaux germanophones et le Centre hospitalier chrétien anticipent la réforme que souhaite mettre en place la ministre de la Santé Maggie De Block. Celle-ci appelle en effet les hôpitaux à se restructurer et à travailler en réseau.

Et selon le Dr Philippe Desfontaine, chef du service de neurologie du Centre hospitalier chrétien, la distance ne remet pas du tout en cause la fiabilité du diagnostic: "Pour la neurologie, où on ne doit pas nécessairement toucher le patient, le fait de pouvoir voir un examen qui est fait par nos collègues urgentistes et orienté par nous nous permet avec une fiabilité équivalente de pouvoir prendre une décision et faire un diagnostic".

Depuis la mise en service du système, il sert au moins une fois par semaine.

Le docteur Philippe Desfontaine, chef du service de neurologie du Centre hospitalier chrétien (CHC), s'exprime dans le 5@7.

Article original à retrouver ici.

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