Jacques : "Comment interdire à mon enfant de fumer du cannabis s'il est dépénalisé ?"

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Une étude dévoile que la légalisation du cannabis en Belgique rapporterait jusqu’à 144 millions d’euros à l’État. Avec cet argument financier, le cannabis, vous en voulez ?

À l’approche des élections, la légalisation du cannabis est au cœur de nombreuses discussions. Ce matin, dans le journal Le Soir, on peut découvrir une étude qui analyse les retombées financières de plusieurs scénarios pour la légalisation du cannabis. Entre les économies réalisées sur les soins de santé, la réduction des coûts de la police et les nouvelles recettes fiscales, la version la plus favorable rapporterait jusqu’à 144 millions d’euros.

Avec cet argument financier, le cannabis, vous en voulez ? C'est la question que l'on vous posait ce matin dans "C'est vous qui le dites".

Jacques, un auditeur de Seraing, n'en veut pas du tout : "Il ne faut pas dépénaliser le cannabis. J'ai un fils de 18 ans, il a commencé le cannabis il y a un an et je lui dis que ce n'est pas bon, qu'il ne peut pas faire ça. Mais il me répond qu'il peut aller en acheter et me demande ce que cela peut bien me faire. On légalise une chose que j'interdis à mon enfant. Comment voulez-vous interdire à un enfant de faire des choses qui sont autorisées ? Croyez-moi bien qu'il va arrêter, on est derrière lui et on l'aide mais, à tant qu'il pourra aller en acheter, il nous enverra bouler. Les 144 millions, c'est faux ! C'est juste pour faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'État, point à la ligne. On joue avec la santé de nos jeunes. Encore une chose, mon fils a 18 ans et s'il a envie d'en acheter pour un gamin de 15 ans, il ira en acheter et lui donnera. (...) Il faut se battre contre ce produit. Il ne faut surtout pas légaliser cette saloperie ".

Ce matin, Jacques parle d'expérience car il travaille dans un service d'urgence : "Je les vois arriver, je vois les parents de ces enfants qui sont désespérés. Désespérés de voir leurs enfants qui ont commencé par un joint légalisé ou qui va l'être, qui après vont passer à autre chose et qui ne savent plus quoi faire (...) Si vous saviez à quel point je suis malheureux de voir mon fils en consommer. J'ai une trouille bleue de ce qui peut lui arriver. On ne peut pas légaliser cette saloperie et, je crois, que le gouvernement peut faire du pognon sur la santé de nos jeunes et je pense qu'on devrait descendre dans la rue pour arrêter ça !".

"Je ne consomme pas du cannabis mais je suis pour..."

D'autres auditeurs de l'émission ne partageaient pas l'avis de Jacques ce matin. C'est le cas de Jérôme d'Erquelinnes : "Je ne consomme pas du cannabis mais je suis pour. Tout simplement parce que, de toute façon, on n'empêchera pas les gens de fumer. Je suis donc pour mais avec des conditions. Il faut faire des endroits fixes, bien ciblés et bien surveillés mais interdire de fumer en public. On peut avoir un joint sur soi, fumer chez soi, je ne pense pas qu'il faille interdire tout ça. Je pense qu'en l'autorisant ça permettra peut-être d'éviter certaines choses. J'espère que mes enfants ne fumeront jamais et si un jour ils fument j'espère qu'ils n'achèteront pas n'importe quoi à n'importe qui. Au moins, ici, ce sera contrôlé (...) Ce n'est pas du tout pour l'aspect financier que je suis en faveur de la dépénalisation mais pour le principe. Au moins les enfants savent un peu ce qu'ils pourront acheter et ne traîneront pas dans les rues".

Benito de Liège rejoint l'avis de Jérôme, il y aura un meilleur contrôle de la marchandise : "Il faut dépénaliser. Cela fait des années qu'on aurait déjà du le faire. Je suis grossiste et importateur de tous les produits CBD cannabis light donc sans la substance psychotrope et on a des clients tous les jours qui posent la question suivante : Quand va-t-on légaliser ? On dit toujours que le cannabis touche les jeunes mais ça touche 30% d'entre eux et la grosse partie des consommateurs concerne ceux qui ont 30 ans et plus (...) En ayant du cannabis légal qui est contrôlé avec des substances propres - parce que dans la rue on trouve du cannabis coupé avec tout et n'importe quoi - avec des accises, la TVA et toutes les taxes qui vont avec, l'argent permettra aussi faire de la prévention".

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C'est vous qui le dites".

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