Indochine comble ses fans au Palais 12

Ce week-end, pour deux soirs, Indochine a envahi le paquebot bruxellois pour deux concerts sold-out. Le 13 tour est un événement. Comme chaque apparition d’Indochine sur scène. Les fans sont-là depuis des heures avant l’ouverture des portes. Mais le public de base, celui qui connaît uniquement les tubes radios peut-il embarquer dans cet univers ? Un avis, forcément subjectif.

Je l’avoue, je connais très mal Indochine, hormis la petite dizaine de tubes qui passent en radio. Ceux des années 80, L’aventurier en tête, ou ceux plus récents du retour en grâce, comme J’ai demandé à la lune.  Je connais l’histoire du groupe, les hauts, les bas, le désamour des médias, du public, puis l’incroyable reconquête.

J’ai bien sûr écouté le dernier album, 13. Mais l’univers du groupe me semble hermétique. Comme si je n’en avais pas la clé. “Un groupe à découvrir sur scène”, me disent les fans. D’accord, alors, allons-y.

En entrant dans le Palais 12, on sait déjà que le show sera énorme. Une énorme infrastructure circulaire surplombe les spectateurs massés debouts dans le parterre. Autant d’écrans lumineux dont la déclinaison se retrouve aussi en fond de scène. Une avancée scène annonce aussi un show dans la salle.

20h45, noir salle. Les écrans lumineux s’allument de toutes parts. Ambiance galactique. Comme si Indochine arrivait d’ailleurs. Le groupe arrivera-t-il du plafond, descendant des cintres ? Non. L’entrée sera classique, Sirkis et les quatre musiciens  apparaissent sur scène et entament quasi dans l’ordre les quatre premiers titres de l’album 13.

Il faudra attendre une vingtaine de minutes pour que Nicola s’adresse au public. Bruxelles et Belgique reviendront à de nombreuses reprises dans sa bouche, tout au long du show. Le public belge a toujours été fidèle au groupe, même dans les moments creux.  Le chanteur se baladera d’ailleurs au final avec un drapeau belge sur les épaules. Nicola assure le spectacle avant tout pour le public, mais propose peu d’interactions avec les autres membres du groupe.

Suivront deux incursions dans l’album Alice et June, puis le single de l’album 13, La vie est belle et enfin, enfin, un tube grand public, Tes yeux noirs. Après 45 minutes de show. C’est trop.  Bain de foule pour Nicola qui fend la foule du parterre et monte à l’une des tribunes. Tous les chanteurs le font mais ça fonctionne toujours.

Et Indochine repart dans le dernier album pour cinq titres, notamment le dernier (très bon) single en date, charge contre l’extrême droite, Un été français. Le light show a beau être parfait, Sirkis a beau mouiller le maillot et arpenter la scène, le son n’est pas très clair. Les paroles se perdent dans la densité musicale. Dans la tribune principale, l’ambiance ne décolle pas vraiment. Le non-fan commence à trouver le temps long. Où sont les tubes ?

Arrive heureusement un medley de cinq titres. Ils ont l’air de faire plaisir à la foule mais pour un auditeur lambda, seul Canary Bay est vraiment connu. Peut-on le “sacrifier” en deux minutes dans un medley? C’est le choix du groupe.  Après un titre de l’album Paradize, voilà enfin J’ai demandé à la lune, titre phare de l’année 2002. Tout le groupe se retrouve sur l’avancée scène. Le public chante. Mollement. La communion ne serait-elle que pour le parterre?

Trois nuits par semaine et L’aventurier arrivent au final. Sirkis assure les couplets, laissant les refrains au public. Nouveau bain de foule sur L’Aventurier et lâcher de ballons et de confettis. Avant de terminer avec un ultime titre de l’album 13, Karma girls.

2h30 de show, c’est long. Sur les 13 titres du dernier album, le groupe en aura interprété 11.  Si les fans connaissent tout par coeur et sont ravis, les autres se perdent en chemin et auraient sans doute préféré un show reserré, alternant davantage tubes et nouvelles chansons. La structure circulaire au dessus du public est finalement assez peu exploitée. Dommage.

L’univers d’Indo, même après les avoir vus sur scène, restera fermé pour moi.  Un rendez-vous manqué. Même si le groupe garde tout mon respect. D’abord en proposant des tickets de concert à 40-45 euros, permettant à tous de venir les applaudir. Ensuite, pour cette carrière contre vents et marées, soutenu par un public transgénérationnel acquis durement à force de travail. Un cas unique dans l’histoire musicale pop-rock française.

Indochine revient pour une 3e date au Palais 12 le 3 novembre.

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